Elle se fait à travers les chaînes publiques audiovisuelles, l'affichage et le porte-à-porte. Les journaux et les sites Internet de partis battent campagne et vantent les mérites de tel ou tel programme ou candidat.
Fait nouveau, le marketing prend le dessus sur le débat et l'affrontement des idées quant aux grands dossiers qui préoccupent les citoyens. Les partis politiques, toutes tendances confondues, et les SEP font exposer leurs thèses et programmes en recourant aux professionnels de communication qui leur offrent conseils et leur fournissent banderoles, prospectus, affiches, dépliants et mailing. Le tract, imprimé sur papier terne et distribué par les militants, vantant les mérites des candidats et programmes, semble avoir fait son temps. Les formations partisanes recourent de plus en plus aux prospectus en couleur et papier pelliculé qui rappellent les supports, réservés jusque-là à la publicité commerciale.
Les 33 partis politiques en lice (contre 26 partis en 2002), se répartissent en trois grandes tendances: les partis de la coalition gouvernementale sortante (gauche et centre-droit), les formations islamistes dont le PJD (opposition parlementaire), et trois formations de la gauche non gouvernementale regroupées en "alliance". Leurs candidats ont deux semaines pour convaincre les 15.510.505 électeurs, dont 48% de femmes et tenter de gagner leur vote pour emporter les 325 sièges de la Chambre, dont 295 sièges au niveau des listes locales dans 95 circonscriptions que compte le territoire national, alors que 30 autres sièges sont réservés aux listes nationales des femmes.
Vingt-six listes nationales réservées aux femmes et 1.870 listes locales ont été déposées pour ce scrutin, soit une hausse de 5,53% par rapport aux législatives de 2002. 13 membres de l'actuel gouvernement, plusieurs responsables de partis politiques et 13 membres du Conseil Royal consultatif pour les affaires sahariennes (CORCAS), participent à ces élections.
Le nombre des bureaux de vote s'élève à 38.687, répartis entre 3.659 bureaux centraux, soit 1.139 bureaux supplémentaires par rapport aux élections législatives de 2002. Pour ce qui est des bureaux centraux, 1.529 bureaux supplémentaires ont été créés en vue d'alléger le fardeau qui pèse sur ces bureaux, le but étant d'accélérer l'opération de proclamation des résultats.
Ces derniers, définitifs, ne devront être connus que dimanche 9 septembre, deux jours après le scrutin. C'est ce qu'a affirmé le ministre de l'Intérieur, Chakib Benmoussa, lors d'un point de presse organisé à Rabat.
Pour réussir cette échéance tant attendue, le ministre a indiqué que toutes les dispositions relatives à la préparation matérielle des élections ont été prises à tous les niveaux. De même, tous les moyens nécessaires au scrutin ont été mis à la disposition des différentes préfectures et provinces du Royaume. C. Benmoussa a également appelé les candidats, les partis politiques et tous les membres de
l'administration au strict respect des dispositions de la loi, afin de servir au mieux les électeurs et de contribuer à la consolidation de la démocratie au Maroc.
Il a indiqué qu'aucune entrave ou entorse à la loi ne sera tolérée, ni de la part des candidats, ni de celle des membres de l'administration, exhortant toutes les parties concernées à faire en sorte que la campagne électorale se déroule dans les meilleures conditions, conformément aux vœux de S.M. le Roi Mohammed VI. Côté observation, un collectif associatif de 3000 observateurs aura à suivre et évaluer le déroulement du scrutin.
En plus, l'Institut national démocratique pour les affaires internationales (NDI) est, pour la première fois dans les annales des élections législatives au Maroc, mandaté par le Conseil consultatif des droits de l'homme (CCDH) pour organiser une mission internationale d'observation. Reste la question du taux de participation. La campagne de sensibilisation lancée dans les médias est censée le conforter comme le sont les appels lancés par tous les partis politiques qui prennent part à cette consultation cruciale pour le devenir de la démocratie au Maroc.
Les listes locales
Le nombre des partis politiques ayant présenté des listes locales dans plus de 50% des circonscriptions au niveau national a atteint 18, soit plus de la moitié des formations politiques engagées dans ces élections.
Ainsi, le Parti de l'Istiqlal (PI) et l'Union socialiste des forces populaires (USFP) ont présenté 95 listes chacun, le Parti de la justice et du développement (PJD) et le Front des forces démocratiques (FFD) 94 listes chacun, le Parti du progrès et du socialisme (PPS) participe avec 92 listes, le Rassemblement national des indépendants (RNI) avec 91 listes, le Mouvement populaire (MP) avec 90 listes, l'Union constitutionnelle avec 80 listes, le Parti travailliste et le Mouvement démocratique et social avec 69 listes chacun, le Parti socialiste (68), le Parti de l'environnement et du développement (63), le Parti de la renaissance et de la vertu (59), l'Initiative pour la citoyenneté et le développement (56), l'Union marocaine pour la démocratie (56 listes), le Parti du centre social (54 listes), le Parti du renouveau et de l'équité (53) et le Parti de la réforme et du développement (51).
Le taux de couverture des autres partis politiques varie entre 9 et 47 circonscriptions.
De même, la coalition entre le Parti de l'avant-garde démocratique socialiste, le Congrès national ittihadi et le Parti socialiste unifié a présenté 73 listes contre 72 pour la coalition PND-Al Ahd.
Les sans appartenance politique ont déposé 13 listes, contre 4 lors des élections de 2002.