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HORS CHAMPS
Rédigé par Anne Campagna le Lundi 9 Mai 2011 à 05:38 | 0 commentaire(s)
Lorsque la marginalisation mène à la perte de focus et a la perte de repères identitaires
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Hors champs de l'écrivaine française lauréate du prix Goncourt pour les lycéens et du prix fémina, est un roman dont on ne sort pas indemne. Troublant, bouleversant, déchirant, angoissant, l'écrivaine Sylvie Germain plonge au coeur des méandres relationnels de notre époque post-moderne qu'elle décrit avec acuité qui fait frémir.
Sylvie Germain
(extrait de Wikipédia, l'encyclopédie libre)
Sylvie Germain est née en 1954 à Châteauroux. Au cours des années 70, elle suit des études de philosophie, auprès d'un professeur qu'elle admire, Emmanuel Lévinas. Son mémoire de maitrise porte sur la notion d’ascèse dans la mystique chrétienne, et sa thèse de doctorat concerne le visage ("Perspectives sur le visage. Trans-gression ; dé-création ; trans-figuration")Elle fait partie des présidents d'honneur du Prix Marguerite Duras.
La liste de ses romans est impressionante,mais arrêtons-nous pour le moment à Hors Focus publié chez Albin Michel en 2009. Le livre relate en une semaine la mise hors champs, ou hors focus, d'Aurélien, un homme ''ordinaire'' qui travaille dans une compagnie ou il a été embauché après une longue période de chômage, (la compagnie ou il travaillait précédemment a fait faillite) donc une entreprise commerciale qui: '' a jugé nécessaire de fonctionner 7 jours sur 7 soumettant ses employés a un emploi plus variable qu'un ciel de mars.''
C'est en commencant par la description des rapports entre employés que Sylvie Germain nous plonge dans un monde déshumanisé et obsédé par le rendement et la performance que le choc s'opère. Ce vécu, que beaucoup maintenant partagent à travers le monde, internationalisation du travail oblige, est décrit sous forme littéraire ce qui renforce d'autant plus la portée du message, l'émotion se liant à la phrase pour nous en faire comprendre toute la dureté, l'inhumanité.
Le personnage, Aurélien, (a-t-il perdu son emploi? l'écrivaine le dit pas) va peut à peu s'effacer, ''devenir hors focus'' de la réalité des gens qui l'entourent et la rapidité avec laquelle il va le faire-une semaine seulement- effraie.
Jour après jour, il deviendra le fantôme de ses collègues de travail, de sa mère, de ses amis, et même de son amoureuse.
Au delà de l'aspect fantastique du récit, Sylvie Germain plonge au coeur même du désastre des société post-industrielles qui licencient à tout va laissant derrière elles des hordes de ''Auréliens''. A travers ce personnage, l'écrivaine nous témoigne d'une réalité atroce, a savoir la dérive identitare d'un être qui perd ses points de repères et subit le rejet social. Elle enfonce le clou lors d'une rencontre entre Aurélien et un sans abri.
(tiré du roman, p.115)
''Aurélien.....ne cherche pourtant pas à décamper, ...là, devant ce tas de barbaque empaqueté de hardes méphitiques qui fut un enfant, un fils, un frère au sein d'un groupe, un ami, un aman, un mari peut-être, un pèere. Qui fut un homme et qui le reste, infimement, envers et contre tout, à bout de souffle, délabré jusqu'aux nerfs, aux os, détrempé jusqu'à l'âme.''
La puissance du texte de Sylvie Germain n'a d'égal que l'humanité de son auteur.
Sylvie Germain
(extrait de Wikipédia, l'encyclopédie libre)
Sylvie Germain est née en 1954 à Châteauroux. Au cours des années 70, elle suit des études de philosophie, auprès d'un professeur qu'elle admire, Emmanuel Lévinas. Son mémoire de maitrise porte sur la notion d’ascèse dans la mystique chrétienne, et sa thèse de doctorat concerne le visage ("Perspectives sur le visage. Trans-gression ; dé-création ; trans-figuration")Elle fait partie des présidents d'honneur du Prix Marguerite Duras.
La liste de ses romans est impressionante,mais arrêtons-nous pour le moment à Hors Focus publié chez Albin Michel en 2009. Le livre relate en une semaine la mise hors champs, ou hors focus, d'Aurélien, un homme ''ordinaire'' qui travaille dans une compagnie ou il a été embauché après une longue période de chômage, (la compagnie ou il travaillait précédemment a fait faillite) donc une entreprise commerciale qui: '' a jugé nécessaire de fonctionner 7 jours sur 7 soumettant ses employés a un emploi plus variable qu'un ciel de mars.''
C'est en commencant par la description des rapports entre employés que Sylvie Germain nous plonge dans un monde déshumanisé et obsédé par le rendement et la performance que le choc s'opère. Ce vécu, que beaucoup maintenant partagent à travers le monde, internationalisation du travail oblige, est décrit sous forme littéraire ce qui renforce d'autant plus la portée du message, l'émotion se liant à la phrase pour nous en faire comprendre toute la dureté, l'inhumanité.
Le personnage, Aurélien, (a-t-il perdu son emploi? l'écrivaine le dit pas) va peut à peu s'effacer, ''devenir hors focus'' de la réalité des gens qui l'entourent et la rapidité avec laquelle il va le faire-une semaine seulement- effraie.
Jour après jour, il deviendra le fantôme de ses collègues de travail, de sa mère, de ses amis, et même de son amoureuse.
Au delà de l'aspect fantastique du récit, Sylvie Germain plonge au coeur même du désastre des société post-industrielles qui licencient à tout va laissant derrière elles des hordes de ''Auréliens''. A travers ce personnage, l'écrivaine nous témoigne d'une réalité atroce, a savoir la dérive identitare d'un être qui perd ses points de repères et subit le rejet social. Elle enfonce le clou lors d'une rencontre entre Aurélien et un sans abri.
(tiré du roman, p.115)
''Aurélien.....ne cherche pourtant pas à décamper, ...là, devant ce tas de barbaque empaqueté de hardes méphitiques qui fut un enfant, un fils, un frère au sein d'un groupe, un ami, un aman, un mari peut-être, un pèere. Qui fut un homme et qui le reste, infimement, envers et contre tout, à bout de souffle, délabré jusqu'aux nerfs, aux os, détrempé jusqu'à l'âme.''
La puissance du texte de Sylvie Germain n'a d'égal que l'humanité de son auteur.
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