UNE MAUDITE AFFECTATION, UNE ETERNELLE PUNITION !
Elle était complètement lassée de travailler pendant neuf ans dans ce secteur scolaire situé en pleine montagne et difficilement accessible. Elle avait longtemps conçu cette maudite affectation comme une sévère et éternelle punition, elle, qui était toujours cette jeune instit ambitieuse, active et affairée.
Pourtant, elle faisait ce métier dignement et avec beaucoup de dévouement et d’amour, en dépit de cette uniformité du travail et cette vie dans l’isolement total. C’était sa vertu inébranlable de supporter sans plaindre les maux et les difficultés. Et pour briser cette monotonie, elle avait l’habitude de descendre à sa ville natale chaque week-end. Elle avait dû parcourir à pied dix longs kilomètres pour atteindre le goudron routier.
LA DELIVRANCE PROVISOIRE
Dans ce douar, tristement célèbre chez les instits, et qui n’était accessible qu’à dos de mulet, Houda était connue comme une jeune enseignante, souriante et décontractée, qui menait une vie pieuse. Elle avait une excellente réputation. Elle était cette maîtresse qui restait stoïque et imperturbable même devant l’hostilité des parents d’élèves. De même, elle n’était pas du tout ingrate vis-à -vis de l’hospitalité traditionnelle de ces pauvres familles rurales.
Il fallait dire que dans ce milieu claustré et isolé les vacances scolaires étaient une sorte de délivrance « provisoire » pour ces pauvres « soldats invisibles »
Après les vacances du printemps, voilà enfin l’impitoyable retour au « trou » retiré !!
UN PAQUET DE SOUVENIRS
C’était un lundi du mois d’avril, ce matin là , Houda eut l’air content, elle marchait à pied lentement comme à l’accoutumé, sous un ciel pommelé. Ces chemins déserts et jonchés de fleurs qu’elle devait parcourir une fois par semaine, n’auguraient rien de bon pour elle. Elle avait les bras chargés de cadeaux à ses pauvres élèves ruraux.
Durant ce long trajet, un paquet de souvenirs lui vint à l’esprit : Elle conservait encore ce souvenir lancinant d’une très jeune fille qui s’était attachée naïvement à un ressortissant en Italie, et qui l’avait obligée à porter le voile. Hélas ses rêves n’étaient que des promesses en l’air !! Ses collègues s’étaient mariées durant la première année du stage pédagogique à Taza, elles étaient bel et bien affectées dans leurs villes de choix.
Elle, elle avait confiance dans son sort mais le destin a voulu autrement.
Il y avait aussi cette image d’une mère sérieusement malade, et qui souffrait d’une insuffisance rénale chronique sévère ! Mon dieu comme serait elle informée dans ce recoin caché s’il y avait une mort subite ? Elle aurait souhaité mener sa vie autrement, mais comme on dit « aucun chat ne fuit une maison où il y a mariage ».
VIOLENTEE PAR UN VENERABLE HOMME MARIE !
Elle avançait lentement, les yeux scrutant le sol. Le douar était à deux kilomètres, quelqu’un descendit de la colline. Habituellement, Houda n’avait pas l’air attentif dans ces lieux. L’homme enfila sa cagoule en sac plastique, un canif à la main. Ayant vu cela, elle s’était évanouie et ne se réveilla qu’à l’hôpital.
Elle était dans un état piteux, l’émotion avait déjà modifié ses traits. Elle ne se souvint presque de rien. Elle fut un peu soulagée quand elle avait appris la visite de sa collègue intime Nadia. Quelques minutes après, Houda resta muette de surprise quand elle apprendrait que celui qui s’était abusée d’elle n’était que le vénérable fqih du douar !! C’était le père de la petite Imane, l’excellente élève tant appréciée par Houda !!