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De Mohannad à Mourad, le succès du téléfeuilleton turc continueMAP le 5 Mars 2009
A peine relevé de la tumultueuse histoire d'amour du désormais célébrissime couple Noor et Mohannad du téléfeuilleton turc "Noor" (Gumus, dans sa version originale), le public arabe est à nouveau replongé dans les attrayants décors d'Istanbul en pénétrant, cette fois, dans les profondeurs de la mafia stambouliote relatées à travers les épisodes de " Wadi Addiyab".
Diffusé quotidiennement sur la chaîne émiratie +Abu Dhabi+, le feuilleton "Kurtlar Vadisi" (Wadi Addiyab/Vallée des loups), doublé en dialecte syrien comme toutes les autres fictions turques destinées au Monde arabe, connaît un succès inégalé et commence à enregistrer un record d'audience auprès d'un public arabe déjà acquis aux productions turques.
Cette fois-ci le registre est d'un autre genre. Loin de la saga sentimentale, mettant en scène les milieux pauvres mais fiers de "Noor", et celui riche et macho de Mohannad, les évènements de "Wadi Addiyab" plongent le téléspectateur dans les obscurités mafieuses de "l'Etat profond" omniprésent, selon les faits relatés par le feuilleton, dans tout ce qui s'entreprend à Istanbul. C'est un peu l'histoire d'un " flic dans la mafia". Encadré par un service de renseignement, "Mourad" (Necati Sasmaz), un super agent qui a infiltré les rouages de la pègre stambouliote à cols blancs, réussit à se faire une place parmi le directoire des "grandes familles" gérant les affaires dans la mégapole. A priori, les faits paraissent un peu exagérés, les touches imaginatives de la fiction exigent, mais les réalités amères de la drogue, de la prostitution et du grand banditisme, apanage des mégapoles, donnent aux évènements du feuilleton un "air de vrai" qui accentue encore plus l'attractivité de la série. Loin d'être un cas unique, "Wadi Addiyab" fait partie d'une dizaine de feuilletons et séries turques suivies actuellement par le public arabe. "Elveda Derken" (tout en disant adieu), "Yersiz Yurtsuz" (sans domicile et sans patrie), " Yabanci Damat " (Fils d'étranger), "Kirik Kanatlar" (les ailes brisées), et "Kaybolan Yillar" (les années perdues), sont autant d'autres fictions turques qui font grimper l'audimat dans plusieurs chaînes arabes. Ces feuilletons qui font partie d'une batterie de séries produites par la télévision publique turque (TRT), consacrent la conquête de l'espace audiovisuel arabe par une comédie turque qui a réussi à détourner le public arabe des traditionnels feuilletons mexicains et brésiliens, voire même à supplanter en audimat les séries égyptiennes et syriennes. Outre la dimension culturelle de cette "conquête", les feuilletons turcs sont devenus une "industrie" florissante qui a rapporté, selon les médias locaux, plus de 3 millions de dollars de revenus, en une seule année, pour la TRT. Tournés tous dans le cadre idyllique d'Istanbul et mettant en valeur les splendeurs de la mégapole et du détroit du Bosphore séparant les rives asiatique et européenne de la cité, les feuilletons turcs jouent également un rô le promotionnel pour le tourisme en Turquie. La dimension touristique de ces séries, est nettement reflétée par les nombres, de plus en plus croissants, de touristes arabes affluant sur Istanbul. Pour le quotidien "Today's Zaman", si la mégapole turque a été choisie en 2008 comme destination de vacances par près de 2 millions d'arabes, c'est entre autres grâce aux feuilletons turcs, et en particulier "Noor". Avec "Wadi Addiyab" qui enregistre un record d'audience auprès du public arabe, la tendance est prometteuse et Istanbul pourrait s'attendre, en ces temps de crise, à davantage d'arrivées d'Arabes assoiffés des lieux tant enviés sur le petit écran. ________________________Dans la même rubrique_________________________
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