"De cette mère qui s'enfonce dans la nuit de l'esprit", son fils, le Prix Goncourt 1987 pour "La Nuit sacrée", fait une héroïne, relève le journal pour qui ""cet écrivain dont elle a seulement pu regarder les livres - elle ne sait pas lire - lui restitue une existence de personnage de roman".
Avec "les désordres de sa parole et de sa maladie d'Alzheimer", Tahar Ben Jelloun recompose une biographie que lui-même ignorait et "retrouve un Maroc disparu, du côté de Fès, dans les années 1930 et 1940", ajoute-il.
Après avoir rappelé que l'écrivain marocain avait publié en 1990 un émouvant hommage à son père dans le récit "Jour de silence à Tanger", le journal fait remarquer que "Sur ma mère" (280 pages), que Ben Jelloun a mis longtemps à écrire (août 2001-mai 2007), est en effet le roman de la mère, "plein de couleurs, d'odeurs et de paroles".
L'auteur de "La nuit sacrée" et "Le racisme expliqué à ma fille" est l'écrivain francophone le plus traduit dans le monde. Ainsi, "L'Enfant de Sable" (Seuil 1985) et "La Nuit sacrée" ont été traduits dans 43 langues dont l'anglais, l'espagnol, l'allemand, le lithuanien, le vietnamien, le hindi, l'hébreu, le japonais, le coréen, le chinois, l'albanais, le slovène et l'arabe.
Best seller en France, en Italie et en Allemagne, "Le racisme expliqué à ma fille" a été, quant à lui, traduit en 33 langues dont les trois langues principales d'Afrique du Sud (l'afrikaan, le siwswati et l'ixixhosa), le bosniaque et l'esperanto.