Entouré par plusieurs centaines de milliers de personnes, le chef du mouvement chiite pro-iranien s'est mêlé à la foule, mais sous très haute protection, encadré de dizaines de gardes du corps vêtus de noir. Il se cachait depuis plus d'un an par crainte d'un attentat israélien.
Sa dernière apparition en public remontait à septembre 2006, lors d'un rassemblement géant marquant la fin de la crise entre l'Etat hébreu et le Hezbollah. Depuis lors, il s'était exprimé par vidéo ou télévision, et avait effectué une brève apparition lors de l'Achoura de l'année dernière.
Fin 2007, la presse israélienne, ainsi que le quotidien saoudien Asharq al-Awsat, avaient dit croire que Cheikh Nasrallah avait été démis de la tête du Hezbollah par ses patrons iraniens, la direction de l'aile militaire du parti ayant été confiée à son numéro deux.
Le chef du Hezbollah s'en est pris aux Etats-Unis, peu après la visite de George W. Bush dans la région: "Bush veut convaincre le peuple et nos dirigeants que l'Iran est l'ennemi, une menace et un danger, et qu'Israël est un frère, un ami et un voisin. Il y a-t-il pire mensonge, pire fabrication et hypocrisie?", a-t-il lancé, appelant les gouvernements arabes à s'opposer à la "vision diabolique" du président américain pour la région. "La nation arabe toute entière est appelé à répondre au voyage de Bush en restant engagée dans le choix de la résistance", a-t-il ajouté.
Dans son discours, Hassan Nasrallah a aussi mis en garde Israël contre toute nouvelle attaque au Liban. "Si Israël déclenche une nouvelle guerre au Liban nous promettons une guerre qui changera le cours du conflit et le sort de la région toute entière".
Il a ajouté que le Hezbollah conservait encore les restes de soldats israéliens tués au Liban pendant le conflit de l'été 2006.
"Votre armée a laissé derrière elle les restes de soldats dans nos villages et nos champs", a-t-il déclaré à l'Etat hébreu. L'armée était "si faible sur le terrain qu'elle a abandonné, non pas un, deux ou trois, mais un grand nombre de vos soldats".
Dans une interview en début d'année, Hassan Nasrallah avait affirmé que la milice conservait les restes de soldats tués au Liban, sans donner de précisions sur leur nombre. Il avait précisé que le Hezbollah avait proposé des négociations pour leur remise, mais que les Israéliens avaient rejeté l'offre. L'Etat hébreu avait démenti ces affirmations à l'époque.