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70 pc des Marocains ont une vision positive de l'Espagne


MAP le 14 Avril 2005


Rabat - Quelque 69,4 pc des Marocains ont une image positive de l'Espagne, relève une étude sur "l'image de l'Espagne au Maroc" réalisée par les chercheurs Noureddine Affaya et Driss Guerraoui, en partenariat avec la fondation espagnole CIDOB.


Driss Guerraoui
Driss Guerraoui
Basée sur une enquête réalisée auprès d'un échantillon représentatif de 1.031 personnes et de témoignages de quelques personnalités marocaines spécialistes de l'Espagne, l'étude explique que cette perception positive est justifiée, selon les enquêtés, par l'effort déployé par l'Espagne pour intégrer l'Union européenne et l'impact généré sur son niveau de développement, notamment l'émergence d'une transition démocratique réussie dans un élan national consensuel.

La recherche relève aussi que 89,4 pc des Marocains estiment que les échanges entre le Maroc et l'Espagne sont insuffisants pour de multiples raisons ayant trait aux aspects politique, économique et culturel. "Dans ce cadre, 68 pc des personnes sondées attribuent le faible niveau de l'investissement espagnol au manque de confiance dans les structures d'accueil", a affirmé M. Guerraoui lors d'une rencontre organisée, jeudi à Rabat, par l'Association de Recherche en communication Interculturelle (ARCI).

La levée de tous les obstacles à l'établissement de relations normales entre les deux pays constitue l'une des principales attentes des Marocains, estiment 21,5 pc des personnes sondées, considérant que les attentes des Marocains portent sur les facilités de déplacement, le transfert de technologie, la promotion des échanges culturels et la délocalisation de certaines entreprises espagnoles au Maroc.

Pour ce qui est des attentes des Espagnols vis-à-vis des Marocains, 28 pc des personnes interviewées considèrent que la lutte contre l'émigration clandestine et le trafic de drogue sont les deux facteurs susceptibles de sensibiliser l'opinion publique espagnole sur les bonnes intentions du Maroc d'une part, et de changer l'image négative que ces facteurs véhiculent auprès du citoyen espagnol de l'autre.

A une question sur les principaux problèmes qui affectent le dialogue entre l'Espagne et le Maroc, l'enquête montre que le passé colonial et le problème de la pêche arrivent en tête avec des parts respectives de 16,3 pc et 15,8 pc suivis de la question du Sahara marocain (12,4 pc chez les hommes et 10 pc chez les femmes).

Interrogés sur le principal facteur ayant permis à l'Espagne d'atteindre le niveau de développement actuel, 29,5 pc des sondés l'ont attribué à l'aide européenne et 27,3 pc considèrent que l'aide européenne et la transition démocratique réussie constituent les principales explications de l'arrimage de l'Espagne au monde développé.

Selon M. Guerraoui, cette recherche a mis en exergue, outre les défis d'ordre politique, culturel et économique, deux autres ayant trait à la participation de la société civile et à la réussite de la politique de voisinage.

M. Affaya, également président de l'ARCI, a souligné que cette recherche est le fruit d'un partenariat de longue durée entre la fondation CIDOB et les deux auteurs."Nous partons de la volonté commune de connaître la réalité sur l'évolution politique, économique et sociale de chacun des deux pays dans le but de promouvoir le dialogue entre les deux rives de la méditerranée", a-t-il dit.

Cette étude, la première du genre au Maroc, a pour but d'apporter un éclairage sur les champs d'interventions mutuellement avantageuses et de contribuer à l'élaboration d'une communication constructive entre le Maroc et l'Espagne et ce, à partir d'une identification des dimensions les plus pertinentes du regard marocain sur l'Espagne et les Espagnols.

La présente recherche constitue un point de départ pour une série d'autres travaux concernant particulièrement la jeunesse, a pour sa part indiqué M. Narcis Serra, président de CIDOB.

"La jeunesse constitue l'avenir", a-t-il noté, ajoutant que "les résultats encourageants de cette enquête doivent nous pousser à aller de l'avant". "Nous avons le devoir de continuer le travail par des recherches portant sur des sujets qui concernent en premier lieu l'avenir des jeunes", a-t-il dit.

Il a, dans ce sens, évoqué plusieurs sujets, dont le phénomène migratoire des jeunes marocains vers l'Espagne, les conditions d'intégration et de travail des Marocains en Espagne, le statut des citoyens d'origine marocaine.

Cette étude, qui entend avant tout combler l'énorme manque ressenti en matière de recherches visant à offrir les outils nécessaires à une plus grande compréhension des préjugés, des stéréotypes ou des nouvelles réalités qui se construisent chaque jour, ambitionne également de déceler les composantes essentielles du regard marocain sur l'Espagne et les Espagnols, d'identifier les enjeux culturels sociaux, économiques, politiques de leurs comportements et de leurs attitudes.

Ont pris part à cette rencontre plusieurs personnalités du monde de la politique, de la diplomatie, de la presse ainsi que des intellectuels et des chercheurs.

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