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Bouteflika en Espagne : Quand Madrid détrône ParisSarra Grira -eMarrakech le 8 Janvier 2010
Sarra Grira : Répondant à une invitation du Roi d’Espagne Juan Carlos, le Président algérien est en visite officielle de deux jours dans la capitale ibérique. Les questions qui divisent d’un côté comme de l’autre seront à l’ordre du jour.
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C’est en consolidation des rapports de bon voisinage, promus grâce au Traité d’amitié signé en 2002 entre les deux pays, que le Président algérien est en visite à Madrid ces 7 et 8 janvier. Amitié oui, mais il n’est pas question pour autant de perdre de vue les sujets sérieux. Ainsi, la question de l’approvisionnement des pays de l’Union Européenne en gaz naturel sera mise sur table. Il s’agira d’abord de se mettre d’accord sur les modalités de cette commercialisation avant de commencer la construction du gazoduc qui approvisionnera le vieux continent en gaz. D’un coût global estimé à 900 millions d’euros, celui-ci reliera Béni Saf à Almeria et jouira d’une capacité initiale de 8 milliards de mètres cubes/an, extensible par la suite à 16 milliards de mètres cubes/an. Pour l’Europe, il s’agit surtout de sécuriser son approvisionnement en gaz naturel et de satisfaire l’accroissement de la demande en gaz.
Mais il n’est pas question pour Alger de brader ses ressources naturelles. Les contreparties seront donc d’abord économiques, puisque c’est l’Algérie qui fixera le prix de commercialisation de ses denrées tout en voyant ses exportations augmenter sensiblement. Le pays veut également exiger la libre circulation de ses ressortissants en Europe. Une question qui, selon la presse algérienne, « asphyxie les rapports entre l’Union européenne et l’Algérie ». Cette question va ouvrir le débat sur le grand sujet qui embarrasse tant de pays en Méditerranée, à savoir l’immigration clandestine. Pour ce faire, Alger sait se tourner vers le bon interlocuteur, l’Espagne étant à la tête de l’Union européenne depuis le 1er janvier 2010 et pour les six mois à venir. Alger et Madrid sont cependant d'accord au moins sur une chose : la question du Sahara Occidental qui empoisonne les rapports de l’Algérie avec son voisin le Maroc. Les deux capitales s’entendent en effet pour prodiguer aux sahraouis un statut d'autodétermination. Quitte à faire mouche, le Président de l’Assemblée Nationale algérienne, Abdelaziz Ziari, ne mâche pas ses mots : «Le colonialisme dans les territoires sahraouis occupés ne diffère pas du colonialisme français en Algérie». Une déclaration audacieuse qui risque de déplaire à Rabat. La lutte contre le terrorisme, notamment dans la région du Sahel avec les récentes prises d’otages de ressortissants espagnols par la branche maghrébine d’Al Qaida, sera également à l’ordre du jour. Economie, sécurité, Alger semble trouver chez Madrid un interlocuteur de choix, tournant le dos de ce fait à Paris. Après une année 2009 tendue avec l'Hexagone, le président algérien persiste et signe. En effet, depuis 2008, la visite en France, maintes fois annoncée par Bouteflika, ne cesse d’être reportée. L’Union pour la Méditerranée (UPM), chère à Nicolas Sarkozy, est mise également en stand by et le gouvernement algérien refuse d’accorder des « privilèges » à aucun partenaire de l’Algérie. Un argument que ne cessait d’afficher la France en vue de son histoire avec l’Algérie. Bouteflika semble ainsi déterminé à redessiner à sa guise les cartes des partenariats politiques et économiques de son pays. ________________________Dans la même rubrique_________________________
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