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Des ONG dénoncent le procès "non équitable" d'un militantAFP le 2 Juillet 2009
Rabat - Quatre ONG marocaines ont appelé jeudi à un procès équitable en appel pour le président de l'Association Rif des droits de l'Homme, Chakib Khayari, condamné le 24 juin à trois ans de prison pour, notamment, outrages aux autorités.
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Chakib Khayari avait, entre autres, affirmé que certaines des personnes impliquées dans un réseau de trafiquants de drogue présumés -démantelé à Nador (nord) au début de cette année- avaient pu "accéder à des postes importants au sein d'institutions de l'Etat".
Plus de 100 personnes avaient été arrêtées et déférées devant le parquet de Casablanca dans le cadre de cette affaire. "Lors du procès de Khayari, la cour n'a pas tenu compte de la demande de la défense de convoquer des témoins cités dans les procès-verbaux de la police et de vérifier les accusations formulées par le parquet. Nous pensons que ce jugement est exagéré ainsi que l'amende que devra payer Khayari", a déclaré à l'AFP Mustapha Chafai, coordinateur de l'Observatoire marocain des libertés publiques. Pour l'avocat de Chakib Khayari, Tarek Sbai, qui est aussi président de l'instance de défense des biens publics dont Khayari est un membre actif, "le procès n'a pas garanti à l'accusé un jugement équitable. Le droit de la défense a été bafoué. Le juge a rejeté tous les vices de forme (...). C'est un message que la justice veut envoyer à tous ceux qui veulent dénoncer la corruption", a ajouté Me Sbai. Pour sa part, l'Organisation marocaine des droits de l'Homme (OMDH) a dénoncé dans un communiqué le "caractère politique" du procès et "l'absence de garantie d'un jugement équitable". "Nous demandons la libération immédiate de Chakib Khayari", a déclaré à l'AFP Amina Bouayache, présidente de l'OMDH. "Lors de son procès, le parquet a douté du patriotisme de Khayari. Nous estimons que la justice au Maroc n'arrive pas à s'inscrire dans le processus de démocratisation", a estimé Mme Bouayache. D'autre part, l'Association Adala (Justice, en arabe) a relevé l'absence de traduction de documents du français et de l'espagnol vers l'arabe lors du procès. L'ONG estime dans un communiqué que la sentence prononcée contre Chakib Khayari "est une atteinte grave à la liberté d'expression au Maroc et une tentative de museler ceux qui dénoncent la dilapidation des deniers publics". Chakib Khayari a été également condamné par le tribunal de première instance de Casablanca à verser aux douanes marocaines plus de 753.000 dirhams (68.000 euros). Il était poursuivi pour "outrage aux autorités publiques, atteinte à corps constitués, infraction au code des changes et dépô t de fonds dans une banque étrangère sans l'autorisation" de l'Office des changes. Son arrestation, le 17 février à Casablanca, avait été annoncée par l'organisation américaine de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch (HRW) et avait soulevé l'indignation des ONG marocaines. Parmi les prévenus, figurent de nombreux membres des services de sécurité. Ils sont accusés d'avoir exporté (ou aidé à exporter) plus de 30 tonnes de résine de cannabis vers la Belgique et les Pays-Bas via l'Espagne, avec la complicité présumée de gendarmes et d'éléments de la marine royale. ________________________Dans la même rubrique_________________________
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