Bilan de l'attentat : 34 morts et plus d'une soixante de blessés. Deux jours plutôt, le convoi du président Bouteflika est visé à Batna par un attentat qui a fait plus de 22 morts. Ces actes ont été signés et revendiqué par la branche d'al-Qaida au Maghreb (ex-GSPC algérien).
A l'approche du Ramadan, propice au Jihad dit-on, il faut s'attendre à la recrudescence de la violence, non seulement en Algérie, mais dans les foyers musulmans chauds dans lequel sévit Al Qaïda. Mais ce qui est sûr c'est que ces actions offrent la preuve que la politique du président Bouteflika sur le dossier de la paix et de la réconciliation nationale est en train de prendre de l'eau ! Plusieurs explications à ce délitement ; la principale : ceux qui ont signé l'accord de réconciliation et déposé les armes ne sont finalement que du vieux gibier. Le pouvoir algérien n'a pas réussi à décapiter l'ex-GSPC. Les cellules dormantes que ce dernier a cultivées dans le maquis sont en train de muer en bombes humaines. Le FIS n'est pas le géniteur de la branche d'al Qaïda au Maghreb, mais bel et bien l'ex-GSPC, via la nébuleuse d'Oussama Ben Laden et consort. Abassi Madani et Ali Belhadj sont les vétérans d'une autre époque ; leur jihad contre celui des militaires au cours de 15 ans d'affrontement était algéro-algérien ; il se déroulait à huis-clos entre un groupe et une armée. Quant à al Qaida, elle vise par l'action d'un seul kamikaze le coup d'éclat, la visibilité et l'extension du domaine du jihad pour réaliser un califat global. Atteints par la limite de l'âge, Abassi Madani et Al Belhadj, n'ont aucune prise sur les Moujahidines de l'ex-GSPC. Le pouvoir les a chargés d'une mission, celle de conseillers de l'ombre, ou de raisonneurs comme on dit en arabe. Le geste du régime algérien en faveur du cheikh Qaradawi est à inscrire à leur crédit.
Transporté d'Alger au Caire à bord de l'avion présidentiel, celui qui avait abreuvé les écrans et les cassettes de prêches enflammés pendant les années noires contre le régime militaire et son allié l'Occident a fait l'objet de soins appliqués lors de sa récente admission à l'hôpital militaire de Aïn Nadja pour un ulcère, alors que bon nombre d'Algériens ont du mal à se faire soigner.
La politique, éminemment perverse, qui consiste à récupérer un adversaire par le biais de Al Mousalaha, la réconciliation, pratique classique dans les annales politiques de l'Islam, n'est qu'un replâtrage de circonstance. Aujourd'hui, le régime algérien l'apprend à ses dépens, puisque ici et là, les craquelures commencent à réapparaître sous les coups de boutoir d'Al Qaïda.