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Compte rendu de la deuxième rencontre avec la commission des finances et du développement économique à la Chambre des représentantsCommmuniqué - eMarrakech le 21 Mars 2011
La commission des finances et de développement économique de la chambre des représentants s’est réunie jeudi 17 mars, avec la Direction de Royal Air Maroc, dans le cadre d’une deuxième rencontre destinée à répondre aux questions des groupes parlementaires. La première session qui a eu lieu le 09 mars, ayant été dédiée à la présentation de la situation financière, administrative et commerciale de la compagnie.
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Cette rencontre a été pour la compagnie nationale l’occasion d’apporter toutes les clarifications nécessaires aux différents points et remarques soulevés par les députés. Le débat s’est déroulé dans un cadre d’échange constructif, et a permis de donner des réponses pertinentes et complètes aux membres de la commission et des partis présents.
Au début de son intervention, Driss Benhima, Président Directeur Général de la compagnie nationale, a exprimé ses remerciements à la commission des finances et développement économique pour la tenue de ces réunions et a salué l’intérêt porté par les députés au groupe Royal Air Maroc et à ses activités. Durant les discussions un certain nombre de points ont été abordés : 1 Concernant sa situation financière, Royal Air Maroc a indiqué qu’au cours des cinq premières années qui ont suivi le mouvement de libéralisation du secteur, de 2003 à 2008, la Compagnie a accompli de véritables progrès qui lui ont permis de maintenir ses équilibres économiques et financiers malgré la pression sur les prix due à l’intensité de la compétition avec les low cost et la hausse de la facture énergétique. Ainsi RAM a pu faire face à son plan d’investissement en matière de flotte à moyen et long termes avec un rythme d’acquisition de 2 à 3 avions par an. Néanmoins, durant les deux années successives 2009 et 2010, la compagnie a connu un nouveau tournant et des difficultés économiques et financières. Des difficultés liées principalement à : Des raisons conjoncturelles : - La crise économique et financière qui a frappé l’ensemble des secteurs d’activité d’économies avec des conséquences néfastes sur la chute de la demande du transport aérien dans le monde ; - Le redressement fiscal : La compagnie a subi un contrôle fiscal portant sur la période 2004 à 2007. Dans un souci d’assainissement de sa situation fiscale pour la période non couverte par le contrôle, le traitement fiscal a également concerné les années 2008 et 2009 ainsi que la période allant de janvier à mai 2010 pour l’IR. Ce qui a donné lieu à un redressement de 1,4 Milliards de Dirhams. Des raisons structurelles : - La dérégulation généralisée du transport aérien au Maroc avec le développement des « low cost » sur l’axe Casablanca. A noter, les seules compagnies marocaines low cost créées depuis l’avènement de l’Open Sky ont concentré leur réseau sur l’axe Casablanca : la part d’offre Low Cost en 2010 a été de 15% au départ de Casablanca et de 36% au départ de la province. La dérégulation du transport aérien s’est vite traduite par une surcapacité sur les marchés et donc une baisse de la recette unitaire de la compagnie de 24% entre 2003 et 2010. Sur la France cette baisse a été de 45% et sur l’Europe la baisse a été de 37% sur la période. - la mise en application des dispositions fiscales en vigueur tant que le cadre fiscal actuel n’est pas adapté aux pratiques internationales comme souhaité par la compagnie. 2 Sur la question de la qualité de service, Royal Air Maroc a précisé que le traitement des passagers, dans le respect des exigences réglementaires constitue le cœur du métier de Royal Air Maroc. La Compagnie a mis l’accent sur des démarches qualité pour s’améliorer et se différencier constamment. D’abord focalisées sur les aspects sécuritaires et réglementaires, ces démarches sont de plus en plus étendues aux relations avec la clientèle. Ainsi, la compagnie s’est fixé plusieurs objectifs en matière d’amélioration de la qualité : - augmenter la ponctualité relative au départ pour la ramener aux meilleurs standards internationaux de 63% en 2009 à 82% en 2015 ; - réduire le taux des incidents bagages de 15/10000 en 2009 à 7/10000 en 2015 ; - réduire le taux de spoliation des bagages de 0,2% en 2009 à 0,1% en 2015 ; - augmenter le taux de satisfaction global de 85% en 2009 à 90% en 2015. RAM a déjà pris des mesures visant l’amélioration de la qualité de ses prestations: - Renouvellement et aménagement de nouvelles cabines - Equipe dédiée au nettoyage cabine - Equipe dédiée au traitement des bagages - Investissement dans un véritable centre de contrôle des opérations pour coordonner et faciliter la réactivité en temps réel de la machine opérationnelle RAM - Révision des processus liés au traitement de la chaine client au sol par une meilleure organisation des différents métiers qui gravitent autour de l’exploitation aéroportuaire - Création d’un comité ponctualité regroupant l’ensemble des intervenants dans la chaine de traitement client RAM a atteint une taille à Casablanca qui justifie la mise à disposition d’une Zone dédiée au terminal du Hub Casablanca pour la maîtrise des processus opérationnels et un service standardisé. Cette nouvelle approche largement partagée avec le Ministère de Tutelle est de nature à permettre à RAM de rétablir les fondamentaux de la ponctualité et d’offrir un meilleur service pour les prestations offertes aux clients. 3 Au sujet de l’unification des flottes d’Atlas Blue et de Royal Air Maroc, la compagnie nationale a indiqué que cette opération s’inscrit dans le cadre de la consolidation et de la mutualisation des ressources du Groupe avec l'harmonisation et la recherche de synergie entre les deux entités. Cette décision a été prise dans le cadre du conseil d’administration qui s’est réuni le 10 février sous la présidence du Président Directeur Général. A l’issue de cette réunion, les membres du conseil avaient convenu de: - Confier la gestion de la flotte Atlas Blue à Royal Air Maroc à compter du 1er mars 2011. La passation de la gestion se fera avec le maintien des mêmes conditions opérationnelles de la filiale en termes d’activité, de réseau, de politique commerciale, d’offre et de distribution. - L’intégration des activités de la filiale au sein de RAM n’aura aucun impact sur les qualifications et les rémunérations du personnel Atlas Blue, toutes catégories confondues. - Cette opération n’aura aucune incidence fâcheuse sur la carrière du personnel Atlas Blue. Au contraire, elle leur permettra d’aspirer à plus de possibilités d’évolution de carrière et de mobilité au sein du Groupe Royal Air Maroc. 4 Sur la performance de sa filiale Atlas Hospitality Morocco, Royal Air Maroc a précisé que AHM dispose aujourd’hui, d’un parc de 18 unités hôtelières à travers le Royaume et constitue le second opérateur national après ACCOR et le premier dont le capital est 100% marocain. Gérant 6600 lits avec 1700 collaborateurs, la chaîne hôtelière affiche une des meilleures rentabilités du secteur. De plus, le plan stratégique d’AHM vise un nouveau palier de croissance avec un objectif de lancer 15 unités hôtelières entre 2011 et 2016 réparties en 10 unités sur le segment 3 étoiles, 2 unités en 5* et 3 unités en 4*. Ce plan va engendrer un nouvel investissement de 1.2 milliards de dhs et la création de 900 emplois. 5 Concernant la tendance pour l’année 2011, la compagnie a affirmé que le budget 2011 a été construit sur la base d’un retour à l’équilibre grâce à une action volontariste de RAM de créer une croissance de 13% en trafic et 8% en chiffres d’affaires. L’hypothèse relative au prix du baril de pétrole retenue dans le cadre du budget 2011 est de 85 USD/baril. Aujourd’hui, l’on constate que la Compagnie devra faire face à une nouvelle crise : - Le prix du baril du pétrole avoisine les 115 USD/baril : l’impact de cette hausse de carburant serait de 900 millions de dhs qui viendraient alourdir les dépenses prévisionnelles de la compagnie toutes choses restant égales par ailleurs, - Le tassement de la demande compte tenu des dernières évolutions géopolitiques que connaît la Région. 6 Pour ce qui est de la question de l’endettement de Royal Air Maroc, la compagnie a expliqué qu’au cours des 15 dernières années, elle a investi plus de 20 milliards de dhs pour l’achat d’avions et faire face aux besoins d’équipements au sol. Au cours de cette période, le montant global consenti par l’Etat en augmentation de capital a été de 400 millions de dhs : ce qui représente 2% des montants investis. Ces 2% sont à comparer à la part généralement prévue par les actionnaires dans différents secteurs pour accompagner les plans de développement de leurs entreprises et qui se situe autour de 25% du montant des investissements. 7 Au sujet du contrat programme portant sur la création de RAM Express, et qui a été signé avec l’Etat le 04 mars 2010 pour le développement du transport aérien domestique pour la période 2009-2013. Royal Air Maroc a rappelé que les objectifs visés à travers ce Contrat Programme sont : - L’aménagement et le désenclavement du territoire national; - Le renforcement de l’attractivité des villes marocaines à travers notamment le développement de lignes aériennes ; - Le développement des échanges économiques entre les régions ; - L’accompagnement du développement du tourisme interne. Le montant de l’’investissement global pour disposer d’une flotte d’avions régionaux moderne et performante, adaptée au marché domestique marocain est estimé à 1,2 milliards de dhs. Le Gouvernement a accompagné cet investissement par une augmentation du capital de RAM de 300 millions de dhs en trois tranches entre 2010 à 2012. La participation de l’actionnaire principal au développement du transport aérien domestique par la création d’un outil dédié a été de 25% du montant global investi. 8 Evoquant la gouvernance de Royal Air Maroc, la compagnie a précisé que son conseil d’administration de RAM est formé de 10 membres dont 8 fonctionnaires de l’Etat dont : 3 Secrétaires Généraux au sein des Ministères, 1 Conseiller du 1er Ministre (ancien Président du bureau de la commission des finances parlementaire). L’Etat est donc fortement représenté au sein du Conseil d’Administration de RAM en nombre et en qualité. A noter qu’au cours des 5 dernières années, 28 Conseils d’Administration ont été tenus, soit une moyenne de 6 réunions de Conseil d’Administration par an. 9 Sur ses perspectives d’avenir, Royal Air Maroc a rappelé que son conseil d’administration qui s’est tenu le 2 Mars 2010 avait retenu l’option d’une relance stratégique alignée avec les priorités du royaume. Dans le cadre de cette option, Royal Air Maroc se donne comme objectif de devenir, dans les dix années à venir, la première compagnie africaine de transport aérien jouant un rôle majeur et dynamique dans le développement de l’économie nationale et contribuant au rayonnement du Royaume du Maroc à l’international. A cet effet, la compagnie a mis en place un plan de développement s’articulant autour des axes stratégiques suivants : - La poursuite du renforcement du réseau autour du Hub Casablanca, - Le maintien et le renforcement du réseau « point à point » pour accompagner la vision touristique nationale, - Le maintien du programme de développement du réseau domestique, - La mise en place d’un réseau spécifique et optimisé dans le domaine du Fret, - La recherche de partenariats de haut niveau pour les activités du Groupe filialisées dans les domaines de l’aéronautique et des services liées au transport aérien (handling, catering, Qualification des pilotes et Vente à distance…). Finalement, Driss Benhima s’est dit, à l’issue de cette rencontre, satisfait du déroulement de ces séances avec les parlementaires, tout en insistant sur l’importance de leur soutien pour la réalisation des choix stratégiques de la compagnie nationale, notamment l’ambition de se positionner en tant que 1ère compagnie aérienne en Afrique. Le plan de développement et de croissance de la compagnie, prévu pour les prochaines années, requiert en effet un apport de l’Etat pour le financement des investissements, dans le cadre d’un contrat programme, à l’instar des autres grands projets et chantiers du Royaume. Les députés ont également été appelé à développer une réflexion commune sur l’impact de l’environnement fiscal sur l’activité du transporteur national et à veiller à l’alignement du traitement des impôts pour la compagnie nationale sur les standards internationaux ainsi que sur les avantages fiscaux accordés à la marine marchande pour le personnel naviguant (impôt sur le revenu). ________________________Dans la même rubrique_________________________
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