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Algérie: L'alcool, 50 ans entre les "oui" et les "non"eMarrakech .info le 9 Octobre 2011
eMarrakech: Depuis l’indépendance de l'Algérie en juillet 1962, la consommation et la vente des boissons alcoolisées sont passées par plusieurs statuts. Entre interdicition et permission, l'alcool n'est nullement l’apanage des islamistes, c'est plutôt un point qui diffère d'un président à l'autre.
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Juste après l'indépendance, Ahmed Ben Bella, premier président de l’Algérie, fait publier au journal officiel le 4 janvier 1963 un décret, le n°62-147 du 28 décembre 1962, portant interdiction de la consommation d’alcool et de boissons alcoolisées. En vertu de ce décret, la consommation d’alcool est interdite à tous les Algériens de confession musulmane.
Cela n'a pas empêché les algériens de boire du vin ni d'en vendre; mais cela a montré "les tentations liberticides de Ben Bella", selon Dernières Nouvelles d'Algérie. Houari Boumediene, quant à lui, annonce un nouveau tour de vis. Le président du Conseil de la révolution signe le 14 octobre 1965 un décret qui accorde les licences de débits de boissons aux seuls anciens moudjahidine et aux veuves et ascendants directs de chouhada. Cependant, suite à la décision de la France, premier client de l’Algérie, de suspendre ses importations de vins algériens, l’une des plus importations ressources financières du pays; Boumediene, en une réaction de colère, ordonne l’arrachage des vignes : 90 % du vignoble algérien devront être rasés en l'espace de deux ans. Cinq années plus tard, le gouvernement promulgue, le 29 avril 1975, un décret portant réglementation administrative des débits de boissons alcoolisées et non alcoolisées. Quant au président Chadli Bendjedid, il a été assez tolérant puisque, durant ses treize années passées au pouvoir, le président Chadli a rarement été tenté par la prohibition ou la chasse aux consommateurs d’alcool. C'est l’entrée en politique des islamistes du FIS en s’emparant de la majorité des communes d’Algérie en juin 1990 qui fera la chasse aux consommateurs en décrètant que l’alcool est haram (péché), layadjouz (illicite) et en lançant une campagne de moralisation de la société. Mais la guerre civile des années 90 verra l'explosion la consommation de l’alcool: les importateurs de bières et de Whisky inondent le marché algérien, et la production de la bière locale explose avec l’arrivée sur le marché des marques Tango (produites par l’homme d’affaires Djilali Mehri, candidat du parti islamiste MSP aux législatives de 1991), Amstel, Stella Artois ou Heineken, produites sous licence; souligne DNA. Trois ans après l'accession au pouvoir de Bouteflika, les députés de l’APN votent l’interdiction d’importations de l’alcool dans le cadre de la loi de finance 2004. Un texte qui ne sera, pourtant, jamais appliqué, même s'il est adopté par 108 voix contre 83. Toutefois, les conservateurs se rattraperont durant le passage d’Abdelaziz Belkhadem, SG du FLN et islamo-conservateur notoire, à la tête du gouvernement entre 2006 et 2008, et des dizaines de bars sont ainsi fermés. Depuis cinq ans, on dénombre la fermeture de plus de 2000 locaux commerciaux. Seule région à échapper à ces oukases, la Kabylie. Autant ailleurs on ferme, autant en Kabylie on ouvre bars, dépôts et usines de production de bière; souligne DNA qui rappelle que, malgré toutes les interdictions, plusieurs chefs d'Etat sont connus pour être amateurs de Whisky comme Bouteflika, Ali Kafi et Liamine Zeroual, tandis que les hauts gradés sont même importateurs pour certains d'entre eux, notamment le général à la retraite, Mohamed Attailia, souligne toujours DNA. ________________________Dans la même rubrique_________________________
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