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Affaire des caricatures : La liberté d'expression, oui, mais...Kameleon le 9 Février 2006
Kameleon - Une chose est sûre, aujourd'hui, l'homme civilisé a perdu le sens de la mesure, et l'excès en toute chose est devenu une règle de base pour vendre, informer ou provoquer. Et le mot « limite » est considéré comme une atteinte à la liberté.
A Gaza
Mais qu'est ce que la Liberté ? Et quel rapport peut-elle avoir avec la Limite ? Quand un grimpeur décide de se fixer une limite et ne pas continuer son escalade jusqu'au sommet d'une certaine montagne, il le fait peut-être par prudence en pensant qu'il vaut mieux ne pas aller au-delà de ce que lui permettent ses capacités physiques, ou peut-être encore, le fait-il par humilité en pensant que son geste pourrait offenser ceux pour qui le sommet de cette montagne est un domaine sacré, même s'il ne partage pas ces croyances. Toujours est-il que c'est sa propre liberté de penser qui l'a mené à s'imposer lui-même cette limite. Dans ce cas la liberté et la limite font bon ménage. Mais les choses peuvent-elles être aussi simple lorsqu'il s'agit de liberté d'expression. Certes la liberté d'expression est un acquis extrêmement précieux dans un monde où il y a une infinité de choses à dire, à montrer et à dénoncer. Mais une fois de plus la démesure peut faire d'un outil précieux à l'humanité une machine incontrôlable dont on ne peut estimer les dégâts. L'histoire nous apprend comment l'homme au fil du temps, en perdant le contrôle de ce qu'il a inventé pour des fins humanitaires, en a fait un cauchemar plongeant toute l'humanité dans une paranoïa sans précédent. Et c'est une erreur fatale de penser que les mots et les images n'auraient jamais un tel pouvoir. Ne dit-on pas que la plume est plus forte que l'épée ? Mais nous savons très bien que l'épée n'a pas été exclusivement portée par les défenseurs des libertés, les pilleurs aussi s'en servaient !
Pour parler de ces caricatures ; en regardant quelques unes, et mis à part leur côté diffamatoire et provocateur, j'ai tout de suite remarqué à quel point elles sont laides dans tous les sens, graphiquement parlant et quant au texte, c'est tout simplement de la diffamation gratuite et de bas étage. J'en ai conclu immédiatement que l'auteur ne peut être qu'un dessinateur raté qui s'est vu offrir la commande de sa vie, une commande malhonnête et anti-professionnelle mais qui rapporte gros. car, ne soyons pas dupes, ceux qui parlent dans cette affaire de liberté d'expression n'en pensent pas un mot, il est clair que la publication de ces caricatures, surtout en ce moment de crise, est à coup sûr une opération très juteuse pour un journal. Mais si on veut vraiment parler de la liberté d'expression, un bon journaliste consciencieux comme il se doit, ne peut ignorer que la liberté d'expression va au-delà de notre volonté de dire ou de faire tout ce qui nous passe par la tête, sinon on est déjà dans le domaine de l'anarchie et du non constructif. Si l'on considère que la liberté d'expression justifie la publication d'une telle abomination, je répond qu'il y a plusieurs formes d'expression, et que si on s'aventure sur le terrain du « sans limite », on peut aussi considérer que le fait de casser et de brûler des voitures en ville est une façon d'exprimer un certain désaccord vis-à-vis une certaine politique. Certes, cette forme d'expression est condamnable, mais elle n'est pas plus condamnable que celle qui nous préoccupe aujourd'hui. Car si la première touche aux valeurs et à la sécurité d'un pays, l'autre touche aux valeurs les plus sacrées de tout un peuple. Pire encore, elle ne fait qu'attiser la haine et la colère qui gagnent de terrain jour après jour. Un esprit paranoïaque pourrait croire que c'est cela le véritable enjeu. En espérant que ce paranoïaque a tort, (ce qui est déjà un peu paranoïaque de ma part), et en pensant que tout cela n'est que le fruit de la vanité du genre humain, cette vanité qui est sans doute notre plus grosse tare depuis au moins un siècle. J'ose penser que seule l'humilité peut nous aider à retrouver un jour le contrôle de nos propres pouvoirs et mieux vivre notre liberté de penser et d'agir ou du moins limiter les dégâts de notre maladresse naturelle. Si la diffamation est monnaie courante et seule voie pour subsister dans un journalisme sans foi ni loi, il devrait au moins avoir la sagesse de s'abstenir quand son commérage risque d'allumer une mèche dont il ne voit pas le bout. ________________________Dans la même rubrique_________________________
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