|
||||||||
Aziz chez SarkoLe Président de la République mauritaniene, Mohamed Ould Abdel Aziz, débute ce lundi à 12 heures, sa première visite officielle en France depuis son élection le 18 juillet dernier et son arrivée au pouvoir à la faveur du mouvement rectificatif du 6 août 2008. Le Président de la République rencontrera, demain à l’Elysée, son homologue français, le président Nicolas Sarkozy. Il devrait aussi être reçu à Matignon, par le Premier Ministre français François Fillon, par le ministre des Affaires Etrangères, Bernard Kouchner et par le secrétaire d’Etat chargé de la Coopération, Alain Joyandet. Cette première visite en Europe du Président, moins de trois mois après son investiture, prouve que les relations entre Paris et Nouakchott sont à nouveau au beau fixe.Historique des relations franco-mauritaniennes
Comme ces vieux couples qui en se séparant décident de garder les meilleures relations et de se revoir de temps à autre pour les enfants, la relation franco-mauritanienne a, dès les indépendances, était placée sous le double signe de l'attirance-répulsion.
A observer nos quarante-neuf années d'indépendance, l'alternance des fortes étreintes et des murmures d'insatisfaction témoigne de cet équivoque originel. La relation franco-mauritanienne a d'abord été une relation passionnelle. Pour cause d'incompatibilité d'humeur, nous faisons depuis plus de quarante-neuf ans chambre à part. Parce que notre divorce s'est passé à l'amiable, notre amitié n'en fut que plus conflictuelle. Plusieurs étapes peuvent être repérées dans ce long cheminement à l'allure contrariée. Lune de miel C'est d'abord la lune de miel post-indépendance. Le pouvoir de Moktar Ould Daddah avait tout fait pour sécuriser un partenaire français duquel sa pérennité et son intendance continuaient de dépendre. Et ce ne sont pas les quelques velléités du marabout de Boutilimitt Allah yarehmou qui vont perturber ou détourner le cours du long fleuve tranquille de l'entente franco-mauritanienne. L'équilibre budgétaire n'est acquis qu'au prix des subventions françaises. Le terne et incernable franc CFA sert toujours de monnaie d'échange. L'intégrité territoriale et la sécurité de la Mauritanie dépendent de Paris. Les maigres importations proviennent de la métropole. La MIFERMA exporte le fer mauritanien pour le plus grand bonheur de ses actionnaires français (qui détiennent 95% de la tentaculaire compagnie qui a son port, son train -le plus long et le plus lourd du monde-, sa voie ferrée pour exploiter à ciel ouvert les mines à forte teneur (64%) de la Kedia et pour de dérisoires recettes au trésor public. A Nouakchott, le français, langue officielle, est roi. A peu de choses près, la Mauritanie frôlait "le syndrome du Sénégal": l'identification tous azimuts et la dépendance absolue vis-à -vis de l'ex-colonisateur. Les accords de défense renforçaient cette image d'un pays sous tutelle. Pour le commun des Mauritaniens, le fait que la première dame de Mauritanie soit une citoyenne française, ajoutait à l'image trouble d'une filiation illégitime. C'est dans ce contexte que la revendication soixante-huitarde va inaugurer en Mauritanie une seconde étape. A partir des années soixante-dix, la contestation kadihine d'inspiration maoïste, soulève le pays tout entier en fustigeant le "néocolonialisme" et demandant un surcroît d'indépendance. Des mots d'ordre tels que la sauvegarde de la d ignité et de la souveraineté nationale, voisinaient alors avec des revendications d'indépendance économique. La Mauritanie vivait alors, avec dix ans de retard par rapport à la moyenne africaine, ses premières fièvres nationalistes. Dans la foulée, ce fut la nationalisation de la MIFERMA, la sortie de la Zone Franc et la création de l'Ouguiya, la dénonciation des accords de défense avec la France et la réforme de l'enseignement consacrant l'arabisation à marche forcée. Il faut reconnaître que même offusquée, la France a globalement bien joué le jeu. Alors que tout l'aurait poussé à laisser à son sort ce petit pays décidément excité, la France a encaissé les remontrances, digéré les invectives et décliné l'offre de rupture. Il faut dire que très tôt, la Mauritanie devait revenir dans les bras protecteurs et bienveillants de son ami d'hier. Ce fut alors une troisième étape où après avoir cassé la vaisselle, le couple se réconcilie dans l'épreuve. Avec l'entrée de la Mauritanie dans la guerre du Sahara Occidental en 1975, le besoin de l'assistance militaire et économique se fait pressant. La Mauritanie change alors de réseau d'alliance et l'axe Rabat-Nouakchott-Dakar se soude dans la complicité avec Paris. Incompréhension et malentendu En 1978, le coup d'état militaire à Nouakchott et les difficultés internes de Valéry Giscard d'Estaing ouvrent une période d'incertitude. Et lorsqu'en 1981, le pouvoir militaire semblait se stabiliser en Mauritanie, la gauche arrive au pouvoir en France. Cette quatrième étape, les deux partenaires la passeront d'incompréhension en malentendu. C'est d'abord au pouvoir socialiste qui en France, a d'abord du mal à trouver ses marques après l'éphémère tentative de Jean-Pierre Cot de moraliser les relations franco-africaines. C'est aussi à Nouakchott, un pouvoir schizophrène et à la démarche mal assurée qui s'embourbe dans d'inextricables difficultés intérieures, y voyant le plus souvent cette "main de la France" qui servit de prétexte à tant d'abus. En décembre 1984, lorsque le pouvoir a changé de main à Nouakchott, Paris a dû pousser un ouf de soulagement. Pourtant, le nouveau locataire du palais ocre à Nouakchott, Maaouiya Ould Sid'ahmed Taya, que tout portait à s'entendre avec les Français; ne dit-on pas que c'est le général Jeannou Lacase, à l'époque chef d'état major des armées françaises, qui a "coordonné le putsch"!; va très rapidement tenter d'établir des relations d'un type nouveau. Nouakchott se montre alors soucieux d'avoir de bonnes relations avec Paris mais n'accepte pas la mise sous tutelle. Cette exigence d'autonomie de décision sera mal interprétée par la France habituée à des régimes africains plus accommodants. Il faut dire que l'atmosphère s'alourdissait alors en Mauritanie d'une extraordinaire revendication identitaire. Et la crise ne tarda pas à venir. En 1989, le différend avec le Sénégal sonne alors aux yeux de nombre de Mauritaniens comme une "trahison de Paris". Mais pour une fois, la retenue du pouvoir à Nouakchott évitera au linge sale d'être lavé en public. Malgré la phrase maladroite de François Mitterand prononcée en marge du deuxième sommet de la Francophonie de 1989 à Dakar, "le Sénégal est un pays frère, la Mauritanie est un pays ami", les organes officiels mauritaniens se retiendront de polémiquer avec Paris. Les historiens retiendront probablement que là est apparu pour la première fois aux autorités françaises l'exception mauritanienne en Afrique. Trois ans durant, la France regardera évoluer ce "petit pays" qui ne demande rien et qui pourtant arrive à s'en sortir tout seul. C'est au sortir de cette "épreuve" que la Mauritanie imposera son rythme à la longu e marche des relations franco-mauritaniennes qui pouvaient ainsi reprendre une tournure plus saine. Ainsi, Paris se privera bien de taper du poing sur la table lorsque Nouakchott adoptera une position "modérée"- en fait franchement pro-irakienne- lors de la première guerre du Golfe. Le lancement du « processus démocratique » en 1991 en Mauritanie, sous la dictature d’Ould Taya viendra quand même couronner les retrouvailles. Certes l'élan était moins fougueux mais l'entente n'en est que plus solide. Seule la passion apaisée met les vieux couples à l'abri des scènes de ménage. Clarification Avec le voyage de Jacques Chirac, à Nouakchott en Septembre 1997, Nouakchott peut se prévaloir d'avoir imprimé sa marque à la clarification et au renforcement des relations franco-mauritaniennes. Que le Président français ait évité de passer à la faveur d'un périple africain classique, cela porte à signification. C'est une marque de respect et d'intérêt à la Mauritanie tout entière, du moins les Mauritaniens l'ont compris comme tel. Ensuite, les relations franco-mauritaniennes souffriront de l'arrestation du capitaine Ely Ould Dah le 1er juillet 1999 à Monpellier et de l'expulsion par les autorités mauritaniennes de trois français en juillet 2000. Depuis, plus de réunion de commissions mixtes et d'aucuns y voient la main baladeuse des tricolores dans l'enlisement des rapports de la Mauritanie avec les institutions financières internationales. Avec le coup d’état d’août 2005, la France accompagne timidement la mise en place d’institutions démocratiques en Mauritanie qui seront couronnées par l’élection de Sidi Ould Cheikh Abdallahi qui a été rapidement mis en minorité par la majorité parlementaire. Le 06 août 2008, c’est le Général Mohamed Ould Abdel Aziz qui a préservé l’ordre constitutionnel et sauvé la légalité républicaine et la légitimité démocratique. Par cette intervention patriotique, le Général Mohamed Ould Abdel Aziz et toutes nos forces armées et de sécurité ont aussi protégé l’intégrité physique de l’Etat. Et la nation mauritanienne reconnaissante a donné son quitus pour ce mouvement salutaire. La communauté internationale a tardé à comprendre la spécificité mauritanienne : le Président Mohamed Ould Abdel Aziz est plébiscité par la majorité des deux tiers à l’Assemblée Nationale (73 députés sur 95) et au Sénat (41 sur 56). De leur côté, 191 maires sur les 216 que compte le pays publient une déclaration pour apporter leur soutien au Général Mohamed Ould Abdel Aziz et au mouvement de rectification du processus démocratique. « Cette unanimité nationale a été notre membrane protectrice » précise, Mohamed Ould El Kory, directeur de la communication à l’Agence Nationale d’Appui et d’Insertion des Réfugiés (ANAIR). N’empêche, la Mauritanie a traversé une longue période d’isolement diplomatique et économique. Les auteurs du mouvement de rectification et leurs proches étaient alors officiellement persona non grata en France. En respect de la constitution, le Général Mohamed Ould Abdel Aziz démissionne de l’armée et de son poste de Chef d’Etat, pour descendre, en simple citoyen, dans l’arène civique. Le 18 juillet 2009, et suite aux accords de Dakar qui ont décidé du partage du pouvoir entre la majorité et l’opposition, Ould Abdel Aziz est plébiscité au premier tour de l’élection présidentielle devant Messaoud Ould Boulkheïr, Ahmed Ould Daddah, Ely Ould Mohamed Vall et bien d’autres. Les Mauritaniens ont trouvé l’homme convaincant. « Oui, ce patriote reste sincère dans sa volonté d’édification d’une Mauritanie nouvelle empreinte de justice, de liberté et d’équité et où tous les citoyens jouissent de la prospérité. Oui, cet homme a remis l’histoire de la Mauritanie en mouvement, contre tous les immobilismes. Oui, cet homme juste et droit a engagé une vaste campagne contre la gabegie et ses auteurs en vue de respecter les deniers publics et l'optimisation des ressources naturelles du pays. Et tous ces nombreux chantiers sont de véritables feuilles de route pour l'avenir » précise le DIRCOMM de l’ANAIR, Mohamed Ould El Kory. Paris salue cette victoire et le Président Sarkozy a été l’un des premiers féliciteurs du Président Aziz qui reviendra en France en visite d’Etat en février 2010. Mais « le but premier de cette première visite à Paris est donc de renouer le contact, de rattraper le temps perdu », comme le souligne le Premier ministre Moulaye Ould Mohamed Laghdhaf à RFI. La relance de la coopération bilatérale sera bien-sûr au cœur des discussions, comme le confirme la présence dans la délégation d’accompagnement du Président à Paris du ministre des Finances Kane Ousmane. La Mauritanie compte beaucoup sur l'appui français pour ouvrir bien de boulevards d’opportunités. Abou Ahmed pour CRIDEM
Mardi 27 Octobre 2009
suivez nous sur :
Les premières photos de 'IPAD' de Apple
|
ACTUSAlgérie : vers une criminalisation du colonialisme
|
|||||||
|
|
||||||||









Soumettre article






Fuzz
Digg
Del.icio.us
Blogmemes
Tape-moi
Nuouz
Blinklist
Furl
Reddit
Smarking
Newsvine
Pioche
Spurl
Y!
Simpy
Wists
Blinkbits
Co.mments
Connotea
Blogmarks
Del.irio.us
Technorati
Meneame
Wikio
Facebook
Google
MySpace
Twitter
LinkedIn
Viadeo
Scoopeo
Aziz chez Sarko


IPhone


