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La France touchée au coeur : l'Abbé Pierre est mort
Rédigé par AFP le Lundi 22 Janvier 2007 à 18:13 commentaire(s)
L'Abbé Pierre, figure emblématique de la lutte contre la pauvreté et longtemps personnalité préférée des Français, est décédé lundi à 94 ans, suscitant une vive émotion dans le pays et un torrent d'hommages venus des "puissants" qu'il interpellait, comme des sans-abri.
Fondateur des compagnons d'Emma s, une communauté de soutien aux plus pauvres qui a essaimé dans une quarantaine de pays, l'Abbé Pierre est mort à l'aube d'une infection pulmonaire à l'hôpital parisien du Val-de-Grâce, entouré de quelques proches.
Le président français Jacques Chirac s'est dit "bouleversé". "C'est toute la France qui est touchée au coeur", a-t-il résumé, en faisant part d'"un immense respect et une profonde affection".
Le chef de l'Etat a décidé qu'un "hommage national" serait rendu vendredi au défunt, dont les funérailles auront lieu le même jour en sa présence à la cathédrale Notre-Dame de Paris.
"Ses derniers moments ont été des moments de paix et de simplicité", a confié le président d'Emma s France, Martin Hirsch.
Toute la journée, les hommages ont afflué, alors que les médias retraçaient le combat et la personnalité de cet homme toujours drapé dans sa soutane ou un long manteau noir, portant béret, canne et godillots, et dont la silhouette était connue de tous les Français.
Le monde politique, à droite comme à gauche, a salué la mémoire de celui qui avait pourtant souvent dénoncé l'indifférence des "puissants" à l'égard des plus démunis.
Responsables d'associations, religieux, chrétiens ou musulmans, lui ont rendu hommage, alors que des anonymes allaient discrètement se recueillir devant l'entrée de l'hôpital militaire du Val-de-Grâce.
"Sa mort, ça me fait plus mal que la morsure du froid ce matin", expliquait aussi Gilles Vasseur, un sans-abri vivant dans une tente à Paris. "Nous, les sans-abri, les sans-rien sommes aujourd'hui tous orphelins".
"Il dépassait l'Eglise, il dépassait son pays (...) c'était un homme qui appartenait à l'humanité", a témoigné l'ancien évêque contestataire Mgr Jacques Gaillot.
L'Abbé Pierre, de son nom Henri Grouès, ancien résistant et ex-député, avait fondé après la Seconde Guerre mondiale la communauté d'Emma s.
En février 1954, il lança un appel resté célèbre sur les ondes de Radio-Luxembourg en faveur des sans-abri.
"Mes amis, au secours! Une femme vient de mourir gelée cette nuit à 3 heures": c'est ainsi que commençait cet appel devenu le symbole de son combat pour le droit au logement. Un combat qu'il n'avait cessé de mener tout au long de son existence, "révolté" que des gens puissent être contraints de dormir dans la rue dans un pays aussi riche que la France.
Il avait longtemps été classé comme la personnalité préférée des Français, succédant au commandant Cousteau avant de céder la palme au footballeur Zinedine Zidane.
Arrivé dix-sept fois en tête, entre 1989 et 2003, de ce sondage réalisé par Le Journal du Dimanche, le fondateur d'Emma s avait demandé en 2004 de ne plus figurer dans le panel. Se disant "vieux et fatigué", il avait souhaité que "des plus jeunes occupent cette première place".
Sa popularité avait à peine faibli en 1996 après un de ses rares faux pas, lorsqu'il avait apporté un soutien public à son ami Roger Garaudy, un ancien intellectuel communiste poursuivi en justice pour des écrits négationnistes.
L'Abbé Pierre sera inhumé vendredi au cimetière d'Esteville, localité de Normandie (nord-ouest de la France) où il vivait, au milieu des premiers compagnons qui l'avaient rejoint après son appel de l'hiver 1954.
Le président français Jacques Chirac s'est dit "bouleversé". "C'est toute la France qui est touchée au coeur", a-t-il résumé, en faisant part d'"un immense respect et une profonde affection".
Le chef de l'Etat a décidé qu'un "hommage national" serait rendu vendredi au défunt, dont les funérailles auront lieu le même jour en sa présence à la cathédrale Notre-Dame de Paris.
"Ses derniers moments ont été des moments de paix et de simplicité", a confié le président d'Emma s France, Martin Hirsch.
Toute la journée, les hommages ont afflué, alors que les médias retraçaient le combat et la personnalité de cet homme toujours drapé dans sa soutane ou un long manteau noir, portant béret, canne et godillots, et dont la silhouette était connue de tous les Français.
Le monde politique, à droite comme à gauche, a salué la mémoire de celui qui avait pourtant souvent dénoncé l'indifférence des "puissants" à l'égard des plus démunis.
Responsables d'associations, religieux, chrétiens ou musulmans, lui ont rendu hommage, alors que des anonymes allaient discrètement se recueillir devant l'entrée de l'hôpital militaire du Val-de-Grâce.
"Sa mort, ça me fait plus mal que la morsure du froid ce matin", expliquait aussi Gilles Vasseur, un sans-abri vivant dans une tente à Paris. "Nous, les sans-abri, les sans-rien sommes aujourd'hui tous orphelins".
"Il dépassait l'Eglise, il dépassait son pays (...) c'était un homme qui appartenait à l'humanité", a témoigné l'ancien évêque contestataire Mgr Jacques Gaillot.
L'Abbé Pierre, de son nom Henri Grouès, ancien résistant et ex-député, avait fondé après la Seconde Guerre mondiale la communauté d'Emma s.
En février 1954, il lança un appel resté célèbre sur les ondes de Radio-Luxembourg en faveur des sans-abri.
"Mes amis, au secours! Une femme vient de mourir gelée cette nuit à 3 heures": c'est ainsi que commençait cet appel devenu le symbole de son combat pour le droit au logement. Un combat qu'il n'avait cessé de mener tout au long de son existence, "révolté" que des gens puissent être contraints de dormir dans la rue dans un pays aussi riche que la France.
Il avait longtemps été classé comme la personnalité préférée des Français, succédant au commandant Cousteau avant de céder la palme au footballeur Zinedine Zidane.
Arrivé dix-sept fois en tête, entre 1989 et 2003, de ce sondage réalisé par Le Journal du Dimanche, le fondateur d'Emma s avait demandé en 2004 de ne plus figurer dans le panel. Se disant "vieux et fatigué", il avait souhaité que "des plus jeunes occupent cette première place".
Sa popularité avait à peine faibli en 1996 après un de ses rares faux pas, lorsqu'il avait apporté un soutien public à son ami Roger Garaudy, un ancien intellectuel communiste poursuivi en justice pour des écrits négationnistes.
L'Abbé Pierre sera inhumé vendredi au cimetière d'Esteville, localité de Normandie (nord-ouest de la France) où il vivait, au milieu des premiers compagnons qui l'avaient rejoint après son appel de l'hiver 1954.
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