De Victor Mooney, un Afro-Américain, qui voulait traverser l'océanAtlantique à la rame en solitaire au départ du Sénégal, aux 100 plusbelles femmes du monde réunies samedi à Sanya, dans le sud de la Chine,pour l'élection de Miss monde 2007, de nombreuses manifestationsdevaient ponctuer cette journée pour sensibiliser au VIH/sida.
Leprésident chinois Hu Jintao apparaissait samedi à la une d'un desprincipaux journaux nationaux serrant la main d'une femme porteuse duvirus, au lendemain de l'alerte lancée par l'ONU qui estime qu'entre 30 et 50 millions de personnes sont menacées par le virus du sida (VIH) en Chine.
En Indonésie, pays musulman qui compte la plus forte progression de la maladie sur toute l'Asie, la journée a été marquée par le lancement de la première campagne nationale pour promouvoir l'usage du préservatif.
Distribution de préservatifs, stands d'information ou concerts, les capitales européennes se mobilisaient également.
EnGrèce, quelques centaines de personnes ont participé vendredi soir dansle centre d'Athènes à "une marche de mémoire (aux victimes) et de luttecontre le sida". A Rome, un grand concert gratuit devait se tenirsamedi soir alors qu'à Prague, "un tramway contre le sida" devaitsillonner la ville dans l'après-midi.
A Kiev, quelques dizainesde militants ont respecté une minute de silence à la mémoire des 12.000Ukrainiens emportés par le sida depuis 20 ans. "Le ministre de la santéachète des médicaments de basse qualité à un prix beaucoup plus élevéque leur valeur réelle", fustige Dimitri Sherembey, leader du réseaudes Ukrainiens vivant avec le virus du sida.
A l'instar d'autresmanifestations prévues en France, plusieurs centaines de personnes sesont réunies samedi sur un pont de Paris, la Passerelle des Arts,vêtues de T-shirt blanc et rouge et ont formé une grande chaîne pourdessiner le traditionnel ruban rouge, symbole de la lutte contre lamaladie, à l'appel de l'Association Sidaction.
Des militants enAustralie craignent que la complaisance née des derniers succès dans lalutte contre le sida ne provoque une nouvelle propagation du virus."C'est le moment où tout peut déraper, ça pourrait devenir uneépidémie", lance Vince Lovegrove, éducateur, et défenseur d'unenouvelle campagne à destination des nouvelles générations.
En Afriquedu Sud - pays le plus affecté au monde par la pandémie, avec 5,5millions de séropositifs - des milliers de spectateurs affluaient aucoeur de Johannesburg pour un concert international destiné à collecterdes fonds pour la lutte contre le sida, auquel devraient notammentparticiper les stars Annie Lennox et Peter Gabriel. M. Mandela étaitattendu dans la soirée.
Dans les rues d'Abidjan, près de 2.000personnes ont manifesté, brandissant des slogans tels que "Stop sida"ou "ensemble luttons contre le sida", dans le pays d'Afrique de l'ouestle plus touché par le virus.
A Kinshasa, au lendemain d'unemarche d'un millier de Congolais pour réclamer l'accès auxanti-rétroviraux, un carnaval motorisé et des projections de filmsdevaient attirer l'attention des jeunes et marquer le début d'un moisde campagnes de sensibilisation sur la pandémie.
Cette journéeannuelle de mobilisation mondiale est à nouveau l'occasion d'encouragerà la lutte contre la pandémie, notamment en Afrique, le continent quipaie le plus lourd tribut à la maladie avec les trois-quarts des décèsdus au sida enregistrés dans le monde.
L'effort desensibilisation concerne également l'Asie où 4,9 millions de personnessont malades du sida, ainsi que les ex-républiques soviétiques où lenombre de séropositifs a augmenté de 150% entre 2001 et 2007.
Selondes chiffres publiés le 20 novembre par l'Onusida, l'épidémie de sidamarque le pas à la surface du globe mais la maladie continue à tuerplus de 5.700 personnes chaque jour.
Dans le monde, 33,2 millionsde personnes vivent avec le VIH/sida en 2007, dont 2,5 millionsd'enfants de moins de 15 ans. Sur ces personnes contaminées, 15,4millions sont des femmes.
Les nouvelles contaminations ont atteint un sommet à la fin des années 1990 à plus de 3 millions.
Une comparaison avec les chiffres de 2001 met en évidence une stabilisation de l'épidémie.
Lagénéralisation des médicaments antirétroviraux a permis de fairereculer le nombre de décès depuis deux ans. Mais en Afrique, où laplupart des malades ne reçoivent pas ces traitements, malgré un certaineffort de distribution d'antiviraux, le sida reste la première cause dedécès.