Bref, revenons à ce qui importe. De quoi a peur Alger qui consacre l'essentiel de ses rentrées en devises tirées de la flambée des cours mondiaux du gaz et du pétrole à entretenir l'industrie militaire russe en lui achetant récemment pour 7 milliards de dollars des armes de tout genre ? C'est vrai que le Maroc s'arme également.
C'est son droit. Et comme chacun en conviendrait, un pays faible se fait toujours envahir. C'est une loi non écrite. La frontière Est a été toujours été une source de danger pour le Maroc. Quand ce ne sont pas les tempêtes de sable et les criquets pèlerins qui l'attaquent de ce côté-là, ce sont des essaims de polisariens aux yeux révulsés par les longues nuits d'endoctrinement à la Havane ou à Tindouf. Au XVIe c'étaient des hordes d'ottomans enturbannés qui essayaient sans jamais parvenir heureusement à franchir la frontière.
Mais depuis ces derniers temps le danger peut aussi venir de l'Ouest ou du Nord-Est. Les côté Ests et Sud-Est étant sécurisés par un long mur truffé de radars sophistiqués et par des armées de terre et de l'air aguerries, bien équipées et vigilantes, le risque de voir un jour des agressions venir par la côte atlantique ou est-méditerranéenne est bien réel*. Le Maroc comme chaque sait possède plus de 3 500 km de cotés poissonneuses mais aussi munies de ports vitaux et d'envergure sans oublier les grands complexes industriels comme celui en cours d'agrandissement à Jorf Lasfar, site situé El Jadida et Safi.
L'attaque-suicide contre le destroyer USS Cole qui a fait 17 morts le 12 octobre 2000 à Aden (Yémen) est encore dans les esprits. Imaginons des zodiaques bourrés d'explosifs qui partent furtivement de l'est d'Oujda pour détruire des bateaux commerciaux ou militaires en rade du futur port Tanger Med ; imaginons encore des barques suicides partent de la bande No Men's Land coincée entre la voire ferroviaire mauritanienne et la frontière marocaine pour exploser contre des cibles maritimes marocaines…
Bref, il est temps pour les vaillantes Forces armées royales de s'équiper en matériels modernes à même de prévenir ce type de danger.
En effet, selon des sources autorisées, la Marine royale a lancé une ambitieuse opération de modernisation d'une partie de sa flotte composée de plusieurs bâtiments de guerre. Le programme concerne dans un premier temps l'équipement en missiles air-mer et mer-mer de type Mica et Exocet** (versions navales très récentes) d'une dizaine de frégates et patrouilleurs. Ces missiles de haute technologie et de précision, fabriqués par le consortium européen MBDA (Italie, France, Allemagne et Grande-Bretagne) qui fait partie du conglomérat EADS, seront placés sur huit patrouilleurs de haute mer de type Osprey 55 ; deux patrouilleurs de haute mer de type B 200 et deux patrouilleurs de haute mer de type PR 72. Ainsi que sur d'autres unités telles les frégates Hassan II et Lieutenant-colonel Arrahmani ou le bâtiment de débarquement des chars Sidi Mohammed Ben Abdallah.
La meilleure façon de dissuader d'éventuels téméraires polisariens ou terroristes, l'un n'excluant pas l'autre, ça s'entend, de passer à l'acte.
Rappelons que la junte militaire qui squatte le pouvoir à Alger rêve toujours d'avoir un jour accès à l'Atlantique.
(*) Une version aérienne de l'exocet équipe notamment certains hélicoptères de combat ASM Panther de la Marine et de la Gendarmerie royale royales. Ainsi que des chasseurs Mirage des Forces Royales Air.
(**) Bien sûr, les missions humanitaires et de sauvetage en mer dans le cadre de la coopération bilatérale ou avec l'OTAN sont aussi l'une de raisons objectives de ce programme d'armemment des FAR.