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Après six mois de débat : La France se prononce sur le port du voile intégral


Sarra Grira le 26 Janvier 2010


eMarrakech (Paris) : Après six mois de réflexion et de débat sur le port du voile intégral, qu’il s’agisse de niqab ou de burqa, la commission parlementaire, avec à sa tête le député communiste André Gérin, vient de rendre ses conclusions. Faute d’une interdiction totale, le port du voile intégral sera interdit dans les services publics. De nombreuses mesures de découragement sont aussi envisagées.


Après six mois de débat : La France se prononce sur le port du voile intégral
Elle aura fait couler bien de l’encre cette question du niqab ou de la burqa. Après avoir donné lieu à des reportages aux bords de la caricature, nourri les sondages des divers instituts et fait la une de la plupart des magazines et journaux politiques, le sujet est enfin abordé de manière officielle et, une fois n’est pas coutume, par les responsables de la question.

La commission parlementaire qui réunit 58 députés a présenté aujourd’hui, mardi 26 janvier, ses conclusions et ses suggestions sur la question. Sans surprise, tout est mis en œuvre pour décourager les femmes à porter le voile intégral. En effet, en plus de l’interdiction de se couvrir le visage dans les services publics, la procédure pourrait vraisemblablement servir de moyen de pression sur les femmes étrangères résidentes en France qui pourraient se voir refuser le renouvellement de leur titre de séjour pour port de ce voile intégral, jugé incompatible avec les valeurs républicaines.

Mais la commission ne s’arrête pas à ces mesures « répressives » ou du moins dissuasives : elle suggère aussi le renforcement de l’enseignement de la laïcité dans les milieux scolaires et, fait notable, la mise sur pied d’un dispositif de lutte contre « les violences et la contrainte faites aux femmes ». Une suggestion qui apporte de l’eau au moulin de nombreux députés qui ont fortement condamné le port du voile intégral, le jugeant humiliant pour la femme. N’est-ce pas André Gérin lui-même qui qualifiait le niqab de « prison ambulante » ?

Deux questions restent à poser cependant dans ce contexte : n’y a-t-il pas marginalisation de toute une frange de la population en agissant de la sorte, notamment des femmes qui ont été forcées de porter le niqab et qui se trouvent, par ce procédé, d’autant plus isolées ? L’autre question tient, quant à elle, à la nature du débat qui renvoyait le voile intégral à un signe distinctif culturel et non religieux ; et ce alors que la plupart des femmes qui portent le voile intégral en France (autour de 300 selon le gouvernement français) ne sont pas issues de l’immigration mais sont des françaises converties.


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