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Abdelhamid El Ouali. : L'initiative d'autonomie et la nouvelle dynamique dans la régionMAP le 10 Juillet 2008
Londres - L'initiative d'autonomie, présentée par le Maroc pour parvenir à un règlement définitif de la question du Sahara, a créé une nouvelle dynamique dans toute la région maghrébine, a affirmé mercredi soir le Pr. Abdelhamid El Ouali.
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"Il s'agit d'un projet sérieux qui a bénéficié du soutien des grandes puissances mondiales", a dit le Pr. El Ouali, qui était l'invité de l'émission "Points d'interrogations" diffusée par la chaîne de télévision ANB (basée à Londres). Le chercheur, qui a présenté, récemment à Londres, son nouvel ouvrage en langue anglaise "l'autonomie au Sahara. Prélude au Maghreb des régions", a souligné que le projet d'autonomie sert aussi bien les intérêts des pays du Maghreb que ceux des voisins européens, rappelant que ces derniers ne cessent d'exprimer le souhait de voir le Maghreb émerger en tant qu'ensemble régional à part entière. Le chercheur a, par ailleurs, souligné que la communauté internationale a pris conscience que le problème du Sahara n'est pas une question d'autodétermination mais bel et bien le résultat d'une politique algérienne qui prend en otage tous les peuples de la région maghrébine. Le chercheur a, dans ce sens, accablé ce qu'il a qualifié de "politique expansionniste" de l'Algérie, tout en soulignant que ces visées algériennes n'ont aucune raison d'être en ces temps de globalisation ou les pays du monde essayent de s'unir et ouvrir leurs frontières pour mieux affronter les défis du développement.
Le Pr. El Ouali a relevé que le désir de l'Algérie de maintenir l'impasse dans la question du Sahara trouve son explication dans la situation interne de ce pays. Le Pr. El Ouali, qui a occupé plusieurs hautes fonctions au sein de l'organisation des Nations unies pendant plus de 14 ans, a par ailleurs déploré les conditions inhumaines dans lesquelles vivent les ressortissants sahraouis marocains, retenus durant plus de trois décennies contre leur gré dans les camps de Tindouf, sur le territoire algérien. "L'état de siège imposé à ces personnes est totalement inacceptable sur tous les plans juridique et moral", a-t-il dit, qualifiant cette situation de "crime". Le chercheur n'a pas manqué de mettre en valeur le dynamisme économique remarquable que connaissent les provinces du sud grâce aux grands projets socio-économiques initiés dans la région dans un cadre participatif des populations locales et ce dans un environnement empreint de quiétude et de stabilité à l'instar des autres régions du Royaume. Revenant sur les péripéties de la question du Sahara, le Pr. El Ouali a rappelé que le problème opposait au départ le Maroc et l'Espagne, en tant que puissance d'occupation. En vertu des lois internationales relatives aux conflits territoriaux, ce problème devait être réglé dans un cadre bilatéral maroco-espagnol, a-t-il expliqué, soulignant que l'Espagne, qui nourrissait des ambitions colonialistes nouvelles dans la région, n'a pas voulu suivre ce chemin. Rappelant les liens historiques qui ont toujours existé entre le Maroc et ses régions sahariennes, le chercheur a souligné qu'après l'indépendance du Maroc en 1956, l'Espagne a tenté de manipuler la question du Sahara en l'utilisant comme carte de pression contre le Maroc afin de l'amener à reconnaître "sa souveraineté" sur les présides occupés de Sebta et Mellilia et les îles Jaafarines. La découverte du phosphate dans la région du Sahara au début des années 60 a poussé l'Espagne à changer sa politique concernant cette question, en tentant d'imposer sa présence au Sahara sous une nouvelle formule, celle de la revendication du droit à l'autodétermination. En fait, c'était le Maroc qui a recommandé à plusieurs occasions l'application du droit à l'autodétermination et ce depuis 1957 mais que ce dernier n'a jamais pu être mis en oeuvre en raison de la manipulation dont il a fait l'objet par l'Espagne qui voulait maintenir son emprise sur les ressources de cette région du Maroc, a-t-il dit, ajoutant que l'Espagne a, par la suite, procédé à la création d'une entité fantôme en manipulant le principe d'autodétermination dans la perspective de mettre en place un Etat artificiel. "L'Algérie était dès le départ impliquée dans cette opération", a observé le Pr. El Ouali, faisant état d'"une alliance" entre l'Algérie et l'Espagne. "Sans l'Algérie il n'y aurait pas eu de Polisario, a-t-il enchaîné, soulignant que ce mouvement séparatiste doit son existence au soutien matériel, logistique et diplomatique de l'Algérie. Et le chercheur de souligner que le principe autodétermination-indépendance, soutenu par les Espagnols et les Algériens, s'est avéré inapplicable au problème du Sahara car il s'agissait d'une question de restitution d'une partie du territoire national d'un Etat qui était restée sous le contrôle d'une puissance coloniale. Tous les Secrétaires généraux des Nations unies et leurs envoyés spéciaux allaient parvenir à cette conclusion, a dit le Pr. El Ouali, rappelant, dans ce sens, la position de l'Envoyé personnel du Secrétaire général de l'Onu, M. Peter Van Walsum, qui a souligné devant le Conseil de sécurité de l'Onu que l'indépendance du Sahara était une option irréaliste. Par ailleurs, le chercheur a relevé qu'en présentant sa courageuse initiative d'autonomie, le Maroc a fait une concession majeure. Cette initiative s'inscrit, en fait, dans le cadre de la vision démocratique adoptée par le Maroc, a-t-il expliqué, tout en saluant la pertinence du choix opéré par le Maroc qui reste au diapason des nouveaux défis d'un monde globalisé ou les structures et la nature des Etats postes modernes sont en train de subir des transformations profondes. Le Maroc a également pris l'initiative de présenter un projet d'autonomie pour sortir de l'impasse dans laquelle se trouvait la question du Sahara et pour relancer le processus d'intégration maghrébine, a-t-il poursuivi, soulignant que cette initiative d'autonomie aura un impact important non seulement au Maroc mais dans toute la région du Maghreb et au-delà au Sahel et autres contrées africaines. Il a, par ailleurs, émis le souhait de voir l'Algérie revenir à la raison et adopter une position positive au sujet du projet présenté par le Maroc, qui a eu le mérite, a-t-il dit, de briser l'impasse et d'inciter les Nations unies et le Conseil de sécurité à demander aux parties de s'engager dans des négociations dans le but de parvenir à une solution définitive à un conflit artificiel qui n'a que trop duré. ________________________Dans la même rubrique_________________________
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