Hommage à Jean Genet


Rédigé par Communiqué - eMarrakkech le Lundi 6 Décembre 2010 à 12:51 | 0 commentaire(s)


L’Institut français de Fès organise un hommage à Jean Genet qui aura le 19 décembre cent ans, Du 8 au 10 décembre 2010


Hommage à Jean Genet
•    Projection du film « Mademoiselle » de Tony Richardson, le mercredi 8 décembre, 19h, Médiathèque de l’Institut français de Fès

•    Lecture : « Quatre heures à Chatila », par La Compagnie Arts-en-Sac, le vendredi 10 décembre, à 16h, Médiathèque de l’Institut français de Fès

•    Théâtre « Splendid’s » par La Compagnie Arts-en-Sac, le vendredi 10 décembre, 19h, Complexe Culturel Al Houria

« Ecrire, c'est lever toutes les censures »
Jean Genet
Il est en vérité malaisé d'établir une biographie de Jean Genet, dont on connaît finalement mieux la légende que la véritable existence. Enfant de l'assistance publique, il est envoyé en maison de redressement, s'engage dans la Légion, et mène dès lors une vie d'errance, entrecoupée de réguliers séjours en prison. En 1942, il publie 'Condamné à mort' et fait alors la connaissance de Cocteau, dont on reconnaît d'ailleurs l'influence dans ses oeuvres ultérieures. Marginal, homosexuel, ses personnages sont des proscrits de la société, à son image. Langage cru, mise en scène de la perversité, sujets provocants... Ses pièces sont assimilables à des actes de délinquance envers l'ordre social. Il expérimente ainsi une dramaturgie liée à la fascination pour le Mal, assez proche du 'théâtre de la cruauté', développé par Antonin Artaud.

Hommage à Jean Genet
Cinéma : « Mademoiselle »

Réalisé par Tony Richardson
Scénario : Jean Genet
Drame psychologique
Avec , Jeanne Moreau, Ettore Manni, Keith Skinner...Voir le casting
Sortie : 3 juin 1966
Durée : 1h45
Production : 1966, France, Royaume-Uni
Dans un village Corrézien, des sabotages criminels se multiplient : incendies, barrages rompus, abreuvoir empoisonné à l'arsenic, etc... Le mystère, la méfiance, les soupçons, l'angoisse s'installent. Un bûcheron saisonnier, un bel Italien, veuf, arrive accompagné d'un camarade et de son jeune fils de quinze ans et se propose de travailler dans la forêt. Il est bientôt l'objet de la convoitise des femmes du village et de la jalousie des hommes.

Lecture : « Quatre heures à Chatila »
Le 15 Avril 1986, l’écrivain Jean Genet est mort à Paris alors qu’il corrigeait les épreuves de son ultime récit intitulé : un captif amoureux qu’il commença dès 1970. Les quatre heures qu’il avait passées sur le lieu du massacre, lui ont permis de rompre avec le silence et de faire renaître son désir d’écrire. C’est ainsi que Quatre heures à Chatila vit le jour et fut publié dans la Revue d’Etudes Palestiniennes (automne 1983).

Dans Quatre heures à Chatila il n’y a place ni pour la lamentation, ni pour la démonstration idéologique. Ni chagrin, ni deuil, et pourtant il y a la mort, une mort qui ne règne pas seulement sur le camp de Chatila avec ses cadavres, mais sur toute une région déchiquetée par la haine, par toutes sortes de guerre. Au coeur de Beyrouth, Genêt se trouve assiégé comme tout le reste de la population. Il se met en scène en s’offrant un grand plan pour se situer parmi les cadavres de Chatila.

Ce risque ne se manifeste pas chez lui comme une aventure pour la célébrité, ni comme une chasse au scoop journalistique, mais comme une mise à l’épreuve d’un poète fragile, courageux et mystique. Il aime entrer dans le monde de ceux qui le fascinent, il est à la quête des émotions les plus troublantes chez l’espèce humaine (tuer et mourir). Effrayé et tendre à la fois, Genêt apparaît familier aux cadavres gonflés des palestiniens de Chatila, à leur passé (d’ailleurs, au milieu des cadavres, se profilent des ombres d’un autre temps dont Genêt suivait les traces depuis des années) II semble saisi par un enchantement chaotique au milieu d’un monde mort où la mouche règne comme force ironique, où « l’odeur de la mort, est blanche et épaisse. »

La Compagnie Arts-en-Sac

Splendid’s

de Jean Genet

mise en scène Cristèle Alves Meira
 
Mise en scène et dramaturgie : Cristèle Alves Meira
Collaboration artistique et dramaturgie : Valérie Maureau
Traduction : Zohra Makach
Costumes : Benjamin Brett
Univers sonore : Nicolas Baby
Lumières : Anthony Marlier
Avec
Cédric Appietto
Nébil Daghsen
Mehdi Dehbi
Tewfik Jallab
Hassan Koubba
Hicham Ouaraqa
Jean-Emmanuel Pagni
Lahcen Razzougui

Hala Omran (voix de la radio)

LE POLICIER
Vous êtes tous des lavettes ! J’aime mieux la Police ! On sait ce qu’on y fait et ce qu’on y risque : et d’abord le mépris total du monde, du monde entier mais surtout de celui qu’on protège. Nous, pas de beaux titres dans les journaux, pas de photos, pas de poèmes, pas de poèmes, vous m’entendez, pour chanter nos exploits. Nous c’est votre ombre. Et quand j’arrive parmi vous, je me trouve au milieu de la lâcheté, de la faiblesse, du faux luxe. On nous mobilise, on se passionne pour vos aventures, on parle de vous ! […]
Mais, écoutez-moi, nom de Dieu ! Vous savez bien que vous êtes arrivés où vous vouliez en venir mais pas moi. Je passe du flic au gangster. Je me retourne, comme un gant et je vous montre l’envers du flic, gangster. Police. La Police ! J’y suis resté deux ans. Et je l’aimais, les gars, et je commence à l’aimer encore avec plus de passion depuis que je l’ai mitraillée. J’en ai arrêté, chassé, descendu, des mecs comme vous. J’ai pris part à des expéditions, j’ai aidé les aveux spontanés, j’ai travaillé contre vous jusqu’à la limite de mes forces, jusqu’au moment où j’ai su que je ne pouvais pas aller plus loin – rappelez-vous que j’étais le premier policier à forcer vos calibres – je ne pouvais pas aller plus loin, dans la cruauté au service des bourgeois. J’ai atteint les limites, des frontières qui touchent aux vôtres et quand on les franchit, on est chez vous. Vous me comprenez ? Non ? Vous ne pouvez pas. Et bien, je n’explique plus rien, et je m’installe tranquillement chez vous. Mais là aussi, j’aurais la première place.

En partenariat avec l’Institut français de Tanger-Tétouan



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