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Bouteflika, le candidat dont le portrait s'affiche, seul, sur tous les murs

AFP le 6 Avril 2009

Béchar - La ville est en fête sous un soleil printanier, la population massée dans la rue principale: à 1.000 km d'Alger, Béchar ville du désert s'apprête à accueillir


Bouteflika, le candidat dont le portrait s'affiche, seul, sur tous les murs
Le périmètre est bouclé, la "place des chameaux" au centre ville est vide de toute circulation, un important service d'ordre est sur le qui-vive bien avant l'arrivée de Bouteflika.

Les Bécharis venus l'accueillir sont contenus derrière des barrières métalliques qui ploient par endroit. Des jeunes montent sur des arbres, des groupes traditionnels chantent et dansent tandis que des cavaliers armés de leurs fusils traditionnels calment leurs montures devenues nerveuses.

La ville a fait peau neuve et les portraits de Bouteflika s'affichent sur tous les murs, ornent tous les bâtiments publics, tandis que la foule scande "oui au troisième mandat", celui-là même que le président sortant a déclaré vouloir obtenir à "une majorité écrasante".

Son arrivée déclenche cris et clameurs et chacun veut le toucher ou lui adresser quelques mots alors qu'il parcourt à pied une rue, les mains tendues vers le public, entouré de ses gardes du corps.

Quand il quitte le centre de Béchar pour rencontrer les zaouias (confréries religieuses), sous une tente, la ville, proche de la frontière marocaine, retrouve progressivement un cours normal.

Les six candidats au scrutin présidentiel du 9 avril ont tous parcouru le pays mais seul Bouteflika bénéficie d'un soutien logistique digne de ses ambitions, d'Annaba (Est) à Oran, son fief de l'Ouest, de Tamanrasset dans l'extrème sud à Alger en passant par Tizi Ouzou, capitale de la Grande Kabylie, où le même scénario s'est reproduit.

"Voilà, j'ai quand même fini par revenir ici", lance-t-il ainsi d'emblée à Batna, en allusion à un attentat-suicide ayant visé le cortège présidentiel et fait 22 morts en septembre 2007 dans la capitale des Aurès.

"Bouteflika est notre président", clame en choeur l'assistance composée essentiellement de jeunes portants tee-shirts et casquettes à l'effigie du président candidat.

Dans le centre d'Alger, parcouru régulièrement par des convois de voitures klaxonnant et ornées de son portrait, des affiches géantes cachent des pans entiers de façades d'immeubles blancs aux balcons bleus.

Il faut vraiment chercher pour trouver une petite affiche de ses cinq concurrents, dont certains sont même absents de quelques panneaux électoraux réglementaires.

A l'aéroport de la capitale, un écran diffuse en boucle des images du président donnant le coup d'envoi de chantiers ou inaugurant des infrastructures avec comme slogan "dix ans de dévouement".

"Dans mon village, dans la montagne au-dessus de Tizi Ouzou, il n'y a que des affiches de Bouteflika, et aucune n'a été déchirée", témoigne un habitant, très surpris lui-même tant la situation parait inimaginable, cette région de Kabylie étant jusqu'alors considérée comme le fief exclusif de l'opposition.

La campagne électorale a pourtant ses zones d'ombres. Aux portes même de la capitale, dans un ancien fief islamique où nombre d'habitants vivent dans la précarité, elle est complètement ignorée.


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