Ankara opposé au projet de loi français sur le génocide arménien
Ankara a vivement invité la France à retirer une proposition de loi qui rendrait illégale toute négation du génocide arménien, affirmant qu'une telle législation affecterait profondément les relations économiques et politiques entre les deux pays.
ANKARA MILITE CONTRE UN PROJET DE LOI FRANÇAIS SUR LE GÉNOCIDE ARMÉNIEN
La proposition de loi, présentée par le Parti socialiste français, doit être débattue au parlement le 12 octobre. La Turquie rejette les accusations de génocide dont elle fait l'objet en raison des massacres de chrétiens arméniens commis sur son sol pendant la Première guerre mondiale, arguant qu'un grand nombre de musulmans turcs ont également péri dans les affrontements qui faisaient rage à l'époque. "L'adoption de cette loi aura des effets très négatifs sur les relations économiques", a averti le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Namik Tan, lors d'un point presse hebdomadaire. "Il y a eu, à travers l'histoire, des investissements importants entre la France et la Turquie. Avec cette décision, les investissements accumulés au fil des années seront anéantis en une seule séance. La France va en quelque sorte perdre la Turquie", a-t-il ajouté. LETTRE A CHIRAC "La population de Turquie interprétera cet épisode comme une attitude hostile de la France", a précisé Tan. L'UMP est opposé à la proposition de loi présentée par le PS mais Ankara redoute qu'un certain nombre de députés de la majorité ne se joignent aux voix de l'opposition pour ne pas froisser la diaspora arménienne, forte de 400.000 personnes, à l'approche des élections. Le président turc, Ahmet Necdet Sezer a envoyé cette semaine une lettre au président Jacques Chirac à ce sujet et le Premier ministre Tayyip Erdogan évoquera ce problème samedi à Istanbul avec des dirigeants d'entreprises français, a indiqué Tan. Une délégation de députés turcs en visite à Paris cette semaine a également mis en garde contre les conséquences de l'adoption d'une telle loi. Ils ont indiqué qu'Ankara pourrait décider d'expulser environ 70.000 Arméniens travaillant illégalement en Turquie si la loi était votée. Ankara a fortement critiqué les propos de Jacques Chirac qui avait estimé, lors d'une visite d'Etat en Arménie le week-end dernier, que la Turquie devait reconnaître en tant que génocide les massacres d'Arméniens de 1915 avant de pouvoir adhérer à l'Union européenne. La semaine dernière, Ankara avait vivement réagi en apprenant que deux partis politiques néerlandais avaient révoqué trois candidats d'origine turque au motif qu'ils avaient nié le génocide arménien.
1. Posté par
samir de casa
le 06/10/2006 19:22
La France à raison de demander des comptes sur Le génocide Arménien ...Mais le gouvernement actuel est en proie à des Manifestation ANTI-ISLAMISTE et PRO-LAÏCITÉ à ANKARA ...après 3 ans de gouvernement Islamiste fondamentaliste catastrophique pour certaines libertés... ( genre PJD et MUR au MAROC ....)
L M| 2006
ISTANBUL CORRESPONDANCE
Jamais encore le gouvernement "islamo-conservateur" du Parti de la justice et du développement (AKP) n'avait été conspué de la sorte, en trois ans et demi de pouvoir. Des dizaines de milliers de personnes - militaires, juges, avocats, universitaires et simples citoyens - sont descendues dans les rues d'Ankara, jeudi 18 mai, pour défendre la laïcité et accuser le gouvernement turc de la remettre en question.
L'assassinat, la veille, d'un juge du Conseil d'Etat, par un tueur se proclamant "soldat de Dieu", a mis la Turquie en état de choc. Quatre autres juges ont été blessés avant que le tireur ne soit arrêté.
L'opposition kémaliste a accusé le gouvernement d'avoir "armé le bras du criminel" en multipliant les flatteries aux islamistes, à moins d'un an d'échéances électorales. Le premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, avait, entre autres, critiqué la rigueur avec laquelle le juge assassiné et ses collègues appliquaient l'interdiction du port du foulard dans les lieux publics - rigueur que l'assassin aurait voulu punir.
Prévoyant la tournure que prendraient les funérailles du juge, le premier ministre a évité de s'y rendre. Ce sont ses conseillers et plusieurs ministres qui furent accueillis, devant la grande mosquée d'Ankara, aux cris de "Gouvernement démission !" et "Les meurtriers dehors !". La police a dû protéger leur repli, devant les caméras de télévision...
Plus de 25 000 personnes étaient réunies devant la mosquée. Elles étaient presque aussi nombreuses à se rendre le matin au mausolée de Mustafa Kemal Atatürk, haut lieu rituel de la capitale "kémaliste".
La télévision publique transmettait le défilé des corps constitués : les membres des instances judiciaires en grande tenue, le haut commandement de l'armée (vivement applaudi), les avocats et les recteurs d'université revêtus de leurs robes, ainsi que des milliers de "défenseurs de la laïcité", portant drapeaux ou portraits d'Atatürk et scandant, selon l'Agence France-Presse (AFP), "les mollahs en Iran" et "maudite soit la charia".
"DÉRIVES ISLAMISTES"
Depuis des années, seuls les partis islamo-nationalistes faisaient descendre des foules semblables dans les rues d'Ankara - contre l'adhésion à l'Union européenne ou les caricatures de Mahomet. Les manifestants anti-islamistes de jeudi n'ont certes pas réuni un million de personnes, comme ce fut le cas, semble-t-il, aux funérailles du journaliste Ugur Mumcu, du quotidien de gauche Cumhuriyet, assassiné en 1993. Mais ces élites laïques se sont montrées capables, jeudi, d'un sursaut concret, après des mois passés à dénoncer dans les médias les " dérives islamistes" du gouvernement. Au risque d'aggraver la polarisation de la société.
M. Erdogan a brandi ce danger dans un discours, mercredi soir à Antalya, devant des milliers de partisans. "La meilleure réponse à cette attaque est de conserver notre unité", a-t-il déclaré en promettant de conduire le pays "vers un lieu plus sûr pour la démocratie, la laïcité, la primauté du droit".
Selon les médias, Alparslan Arslan, le jeune avocat assassin, aurait eu des liens avec le chef de gang mafieux et nationaliste Sedat Peker. La presse s'indigne qu'il ait pu commettre son crime alors même qu'il était déjà entré une première fois mardi dans le Conseil d'Etat, d'où il fut chassé avant de pouvoir agir. Il aurait aussi fait partie de ceux qui ont jeté des grenades, trois fois depuis le début du mois de mai, contre le journal Cumhuriyet, en campagne anti-islamiste, et perturbé des réunions d'historiens libéraux. Au moins neuf suspects de complicité avec Arslan auraient été arrêtés, mercredi et jeudi. "Attendez-vous à des surprises", a déclaré un assistant de M. Erdogan.
Sophie Shihab
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Une année préélectorale
L'AKP. Le parlement se prépare à l'élection, prévue le 16 avril 2007, d'un nouveau président. Depuis novembre 2002, le Parti de la justice et du développement (AKP), issu en grande partie de la militance islamiste, y détient la majorité absolue. Le prochain président devrait donc être au moins de "sensibilité" islamiste, pour la première fois dans l'histoire de la Turquie moderne.
Le rôle de l'armée. Depuis 2002, le président turc, Ahmed Sezer, a bloqué l'essentiel des lois défendues par les seuls députés de l'AKP, que l'opposition soupçonne de nourrir un "agenda caché" : l'islamisation de la République. Si le prochain président était proche des islamistes, le seul obstacle qui pourrait empêcher les islamo-conservateurs d'occuper les grands postes civils de la République pourrait être l'armée.
2. Posté par
said
le 07/10/2006 07:05
Et qui demandera des comptes à "cette france très démocratique" à propos de ses génocides et agressivité en Afrique et au maghreb et plus recemment contre ses propres banlieues?
Pourquoi cette france ne fait pas la même chose contre israel?
La reponse est que les lobbies juif et armenien coptent lors des elections qui s'approchent!
Adieu les principes, Vives les petits calculs immédiats et minables!
3. Posté par
said
le 07/10/2006 07:09
Si on est vraimment démocrate, il faut reconnaitre que le gouvernement turc actuel est arrivé par les urnes! Et il a été voté par une majorité de turcs!
Ce samir n'est pas rationnel! Il est systématiquement contre les musulmans et l'islam.
4. Posté par
CRDA
le 07/10/2006 19:24
Voici la lettre que j'ai rédigée et que je me prépare à envoyer à mon deputé de Paris :
Monsieur le député,
Lors de son voyage récent en Arménie, le Président Jacques Chirac a rendu un hommage vibrant par sa visite émouvante au Musée-Memorial dédié au un milllion et demi de victimes des déportations et des exterminations de 1915. Jacques Chirac a inscrit sur le livre d'or cette phrase profonde et authentique au coeur des descendants des rescapés de 1915 : "Souviens-toi".
Cependant, si le Président Chirac parle sur le registre symbolique concernant le devoir de Mémoire et la nécessité de reconnaissance, il n'empêche que le négationnisme à l'encontre du Génocide de 1915 existe en France. Il est de même importance que le négationnisme à l'encontre de la Shoah qui eut lieu pendant la Deuxième Guerre Mondiale
. s'il n'y avait pas eu de loi Gayssot,
. et si l'Allemagne actuelle n'avait pas reconnu les crimes nazis qui seraient restés impunis,
tout en sachant en plus que cette Allemagne
. aurait consacré un budget d'Etat pour faire réécrire l'Histoire
. aurait annexé les Sudètes comme une région historiquement allemande
- aurait voté des lois interdisant le retour au pays des survivants de nationalité allemande ayant été déportés dans des camps de la mort à l'étranger,
. aurait conditionné sa population à un mensonge d'Etat pendant des générations
. et aurait cherché par un chantage économique à imposer son négationnisme.
Malheureusement, c'est ce qui se passe concrètement avec la Turquie d'aujourd'hui dans sa candidature à l'Union européenne.
Le négationnisme d'un génocide n'est pas une simple opinion historique ou bien un raccourci réducteur à l'occasion d'une conversation : cela va au delà d'une incompétence historiographique ou d'un manque de rigueur professionnelle.
Le négationnisme n'est pas seulement une imposture intellectuelle, c'est vouloir tuer une deuxième fois. Il fait perdurer les ravages du génocide qui a brisé la chaine de transmission humaine.[*1]
Ce négationnisme va au-delà d'une attaque contre les descendants de rescapés du Génocide de 1915 -qui sont des citoyens français à part entière. C'est une atteinte inacceptable à la personne en tant que membre de la communauté humaine. Il est important de dénoncer les dénis de génocide qu'on cherche à banaliser. Juridiquement, de telles dénégations sont en dehors des clivages politiques habituels droite-gauche ou des différences religieuses entre christianisme et islam que l'on cherche parfois à dramatiser.
Cette proposition de loi relève du registre de la paix civile minée par de tels dénis. Ces dénis sont réellement une négation comme atteinte à l'ordre public et, plus fondamentalement encore, au droit au respect de la dignité humaine dans sa portée collective ; c'est-à-dire un droit qui exprime la solidarité entre les humains et fonde le principe même de leur égalité. Un droit dont la reconnaissance mérite protection.[*2]
En espérant avoir attiré votre attention sur les mécanismes déstructurants pour la société française créés par le déni de génocide -un négationnisme nationaliste bétonné, si hostile à l'esprit républicain et démocratique de la France- je vous prie d'agréer Monsieur le député, l'expression de mes sentiments distingués.
[*1] Hélène Piralian, "Génocide et transmission : sauver la mort, sortir du meurtre", L'Harmattan 1995
[*2] Sevane Gharibian Le Monde 13 Mai 2006
http://www.crda-france.org/0ab/home.htm
5. Posté par
said
le 08/10/2006 10:56
NON AUX GENOCYDES QU'ILS SOIENT ALLEMENDS, TURC, FRANCAIS OU ISRAELIEN!
ET MILLE NON A LA RECUPERATION POUR DES FINS ELECTORALES DES MALHEURS DES PEUPLES.
ET MILLE NON AUX DEUX POIDS DEUX MESURES!
6. Posté par
ali
le 05/11/2007 15:52
salutation
je suis contre la loi française et je suis avec les turque pour une la contre les crimes de franse dans le monde surtou en algerie.
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