Avant le coup d'envoi, vendredi dernier, de la messe africaine dans sa version égyptienne, la question qui se posait concernait la vie d'un prestigieux club sans sa super star, son buteur attitré. Le FC Barcelone qui domine de la tête, (grâce à celle magique de son pitchitchi, le titre décerné au meilleur marqueur du championnat d'Espagne, la Liga) et des pieds (un autre monstre sacré, l'artiste Ronaldinho), tient le coup sans son Africain fétiche, Eto'o, qui n'aura pas trop manqué en tête d'une attaque qui continue à cracher le feu.
Un Eto'o tout feu tout flamme qui, pour sa part et pour se rappeler aux souvenirs de ses milliers de fans du Nou Camp, n'a pas raté ses débuts dans le plus prisé des tournois continentaux en atomisant la malheureuse et non moins mondialiste équipe angolaise. Un mémorable hat-trick en guise donc d'avertissement et un Cameroun dans le bon couloir, prêt à faire oublier ses déboires en éliminatoires de Coupe du monde. Les «Lions» qui rugissent et se mettent en place rapidement dans la course à la succession de la Tunisie qui frappe également d'entrée. Lourdement. Grâce également au sens du but, à l'opportunisme de son buteur-maison, Santos, auteur d'un joli triplé qui permet aux champions d'Afrique en titre d'écraser la Zambie. Toujours là où il faut, en faisant trembler les filets adverses, ces deux attaquants racés ont répondu présent au bon moment et démontré que les grands rendez-vous, du genre CAN, demeurent une occasion rêvée, au-delà de la découverte de nouveaux talents, d e nouveaux noms qui font courir les recruteurs, la confirmation des grands joueurs sur les épaules desquels reposent souvent, avec les éternelles révélations qui en profitent pour se faire un nom, les favoris dans leur quête de titres qui semblent, comme le prévoient les pronostiqueurs, leur ouvrir les bras.
C'est le cas du Cameroun en train de bien digérer son absence du Mondial allemand et de la Tunisie, rapidement dans le coup et prête à assumer son statut de super favori doublé d'un mondialiste dans l'obligation de se faire respecter. Les Angolais, décevants, et les Zambiens, loin du compte, l'ont vérifié à leurs dépens à l'instar des malheureux Libyens qui ratent leur retour parmi le gotha africain en se faisant corriger par le pays organisateur, l'Egypte, encore sous le coup de son examen raté pour l'Allemagne et à la recherche d'une réhabilitation, qui passe par une victoire finale dans sa CAN, avec son public. Avec un Mido omniprésent, les «Pharaons» ont un bon coup à jouer et doivent confirmation cet après-midi devant un onze marocain sur la corde raide et déjà dans la peau d'un recalé en cas de défaite. Un Maroc surpris par des «Eléphants» de Côte d'Ivoire dirigés de main de maître par un Drogba se bonifiant au fil des ans. Décisif et qui se suffira d'une petite mais précieuse réalisation, sur penalty. Comme Mido, dans une forme superbe, l'Ivoirien, donne le ton et plus de tonalité à une sélection toujours sur le nuage du Mondial, et nous rassure sur le niveau d'une compétition lancée tambour battant et sans fausse note majeure. Si le duo Eto'o-Mido, qui porte les espoirs de leur pays, a une dette à régler avec ses supporters, par contre le tandem Santos-Drogba, s'il permet à leur team respectif de ne pas caler en guise d'amorce, annonce la suite des événements : il faudra compter avec la Côte d'Ivoire et la Tunisie, à l'appel du podium. Tâche délicate ? Au moment où l'on rédigeait ces lignes, le résultat du choc Nigeria-Ghana n'était pas encore connu. Deux grosses cylindrées avec lesquelles il faudra compter.