Ensuite on évoqua l’hommage célèbre qui lui a été rendu il ya quelques années par l’Institut du monde Arabe, dans le cadre des jeudis de l’IMA. Un événement qui avait réuni historiens, ethnologues, écrivains, linguistes, journalistes et responsables d’associations de défense des Droits de l’Homme.
Tzvetan Todorov, l’un des intellectuels majeurs d’aujourd’hui, a été le Maître d’œuvre de cette soirée émouvante et intense. Je me souviens de ce jeudi, empreint de tension et d’appréhension. La dame est âgée et il fallait prendre soin d’elle du début jusqu’à lafin de la soirée. Je suis allé la chercher à son domicile à St Mandé ((Val-de-Marne). En arrivant, j’ai été accuielli par une femme au mouvement agile, au regard pétillant. La flamme de la résistance n’a pas quitté les yeux de cette femme qui a mis son intelligence au service de son action pour combattre le mal sous toutes ses formes. Todorov résume le parcours de Germaine Tillion en écrivant dans l’ouvrage « Germaine Tillion. Combats de guerre et de paix »: « ce qui met à part le personnage de Germaine Tillion, c’est d’abord qu’elle a su mener dans un même mouvement action et réflexion, que nous avons affaire avec elle à la fois à une pensée et à un destin. Sa vie cmmence comme celle d’un savant, plus exactement d’une ethnologue, mais elle sera vite réorientée par la marche du monde : l’effondrement d la France en 1940, au début de la Deuxième guerre mondiale, précipite Germaine Tillion dans l’action publique-qu’elle n’a plus quitté depuis… ».
Née en 1907, après des études d’archéologie, elle s’engage dans une carrière d’ethnologue sous la direction de Marcel Mauss, l’un des grands Maîtres de la discipline. Ces études l’entraînent dans l’Aurès algérien. Après sa déportation à Ravensbrück, elle enquête sur les crimes hitlériens et staliniens puis repart pour l’Algérie dans les années 50. A partir de 1962, elle est nommée dirctrice d’études à l’E.H.E.S.S. ; accomplit plusieurs missions scientifiques à travers le monde et publie nombre d’ouvrages fondamentaux. Son œuvre compte de nombreux travaux sur les questions de la violence, du mal, de l’altérité. Elle fut l’une des toutes prmières à avoir analysé et dénoncé le système colonialiste français et ses perversités nocives, oeuvrant inlassablement pour l’émancipation des peuples du Maghreb et d’Afrique.