L'écotourisme dans l'Oriental, peine toujours à se développer


MAP le 7 Avril 2009


Nador - Malgré le riche potentiel écologique et culturel de la région de l'Oriental, l'écotourisme, un secteur clé dans le développement local durable, peine toujours à se développer en raison du manque d'infrastructures d'hébergement appropriées et de l'absence d'une stratégie locale efficiente basée sur la valorisation des produits du terroir.


Nador
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C'est ce qui ressort d'un diagnostic réalisé sur cette filière par une équipe d'experts mise à contribution par la Coopération technique allemande (GTZ), en collaboration avec des partenaires marocains, et dont les résultats ont été publiés récemment.

A croire les initiateurs, les conclusions de cette étude qui se veut participative et intégrée serviront de base pour la mise en place d'une stratégie à même de donner un nouveau souffle au secteur et le fructifier en tant qu' "avantage différentiel" pour la région.

Selon ces experts, l'Oriental renferme des avantages comparatifs indéniables, surtout naturels, susceptibles d'impulser le développement de la filière, voir de l'ériger en secteur clé de l'économie locale. L'accent a été ainsi mis sur la diversité de l'offre avec les massifs montagneux, les espaces forestiers, les zones côtières, les sites naturels d'intérêt biologique et écologique et les sites historiques et archéologiques qui font la richesse de la région.

Une identité culturelle spécifique, la proximité immédiate du marché européen, premier émetteur de touristes pour le Maroc, une forte présence de la société civile en la matière (60 associations impliquées dans le tourisme rural), sont aussi autant d'atouts qui ne sont pas, jusqu'à présent, suffisamment mis à profit, estiment-ils.

L'équipe d'experts s'est intéressée également aux difficultés que rencontrent les professionnels en la matière. Elle déplore dans ce cadre l'absence d'une cartographie de l'offre écotouristique au niveau régional et d'une stratégie de commercialisation, la faible capacité des agences de voyage locales à se reconvertir en agences touristiques ainsi que le déficit de concertations entre les différents acteurs locaux.

Si l'étude souligne que la concurrence accrue que se livrent les compagnies de transport international (aérien et maritime) constitue "un atout pour le développement de l'écotourisme" dans la région, elle estime par contre que l'absence d'une offre en matière de transport touristique organisé (taxi avec chauffeur autorisé, mini-bus etc. ), compromettrait les chances de dynamiser le secteur.

Au niveau de l'offre en matière d'hébergement, on souligne la nécessité pour les structures d'hébergement existantes de s'inscrire dans une dynamique d'écotourisme à travers notamment la concurrence loyale dans le but de garantir une mise à niveau constante et un classement validé. La diversification de cette offre et le respect des règles d'hygiène et de sécurité alimentaire sont également des impératifs incontournables.

Pour ces experts, l'expansion des activités en lien avec l'écotourisme, dont les produits sont de plus en plus prisés, dépend de la capacité à renforcer l'accessibilité aux sites écotouristiques, de former les ressources humaines dans les différents métiers liés à l'écotourisme (accompagnateurs, tenanciers de gîtes, restaurateurs, etc...) et de faciliter l'accès aux crédits à travers des produits bancaires adaptés aux petits projets écotouristiques.

Ils ont appelé, par ailleurs, à s'inscrire dans la volonté gouvernementale exprimée dans ce sens, laquelle se traduit par la mise en place d'une politique nationale touristique favorable au développement de l'écotourisme (Vision 2020, la stratégie de développement rural " Pays d'accueil touristique ", les PDRT, promotion des produits de niche en relation avec l'écotourisme).

Pour ce faire, ils ont recommandé de réhabiliter l'habitat traditionnel en relation avec ce créneau, ouvrir des espaces de restauration de qualité en pleine nature, développer l'agriculture solidaire et biologique, valoriser les produits de l'artisanat local (commerce équitable), et développer les activités sportives respectueuses de l'environnement (plongée sous-marine, chasse et pêche touristique, kayak, excursions en bateau).

Soucieux de parvenir à des résultats "réels" le plus rapidement possible, comme le recommande la méthode PACA "Participation et action pour la compétitivité locale", suivie dans la réalisation de l'étude, les experts ont défini une série d'objectifs à court terme.

Il s'agit entre autres de réaliser une cartographie régionale du foncier disponible et assaini, classer de manière progressive et systématique les gîtes, renforcer les contrô les qualité des produits alimentaires destinés à la restauration et renforcer l'enseignement des langues étrangères (notamment l'anglais) dans les programmes de formation des opérateurs touristiques.

A rappeler que l'étude a été réalisée sur la base d'une série d'entretiens et de mini-ateliers lancés, depuis le 18 mars, par l'équipe d'experts marocains et étrangers, auprès des représentants d'agences de voyage, propriétaires de gîtes, restaurateurs, transporteurs et hôteliers, des provinces de Nador, Berkane et Al-Hoceima.


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