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Iran-USA: l'espoir ou la catastrophe?


Douglas Foote et Dives Diaves* - St Paul et Minneapolis (Minnesota) - Dès qu'il s'agit de politique étrangère envers l'Iran, l'opinion américaine a constamment été trahie.



L'intervention à tout va des Etats-Unis est une des causes de la révolution iranienne de 1979, qui, à son tour, a fait du Moyen-Orient un lieu de plus grand danger pour les Américains. Le témoignage le plus mémorable et le plus cuisant en est la prise d'otages américains à Téhéran. Lorsque George W. Bush est arrivé au pouvoir, l'espoir était grand, vu ses antécédents de gouvernance pragmatique, qu'il serait à l'Iran ce que Nixon avait été à la Chine.

Hélas, depuis le 11 septembre 2001, la politique étrangère des Etats-Unis, de multilatérale qu'elle était, a basculé dans un unilatéralisme agressif. Malgré tous les messages de conciliation émis par l'Iran à la suite de cette agression, et malgré l'objectif stratégique commun qui serait d'éliminer les talibans d'Afghanistan, Bush et ses conseilleurs ont pris la décision de traiter l'Iran en adversaire. Le ton du gouvernement Bush est si belliqueux que certains considèrent le conflit avec l'Iran comme inévitable.

A des milliers de kilomètres de Washington, un autre partisan de la ligne dure est arrivé au pouvoir. Mahmoud Ahmadinejad, le maire de Téhéran, a gagné la présidentielle de 2005. Comme Bush, Ahmadinejad est enclin à prendre des positions qui ne favorisent guère la diplomatie et la négociation, telles son affirmation publique selon laquelle Israël doit être "rayé de la carte", la mise au placard de la politique modérée de son prédécesseur à l'égard des organisations internationales et ses fréquentes condamnations de Bush, dans lesquelles il est d'ailleurs difficile de distinguer la critique politique de l'attaque personnelle.

En fait, les actes et les politiques des deux gouvernements aggravent le mauvais climat qui règne déjà au Moyen-Orient. Cependant, au-delà de la différence des croyances, de la culture et de leur vision du monde, l'Iran et les Etats-Unis auraient tout à gagner à mieux se connaître et à mieux se comprendre.

Après les événements de 2001, Bush peut certes marquer des points politiques en adoptant une ligne dure contre un pays islamique. Ahmadinejad quant à lui, peut engranger des soutiens à son régime en dénonçant les méfaits de la guerre des Américains en Irak et leur soutien à l'"entité sioniste" d'Israël. Mais l'effet sur les résultats des sondages et les foules en délire n'est que de courte durée. Ils sont aveugles à une relation qui pourrait avoir un effet positif et stabilisant sur la région pendant de nombreuses années à venir:

On dirait qu'il existe dans les deux pays un décalage entre les souhaits du peuple et les actes du gouvernement. Selon un sondage réalisé en juin 2007 par la CNN-Opinion Research Corporation, seuls 30 pour cent des sondés étaient favorables à la guerre en Irak. Dans le climat actuel, une confrontation avec l'Iran ne recueillerait guère plus d'avis favorables.
Tout dernièrement, les Américains ont exprimé dans les urnes leur opposition au gouvernement actuel et à sa politique. Ils ont retiré au Parti républicain de Bush le contrôle des chambres lors d'une élection perçue par un grand nombre comme un référendum sur l'échec de la politique iranienne du gouvernement. Victime de ces élections, le ministre de la défense Donald Rumsfeld, architecte intellectuel et militaire de la politique américaine de l'après 11septembre 2001 au Moyen-Orient, a dû démissionner.

En parallèle, le peuple iranien(dont les deux tiers ont moins de 30 ans) qui est généralement considéré comme socialement réservé, a exprimé son désir de changement au moyen de protestations, de publications sur Internet et de scrutins électoraux.

Tout récemment, une élection pour le conseil municipal de Téhéran a donné la victoire à deux partisans d'Ahmadinejad et à 11 de ses rivaux. Selon une enquête effectuée par l'Université Amir Kabir, 5 à 10 pour cent des sondés étaient pour les conservateurs religieux contre 85 pour cent pour une démocratie laïque, ce qui a conduit le journaliste Thomas Friedman à qualifier l'Iran de "comble de l'Etat rouge".

A l'évidence, les citoyens de ces deux pays préféreraient résoudre leurs problèmes actuels plutôt qu'en créer de nouveaux.

Il faut que le gouvernement Bush change d'attitude et de langage. Certes, l'Iran est un rival stratégique au Moyen-Orient, mais il n'est pas "le mal" pour autant. Il ne faut pas s'attendre à ce que le président iranien déborde de gratitude devant une attitude plus conciliante. Mais celle-ci s'adresserait avant tout à la jeunesse du pays, plus libérale, plus démocratique et plus politisée que celle des générations précédentes. Il est tout aussi important de prendre des mesures fortes et justes pour résoudre le conflit israélo-palestinien et pour éliminer l'apparition d'individus, de régimes et de mouvements radicaux qui se nourrissent des conflits de la région.

Si l'Iran veut faire figure de tête de file régionale dans l'une des zones les plus troublées de la planète, Ahmadinejad doit agir d'une façon qui inspire le respect. Mettre un terme, au Liban, à son soutien au Hezbollah et, en Irak, aux milices chiites. S'impliquer dans deux des conflits les plus sanglants de cette décennie - que ce soit directement ou non - ne risque guère de lui valoir les faveurs de masses qui voient bien que leurs besoins n'intéressent personne.

Après le 11 septembre 2001, l'invasion de l'Irak, la guerre entre Israël et le Hezbollah, sans parler de tous les autres conflits qui pourrissent la région, l'heure est-elle vraiment encore à un discours de violence? Les deux chefs d'Etat peuvent choisir la voie de la catastrophe ou celle de l'espoir. Nous prions pour qu'ils choisissent l'espoir.

* Douglas Foote est étudiant en sciences politiques, en études des médias et en communication à la Tufts University. Dives Diaves étudie les sciences politiques à l'Université du Minnesota. Ensemble ils ont écrit cet article dans le cadre du programme de dialogue interculturel Soliya.

CGNews, Douglas Foote
Lundi 15 Octobre 2007




Commentaires articles

1. Posté par magical le 15/10/2007 14:14
les pilotes du 11/09/2001 sont t'il des agents de la CIA, trompés par leurs chefs ??? a vous de chercher la verité

2. Posté par Hamza le 18/10/2007 12:54
S'il faut parler des comportements des 2 chefs de l'état, il faut surtout souligner que le provocateur, le replié sur lui-même, le manipulé et le véritable cowboy est bel et bien bush. Le chef iranien n'a que de cesse de riposter à une politique américaine manipulée par les juifs sionistes et le conservateurs.

Les USA irait-il bombarder l'Iran ? en ce moment, j'en doute fort. La politique étrangère US est affaiblie par plusieurs handicaps notamment par le retour de l'URSS sur la scène internationale. La visite de Poutine en Iran le confirme : Si l'iran est attaqué, l'URSS prendrait les mesures nécessaires pour le protéger.

Certes, Ahmadinejad a exagéré sur certains propos mais son comportement et ses ripostes sont courageux.

Si le cowboy aveugle et ignorant n'a pas encore compris que la violence n'est guerre la solution qu'il tourne son chapeau texan sur son dos, peut-être verrait-il plus clair....?


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