|
|
|||||||
|
|
Hommage posthume à Bruno EtienneMAP le 8 Mai 2009
Rabat - Un hommage posthume ponctué par des témoignages et des extraits audiovisuels émouvants a été rendu, jeudi à Rabat, à Bruno Etienne, universitaire français dont les travaux ont fait autorité et dont l'enseignement a marqué de son empreinte la scène universitaire marocaine entre les années 70 et 80.
A proximité
Bruno Etienne
S'inscrivant dans le cadre de la 1ère édition de la Rencontre à Rabat "Sous le signe d'Ibn Rochd " (Religions et Impasse) du 06 au 08 mai courant à la Bibliothèque nationale du Royaume, cet hommage a fait état de la pensée foisonnante et de la démarche pluridisciplinaire et singulière de Bruno Etienne dont les attaches humaines et universelles ne sont plus à démontrer.
Les différentes facettes que présentaient Etienne, le magnanime, au cours de son existence de chercheur et d'érudit (politologue, imprécateur, polémiste, humaniste et mystique) y sont passées au tamis, outre l'évocation de ses deux écrits sur l'Emir Abdelkader. L'universitaire Mohamed Tozy a indiqué que cet hommage à Bruno Etienne "arrivé au Maroc en 1977 à un moment où l'université commençait à ployer sous la masse (...) de plus en plus nombreuse d'étudiants recrutés au delà des cercles des élites urbaines" a une dimension pédagogique. "Bruno Etienne a permis une nouvelle didactique en matière des sciences sociales, à travers une déconstruction des idées reçues à l'époque", a déclaré à la MAP Mohamed Tozy. Evoquant la démarche suivie par Etienne lors de ses séminaires, il a fait savoir que le défunt savait secouer par ses suggestions nombreuses et son "avalanche" de questions se déversant sur l'ethos, l'hypothèse, le paradigme, le politique, le religieux...etc. De son cô té, Thierry Fabre, initiateur des rencontres d'Averroès, qui a lu quelques réflexions politiques d'Etienne, a mis l'accent sur le lien intime qu'il établissait entre le religieux et le politique et la place importante qu'il accordait à l'Homme dans le cosmos. Pour Etienne, les deux dimensions temporelle et spirituelle se situent au carrefour du combat : "diluer le politique dans le religieux et le religieux dans le politique", dit-il. Un autre extrait audiovisuel mettait en avant le combat que menait Bruno Etienne pour les identités nationales : ce ne sont pas les langues régionales qui menacent les identités nationales mais le marchandisage capitaliste de la culture", soutenait Etienne. Intervenant pour sa part, Abdelaziz Jazouli, Professeur universitaire, a estimé que "Etienne était un précurseur, un médiéviste accompli". L'espace méditerranée demeurait pour lui son territoire où il nourrissait sa quête de savoir, a ajouté Jazouli. Fils du terroir, qui appréciait la foule des marchés, les vendeuses de poissons à Marseille, Etienne, l'objet de son champ d'investigation était nourri de la rigueur et de la construction/déconstruction, ajoute-t-il. Le dramaturge algérien Mohamed Kacimi, a présenté, pour sa part, quelques extraits du texte d'Etienne sur "les combattants suicidaires". Dans cet extrait Etienne soutient que la violence de tout ordre, que ce soit celle exercée par les rapports coloniaux, les guerres, les régimes autoritaires et puritains a "une onthogenèse". Raphaël Liogier, un ancien disciple de Bruno Etienne et aujourd'hui chercheur à l'Institut d'études politiques Aix-En-Provence et professeur en sociologie) a versé dans le même sens. Etienne n'était pas quelqu'un de faussement révolté, comme c'est le cas de quelques universitaires. Il ne s'est jamais situé dans "la révolte normalisée", concède ce chercheur. Bruno Etienne, natif de La Tronche (Isère) en France, s'est formé à la Faculté de droit d'Aix-en-Provence, pour rejoindre l'Institut Bourguiba des langues à Tunis, où il s'est mis à apprendre l'arabe. Agrégé de sciences politiques et diplô mé de l'Institut d'études politiques d'Aix-en-Provence, il a été chercheur au Caire, enseignant aux universités d'Alger, de Casablanca et de Bir Zeit (Palestine). En 1965, il a soutenu une thèse de doctorat en droit sur "Les Européens et l'indépendance de l'Algérie", pays où il exerce en tant que coopérant. Il est professeur à l'Institut d'études politiques d'Aix-en-Provence dont il est le fondateur. Jusqu'en 2006, il a été directeur de l'Observatoire du religieux (France). Auteur prolixe, parmi ses publications figurent "L'islamisme radical", " La France et l'Islam", "Abdelkader", "Une grenade entrouverte. La Tour d'Aigue", "L'Islam en France", "Ils ont rasé la Mésopotamie : du droit de coloniser au devoir d'ingérence", "Les amants de l'apocalypse, La Tour d'Aigue", "L'Initiation", "La France face aux sectes", "Islam, les questions qui fâchent", "Etre bouddhiste en France aujourd'hui (avec Raphaël Liogier). ________________________Dans la même rubrique_________________________
|
PARTICIPER
|
Les etudes en Ukraine 2012-2013 bien venu!
DenCompany
|
||||






















Digg
Reddit
Y!
Technorati
Wikio
Facebook
MySpace
Twitter
LinkedIn
La Grande Sophie, en concert à Fès
