Daniel MURGUI-TOMAS à Emarrakech : Mettre à l’aise, est le seul moyen d’instaurer une véritable relation de communication


Propos recueillis par Sahar ABDELLI le 12 Mai 2005


eMarrakech - Ex présentateur TV reconverti dans le médiatraining après avoir rempli la mission d’intervenant pour plusieurs écoles et agences de communication, Daniel MURGUI-TOMAS anime des training pour dirigeants d’entreprise, et collabore dans l’audiovisuel. Entretien avec Daniel MURGUI-TOMAS, journaliste Coach Média, français.


Daniel MURGUI-TOMAS
Daniel MURGUI-TOMAS
Q/ Pourriez-vous nous expliciter l’expérience de DMT CONSEILS, ainsi que les spécificités de la TV pour l’entreprise ?

En 1990, comme je n’arrivais pas à vivre exclusivement de mes piges en télévision, j’ai eu l’idée de créer ma propre structure de formation et de conseils dans le domaine des médias. Mon objectif était simple : faire comprendre aux entreprises que la presse n’est pas forcément un ennemi, mais peut se révéler un partenaire.
Dans le même temps, j’ai commencé à animer plusieurs magazines TV internes pour La Poste, la CGE, France Télécom… Il y a très peu de différence entre cette télévision d’entreprise et l’autre télévision la vraie ! D’ailleurs, il m’est souvent arrivé d’enregistrer des magazines internes sur le plateau de Saga . En fait la télévision d’entreprise demande de bien cibler son public et de ne se permettre aucun amateurisme. Habitués à des productions de qualité lorsqu’ils regardent la télévision, les salariés d’une société s’attendent à retrouver la même réalisation professionnelle pour leurs programmes en interne.

Q/ Y a-t- il un déficit en terme de formation médiatique, justifiant le lancement de votre site ?

Je ne parlerai pas de déficit. J’ai lancé mon site pour qu’il soit un trait d’union avec mes stagiaires. Une sorte de SAV (service après vente) permanent. Chacun peut y trouver conseils pratiques, références bibliographiques, témoignages de professionnels. C’est aussi l’opportunité de faire partager mon regard d’observateur privilégié des médias. Enfin, cela me donne l’occasion de témoigner sur ma pratique au quotidien du média training.

Q/ Vous avez fait vos études en psychologie de l’enfant, quelle relation avez-vous trouvé entre le monde de la psychologie et le monde média ?

Ce serait facile de dire que grands patrons et journalistes sont souvent aussi capricieux que des enfants… Et pourtant. Plus sérieusement, mes études en psychologie génétique m’ont initié à la communication non- verbale. À l’importance du geste, mais également de l’intonation et du regard dans tout entretien. Je travaille cela tous les jours dans mes coachings. D’ailleurs, je pense que ma double culture en sciences humaines et médias est un atout pour faire du média training. Dans les médias, il faut une vraie écoute pour entendre et comprendre. Reste que plus les années passent et plus je suis marqué par la part d’enfance que certains dirigeants ont su préserver en eux.

Q/ Nous venons de commémorer le 03 mai, la journée mondiale de la liberté de la presse, quel bilan dressez-vous dans ce sens ?

Vous savez, je vivais à Montpellier il y a 20 ans, au moment où Robert Ménard, alors journaliste à Radio France Hérault, a eu l’idée de créer Reporters sans Frontière. Jeune reporter, j’ai interviewé Joëlle Kaufman à l’époque où elle se battait pour la libération de son mari Jean-Paul, retenu en otage au Liban. J’ai aussi croisé au CFPJ Jean-Louis Normandin, quelques temps après sa libération à Beyrouth. Tout ça pour vous dire que je fais partie d’une génération de journalistes qui a pris conscience que la liberté de la presse est un combat de tous les jours. Y compris dans nos médias où des contraintes financières réduisent le métier à un simple travail de réécriture. Et je ne vous parle pas de la télévision, où la liberté de la presse c’est aussi au quotidien, devoir se battre pour une information indépendante de toute influence politique ou économique…

Q/ Quelles sont selon vous les règles d’or d’un bon journaliste ?

Bien sûr porter en permanence un regard curieux sur le monde. Être également à l’écoute des autres et savoir les mettre à l’aise. Mais peut-être sur ces deux derniers points, est-ce le coach média qui vous répond plus que le journaliste. L’écoute car elle permet d’entendre les véritables préoccupations de nos concitoyens. Elle nous incite alors à aller chercher l’info qui va les intéresser. Lorsque nous nous rendons en reportage ou en interview il faut savoir tout entendre. Même les non-dits… Mettre à l’aise, car c’est le seul moyen d’établir la confiance, d’instaurer une véritable relation de communication et de partage. Ainsi seulement, un journaliste pourra obtenir une information qu’un collègue trop pressé ou trop centré sur lui n’aura pas pu recueillir.

Q/ Que répondez-vous à ceux qui pensent que la réussite d’un journaliste est tributaire de l’expérience sur le terrain et non pas de la formation ?

Je leur réponds qu’ils ont presque raison. La formation permet de gagner du temps sur l’acquisition des techniques. De bons professeurs vous donnent des repères et vous font bénéficier également de leur expérience. Le terrain apporte le concret, la confrontation avec la réalité. La confirmation aussi que vous êtes vraiment fait ou pas pour ce métier. Mais je dois l’avouer, c’est interviewer en direct qui m’a apporté mes plus belles leçons.

Q/ Les prochains chantiers du cabinet DMT conseils ?

Le maillage, encore le maillage. Travailler en solo a des limites. Nouer des partenariats avec d’autres professionnels vous rend plus fort. Je travaille en réseau avec Patricia Charnelet, journaliste qui présenta le 13 h sur France 2 et Nelly Garnier coach pour managers, consultante entre autre pour le groupe Active Publicité. Ensemble nous pouvons répondre à des demandes à fort enjeu commercial et pédagogique. Bien entendu, nous gardons chacun nos activités respectives de conseils en indépendant. Mais il n’est pas impossible qu’un jour le cabinet DMT Conseils, rejoigne un groupe de communication plus important…

Q/ Votre dernier conseil à l’équipe de rédaction Emarrakech ?

Surtout continuez ! Un média original qui tient la route se doit d’être encouragé. D’autant plus que vous êtes à votre manière des pionniers du e-journalisme. Emarrakech est une belle démonstration, que peut donner la rencontre de la passion et du professionnalisme. Si j’avais un conseil, ce serait de vous faire connaître auprès des écoles de journalistes françaises. Si j’avais 20 ans de moins, c’est chez vous que j’aimerais faire mon stage pratique. D’autant que séjourner à Marrakech est loin d’être désagréable… Mais au delà, plus vous ferez la promotion d’Emarrakech, plus vous nous montrerez un Maroc dynamique et moderne, tourné vers le monde de demain.

http://www.dmt-conseils.com/


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