Le CAT, créé en 1987, au moment de l'entrée en vigueur de la Convention, pour suivre sa mise en £uvre par les Etats parties et les aider à en appliquer les dispositions, avait entamé sa 40ème session en avril dernier, consacrée à l'examen des rapports de l'Algérie, de l'Australie, de la Suède, de l'Islande, de l'Indonésie, de la Zambie et de la Macédoine.
Les 10 experts indépendants du CAT, qui se réunit tous les deux ans, consacreront lundi après-midi une séance à la situation des droits de l'homme en Algérie qui avait auparavant présenté un rapport consolidé.
Lors d'une première séance, le 2 mai dernier, les experts du CAT avaient posé à la délégation algérienne, conduite par l'ambassadeur Idriss Jazairy, représentant permanent de l'Algérie à l'ONU (Genève), de nombreuses questions sur son programme, ses dispositifs, notamment juridique, et ses actions en matière de promotion et de protection des droits de l'homme.
Le fait saillant est que les questions du CAT ne se sont nullement focalisées sur un seul thème, notamment la question de la torture que l'Algérie considère comme une pratique "abjecte et intolérable" du fait qu'elle en fût durant la colonisation, mais sur un ensemble élargi de volets allant de la garde à vue aux droits de l'enfance et de la femme.
Selon nombre d'observateurs, la diversité des questions du CAT dénote que la communauté internationale a pris acte de la normalisation en Algérie de la situation des droits de l'homme ainsi que reconnue par la cinquantaine de pays qui, à la mi-avril, avaient participé à l'examen périodique universel (EPU, UPR en anglais) du Conseil des Nations unies des droits de l'homme, à Genève.
L'écrasante majorité des pays avait souligné "les grandes avancées" de l'Algérie en la matière.
Les observateurs ont toutefois déploré que l'un des membres du CAT, une experte de nationalité marocaine, "ait transgressé ses prérogatives en tentant, en donneuse de leçons, de faire valoir la situation des droits de l'homme au Maroc, d'en vouloir exporter le présumé modèle", dans une séance pourtant consacrée à l'Algérie.
Les autres experts, notamment américain, sénégalais, chinois, norvégien ou encore espagnol, se sont appliqués à poser des questions précises visant particulièrement à prendre connaissance de la législation algérienne et du système de formation, en matière de droits de l'homme, en cours en Algérie.