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Duel acharné entre socialistes et islamistes dans une banlieue de RabatAFP le 4 Septembre 2007
TEMARA - Une bataille sans pitié oppose dans une banlieue résidentielle de Rabat les islamistes, qui détiennent la municipalité, et un ministre membre de l'ancien parti communiste pour les trois sièges à pourvoir lors des législatives du 7 septembre.
Campagne électorale à Casablanca / AFP
"Ici la lutte est acharnée", assure Rkiya Hamadi, 45 ans, une enseignante de Temara, à 15 km au sud de la capitale marocaine.
La préfecture de Skirat-Temara compte 400.000 habitants, dont 77% habitent en zone urbaine. Elle est un concentré du Maroc avec ses villas en bord de mer jouxtant les quartiers pauvres et deux grands bidonvilles. Outre les cultures maraîchères et fruitières et l'industrie textile, la ville connaît un boom immobilier et en dix ans la population a crû de 150.000 habitants. Les islamistes modérés du Parti de la Justice et du Développement (PJD) ont conquis la mairie en 2003, mais sont concurrencés par les radicaux d'Adl Wal Ihssan (Justice et Bienfaisance) de cheikh Abdessalam Yassine, une association tolérée mais bien implantée, qui boycotte les élections. "La campagne électorale des socialistes donne de l'espoir à la ville", assure Omar Baladi, 57 ans, restaurateur dans la partie chic de Temara. "Le programme économique des islamistes est ambitieux mais ne me convainc pas", ajoute-t-il. Samedi, le candidat du Parti du progrès et du socialisme (PPS) Nabil Benabdellah, ministre de la Communication, a pris le contre-pied de ses adversaires du PJD en organisant un concert sur le thème de la "modernité, le progrès et la démocratie". "En réunissant devant deux mille spectateurs, une dizaine de musiciens, comédiens et chanteurs célèbres, les socialistes ont voulu dire aux islamistes que les jeunes aspirent à vivre dans la modernité", estime Lahcen Tardis, 57 ans, le plus grand garagiste de Temara. Par ce spectacle, avance à l'AFP le ministre, le monde des arts a apporté son soutien à un "projet de société (...) dans une circonscription victime de la corruption et de l'obscurantisme". Réponse du berger à la bergère: "Benabdellah a beaucoup investi d'argent dans ce spectacle mais on peut se demander si ce genre de manifestation favorisera l'emploi des jeunes dans la région", soutient Abdelali Houari, un responsable local du PJD. Il accuse le ministre de la Communication de chasser dans le fief de son parti. "Il tente même de recruter nos militants dans les mosquées en leur offrant des cadeaux", argue-t-il sans toutefois apporter de preuve à son accusation. Le député sortant du PJD et le socialiste de l'USFP n'ont pas été reconduits par leur parti et seul le parlementaire du Mouvement Populaire (parti rural berbériste) brigue à nouveau le suffrage. Vendredi 187.200 électeurs départageront les 23 listes. "Notre bilan est positif: le budget de la municipalité à triplé pour atteindre 70 millions de dirhams (6,3 millions d'euros), nous avons amélioré les routes et l'électricité et avons participé à l'éradication des bidonvilles", assure à l'AFP, Abdelaziz Laied, un ingénieur mécanicien, un des trois candidats de la liste du PJD. "Archi-faux, rétorque un médecin Ali Boudlali, les grandes réalisations depuis 2003 ont été accomplis par l'ancien préfet Mohamed Mhaydia qui a obtenu des fonds du ministère de l'Intérieur". Quant à M. Benabdellah, il promet de faire "tout pour que cette circonscription profite des reformes initiées au niveau national car elle en a fortement besoin". ________________________Dans la même rubrique_________________________
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