|
|
|||||||
Crash boursier, stock-options: la direction d'EADS dans la tempêteAFP le 16 Juin 2006
PARIS - Au lendemain du crash boursier d'EADS, dû à sa filiale Airbus, le groupe européen reconnaît traverser une "crise majeure" qui met sur la sellette ses dirigeants à commencer par Noël Forgeard, également critiqués pour avoir vendu des actions trois mois avant la tempête.
A proximité
Noël Forgeard, ex-président d'Airbus
Ce dernier a expliqué vendredi sur Europe 1 avoir été prévenu "courant avril" des retards dans la fabrication de l'avion A 380 et il a estimé qu'"à l'évidence" les systèmes de contrôle et d'alerte n'avaient pas bien fonctionné. Le co-président d'EADS a également expliqué avoir passé lui même les ordres de vente d'actions EADS à la Bourse pour le compte de ses trois enfants en mars dernier, pour leur "donner la plus-value", et dit être seul responsable de cette décision.
Jeudi, à la Bourse de Paris, l'action a clôturé en hausse de 6,78% à 20 euros, sans effacer la perte abyssale de la veille: 5,5 milliards d'euros de capitalisation partis en fumée. L'annonce mardi d'un nouveau retard de livraison de son avion géant A380, pour des "raisons industrielles", avait fait s'effondrer de 26% mercredi le cours d'EADS, dont la stratégie et la crédibilité ont été sévèrement remises en cause. "Nous faisons face à une crise majeure", et "nous allons répondre tant sur le plan industriel qu'humain", a déclaré au Monde Arnaud Lagardère, co-président du conseil d'administration, dont le groupe possède 7,5% du capital d'EADS. L'avertissement est lancé en direction des dirigeants gravitant autour d'Airbus. De l'aveu de M. Lagardère, "il n'est pas question de faire payer un lampiste". Premier montré du doigt: le président de l'avionneur, Gustav Humbert, soupçonné de n'avoir pas informé à temps l'état-major d'EADS. "En mai, nous avons posé la question au patron d'Airbus (...) Sa réponse a été: nous n'avons aucune information nous permettant de conclure qu'il y aura un décalage de livraisons. La question est de savoir si le patron d'Airbus était au courant de la situation en interne", s'est interrogé M. Lagardère. Mais c'est surtout Noël Forgeard, ex-président d'Airbus, qui semble fragilisé. Numéro un du constructeur aéronautique de 1998 à 2005, le co-président exécutif d'EADS aura du mal à convaincre de sa pleine absence de responsabilité dans la crise industrielle que traverse le programme A380, alors qu'il en revendique la paternité. Conscient d'être ainsi exposé, M. Forgeard a préfèré charger son successeur, l'allemand Gustav Humbert : "lorsque j'étais chez Airbus nous n'avons jamais raté nos prévisions", a-t-il lancé mercredi. Le premier retard de l'A380 avait toutefois été identifié en avril 2005, soit deux mois avant l'intronisation de M. Forgeard à EADS. Son avenir à la tête du groupe est en question, a reconnu jeudi M. Lagardère. "C'est une discussion que j'aurai avec Manfred Bischoff", son homologue allemand au conseil d'administration, a-t-il déclaré dans le Monde, ajoutant toutefois qu'il n'avait "pas pour habitude de ne pas être solidaire de (ses) équipes". La nomination de M. Forgeard pour représenter les intérêts français à la tête d'EADS avait fait l'objet de longues négociations entre Lagardère et l'Etat au terme desquelles l'industriel s'était rangé à la préférence de l'Elysée. Nöel Forgeard doit en outre faire face à une controverse portant sur la vente massive d'actions qu'il a réalisée quelques semaines avant le désengagement partiel du capital des deux actionnaires Lagardère et DaimlerChrysler, et la débâcle de l'action du groupe mercredi. Le co-président d'EADS, ses trois enfants et plusieurs dirigeants français et allemand du groupe ont ainsi réalisé en mars plusieurs millions de plus-values après avoir levé des stock-options. EADS a réaffirmé jeudi que ces opérations n'étaient entachées d'aucune irrégularité. Pour la présidente de l'Association de défense des actionnaires minoritaires (Adam) française, Colette Neuville, "cela n'a pas l'air de pouvoir être une coïncidence". Le PS dénonce "les petits arrangements entre amis, manipulations et recherche du profit à tout prix à l'origine de cette situation inadmissible et dangereuse", et considérant que l'État détient 15% d'EADS appelle le gouvernement à "assumer son rôle d'actionnaire (...) en faisant toute la lumière sur ces pratiques". Le député UMP souverainiste Jacques Myard a également demandé l'ouverture d'une enquête. Contactée par l'AFP, l'AMF s'est refusée à dire si une enquête était en cours. ________________________Dans la même rubrique_________________________
|
PARTICIPER
|
Conférence
1931955
|
|||||






















Digg
Reddit
Y!
Technorati
Wikio
Facebook
MySpace
Twitter
LinkedIn
Les espagnols devraient venir travailler au Maroc, selon Benkirane
