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Amnesty International - Situation du continent africain

Violences contre les femmes


Communiqué de presse-Amnesty International le 31 Mai 2006


Les femmes continuaient d'être insuffisamment protégées, tant dans les textes que dans la pratique, et restaient la cible de violences et de discriminations. Elles ont été victimes de viols et d'autres formes de violences sexuelles de la part d'agents de l'Etat, de compagnons et d'employeurs, entre autres.


Dans certains milieux, les mutilations génitales féminines et les mariages forcés restaient la norme et, d'après les informations disponibles, la pratique des mutilations genitals était toujours légale au Cameroun, où elle touchait environ 20 p. cent des femmes et des jeunes filles. En outre, le Code pénal camerounais comportait encore des dispositions exonérant les auteurs de viol de toute poursuite judiciaire à condition qu'ils épousent leur victime, avec pour effet de protéger le violeur tout en exposant la victime à de nouveaux sévices.

Des centaines de milliers de femmes auraient été violées par les forces gouvernementales et les groupes politiques armés durant les périodes de conflit. Dans l'est de la RDC, les viols étaient quelquefois commis sous les yeux des enfants de la victime ou d'autres membres de sa famille ou de son village et il arrivait que la femme ou la jeune fille violée soit ensuite tuée ou blessée délibérément. Rares étaient les victimes qui pouvaient recevoir des soins médicaux appropriés. Au Togo, des membres des forces de sécurité ou des bandes de miliciens auraient violé des femmes soupçonnées de soutenir l'opposition.

Des réformes législatives visant à améliorer le respect des droits fondamentaux des femmes ont été lancées ou poursuivies dans certains pays. Au Ghana, des organisations de la société civile ont débattu d'une réforme de la législation sur l'avortement et de l'absence de loi interdisant le viol conjugal ; certains parlementaires ont réclamé des peines plus sévères pour les auteurs de viols ou d'agressions sexuelles contre des femmes. Au Libéria, une loi intégrant une définition plus large du viol a été adoptée ; avant que ce pays ne s'engage à abolir la peine de mort, c'est notamment ce châtiment qui était prévu pour les violeurs. Au Kenya, le Parlement a accepté d'examiner un projet de loi sur les crimes sexuels et a débattu d'un projet de loi sur le viol, défendu par des groupes de femmes.. Le texte proposait d'étendre la définition de ce crime et d'interdire la libération sous caution de toute personne poursuivie pour viol sur mineur.

Au Nigéria, certains Etats ont voté des lois relatives aux violences domestiques contre les femmes, mais le gouvernement fédéral n'a pas remanié les textes discriminatoires ni modifié le droit national pour les mettre en conformité avec le Protocole à la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples relatif aux droits des femmes, que le Nigéria a pourtant ratifié. Malgré l'absence de statistiques officielles, on estimait que, dans certains groupes de population de l'Etat de Lagos, par exemple, près des deux tiers des femmes subissaient des violences au sein de leur foyer. Des lois et des pratiques discriminatoires, l'attitude méprisante de certains policiers et les difficultés d'accès au système judiciaire contribuaient à ce que les violences contre les femmes soient largement tolérées et qu'un très grand nombre de ces sévices ne soient pas signalés.

Droits économiques, sociaux et culturels

De nombreux gouvernements ont employé des méthodes équivalant à un déni systématique des droits au logement, à l'alimentation, à la santé et à l'éducation. Au Zimbabwe, des centaines de milliers de personnes ont été expulsées de force et leurs maisons ont été démolies dans le cadre de l'opération Murambatsvina (Restaurer l'ordre), conduite dans un contexte de grave pénurie alimentaire. A de multiples reprises, les autorités ont entravé l'action humanitaire des organisations non gouvernementales (ONG) et des agences des Nations unies, y compris quand elles tentaient de trouver des abris aux personnes privées de logement. Au Nigéria, des milliers de personnes ont été expulsées de chez elles en toute illégalité et n'ont été ni indemnisées ni relogées.

Au Niger, une invasion de criquets - la plus importante depuis plus de dix ans - s'est ajoutée à plusieurs années de sécheresse, aggravant une pénurie alimentaire déjà préoccupante. La plus grande partie des cultures de céréales du pays a été ravagée, et selon les estimations des Nations unies la famine mettait en péril la vie de plus d'un quart des Nigériens. Cette grave disette a eu des répercussions dans les pays voisins : le Bénin, le Burkina Faso, le Mali et le Nigéria ont dû faire face à des hausses de prix ou à des pénuries alimentaires. En dépit des alertes concernant l'imminence de la famine, les donateurs internationaux n'ont pas réagi à temps. Au Mozambique, à l'issue d'une période de sécheresse prolongée, plus de 800 000 personnes avaient besoin d'une aide alimentaire.

La mortalité résultant des maladies liées au VIH/sida était élevée et perturbait gravement le développement économique et social de nombreux pays de la région. Cette année encore, c'est dans le sud du continent africain que les taux de séropositivité au VIH étaient les plus élevés au monde, et il était encore très difficile d'accéder aux soins et traitements appropriés dans cette partie de l'Afrique. La prévalence la plus forte au niveau mondial était observée au Swaziland, où 42,6 p. cent de la population était infectée par le virus ; en outre, plus des trois quarts des personnes répertoriées comme nécessitant un traitement antiretroviral n'en bénéficiaient toujours pas. En Afrique du Sud, de nouvelles statistiques ont montré qu'environ six millions de personnes avaient été contaminées en 2004 et que moins de 20 p. cent d'entre elles avaient accès aux médicaments antirétroviraux. Au Mozambique, on comptait environ 200 000 personnes séropositives ou malades du sida ne pouvant bénéficier des antirétroviraux ni d'aucun autre traitement contre le VIH.

Peine de mort

Des prisonniers demeuraient sous le coup d'une condamnation à mort au Burundi, au Cameroun, en Guinée, au Libéria, au Nigéria, en Ouganda, en RDC, au Somaliland, en Tanzanie et en Zambie.

En Ouganda, en vertu d'un arrêt prononcé par la Haute Cour de Kakamega, statuant en appel, quatre personnes détenues depuis leur condamnation à la peine capitale en 1995 ont été remises en liberté. La Cour constitutionnelle ougandaise a rendu un arrêt historique en se déclarant favorable à l'abrogation des lois qui punissent automatiquement de mort certains crimes, mais le procureur général a interjeté appel de cette décision.

En RDC, la question de l'abolition de la peine de mort a refait surface lors des débats parlementaires sur la nouvelle constitution nationale. Un premier projet de constitution proposait l'abolition, mais une majorité de députés du Sénat et de l'Assemblée nationale se sont opposés à un tel changement.

Défenseurs des droits humains
Dans les pays de la région, les autorités ont continué à se montrer hostiles vis-à-vis des défenseurs des droits humains, dont un grand nombre ont été victimes de harcèlement, d'arrestations et de mises en détention arbitraires, mais aussi d'agressions physiques.

En RDC, Pascal Kabungulu, secrétaire général des Héritiers de la justice, une organisation de défense des droits humains, a été abattu en juillet à son domicile de Bukavu, au Sud-Kivu, par trois hommes armés. La commission d'enquête officielle n'a pas divulgué ses conclusions et aucun suspect n'avait été traduit en justice fin 2005. Au Zimbabwe, nombre d'ONG et d'individus qui militaient pour les droits humains ont été la cible de manoeuvres de harcèlement et d'intimidation de la part des autorités. Au Rwanda, plusieurs membres de la société civile, notamment des permanents d'organisations de défense des droits humains, ont fui le pays par crainte d'être victimes de harcèlement ou d'arrestations arbitraires. Certains militants des droits humains connus pour leur liberté de propos ont été contraints au silence par la menace.

Au Soudan, l'Etat a intenté une action contre l'un des principaux groupes de défense des droits humains du pays, l'Organisation soudanaise contre la torture, apparemment pour tenter de la réduire au silence. Ses membres risquaient plus de cinq ans d'emprisonnement. Mudawi Ibrahim, un militant de premier plan, a été arrêté arbitrairement et placé en détention sans inculpation, y compris alors qu'il tentait de quitter le Soudan pour se rendre en Irlande, où il devait recevoir une distinction récompensant son action en faveur des droits humains. Il été remis en liberté par la suite.

En Somalie, Abdulqadir Yahya Ali, le directeur du Centre pour la recherche et le dialogue, a été assassiné par des inconnus à Mogadiscio, en juillet.

Au Togo, un groupe de jeunes gens associés au parti au pouvoir a empêché la tenue d'une conférence de presse de la Ligue togolaise des droits de l'homme. En Angola, Luis Araújo, le coordonnateur de SOS-Habitat, une ONG défendant le droit au logement, a été placé en détention pour de courtes périodes en juin et en novembre en raison de ses activités visant à empêcher des expulsions. Au Cameroun, dans des affaires aux motifs apparemment politiques, les autorités ont continué de s'appuyer sur des lois pénalisant la diffamation pour emprisonner des journalistes.

En Guinée équatoriale l'ancien prisonnier d'opinion Fabián Nsué Nguema, avocat et défenseur des droits humains, a été accusé de faute professionnelle et arbitrairement suspendu de l'ordre des avocats pour un an. En Erythrée, de nombreux prisonniers d'opinion étaient détenus au secret dans des lieux inconnus, sans inculpation ni jugement, et certains ont été torturés ou maltraités. Une nouvelle loi votée en mai a considérablement limité la liberté d'action des ONG. En Ethiopie, des défenseurs des droits humains et des prisonniers d'opinion étaient également maintenus en détention. En Mauritanie, en revanche, plusieurs ONG ont été officiellement reconnues, un fait sans précédent dans ce pays.


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1.Posté par jean-luc kamate le 26/05/2009 14:45
Je suis un jeune sens emploi résident au mali qui est à la d'emploi .
En faite je suis détenteur d'une attestation de maîtrise en droit public international(dpi) à l'université de Bamako ,donc je voulais savoir si vous recherchez un agent ayant la qualité que moi.