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La Révolution tunisienne invitée à Cannes avec le film "Plus jamais peur"
Rédigé par AFP le Samedi 7 Mai 2011 à 07:58 | 0 commentaire(s)
Tunis - Tirs de lacrymogènes, hymne national scandé à la face des policiers de Ben Ali, images d'un peuple se libérant de 23 ans de régime autoritaire: les moments forts de la révolution tunisienne vont être projetés au festival de Cannes, rompant avec onze ans d'absence du cinéma tunisien sur la Croisette.
"Plus jamais peur", documentaire de 74 minutes, a été tourné en HVD (disque holographique) "dans l'urgence des moments" qui ont entouré l'effondrement du régime du président Zine El Abidine Ben Ali, le 14 janvier, explique à l'AFP le réalisateur du film Mourad Cheikh.
Auteur de plusieurs courts métrages dont "le Pâtre des étoiles" (2003), Mourad Cheikh exerce sa profession entre la Tunisie et l'Italie, et n'en revient toujours pas d'aller à Cannes.
"C'était inattendu, on avait envoyé une copie du film à Cannes, on avait travaillé comme des fous, ils avaient d'abord répondu qu'on n'était pas sélectionnés puis un soir un des assistants (du festival) nous a annoncé qu'on l'était".
Multipliant les préparatifs de dernière minute avant la projection de "Plus jamais peur" dans la série film-documentaire le 20 mai sur la Croisette, Mourad explique avoir choisi ce titre car c'est "un slogan qui a surgi sur les murs de Tunis pendant la révolution".
"Ce slogan colle à ce qui s'est passé car c'est le mur de la peur qui s'est effondré", ajoute-t-il, soulignant à quel point "le pouvoir de Ben Ali avait peur de toute manifestation, y compris pendant les matchs de foot".
Le tournage du film a démarré sur l'avenue Habib Bourguiba à Tunis, épicentre de la révolte des Tunisiens. "J'avais des +snipers+ dans l'immeuble, c'était une urgence pour moi, il fallait tourner, la police, les gens qui couraient après des tirs lacrymogènes".
Trois personnages emblématiques traversent le film: l'avocate réputée Radhia Nasraoui, la blogueuse Lina Ben Mhenni et un Tunisien ordinaire qui incarne selon Mourad Cheikh, l'homme du quartier qui "comme d'autres ont défendu leurs quartiers contre les pilleurs et les snipers".
Un des personnages qui dit être "malade de sa Tunisie" lance la réplique phare du film: "Cette révolution n'est pas le fruit de la misère, mais plutôt le cri de désespoir d'une génération de diplômés. Ce n'est, ni la révolution du pain, ni celle du jasmin... Le jasmin ne sied pas aux morts, il ne sied pas aux martyrs. Cette révolution est celle du dévouement d'un peuple... Plus jamais on n'aura peur!".
Cette réflexion, selon le réalisateur, incarne l'état d'esprit "des jeunes qui ont fait la première révolution de l'ère virtuelle et celui des plus âgés qui n'ont jamais cessé de braver la peur pour résister" à la dictature.
Pour le producteur du film, Habib Attia, la projection du film à Cannes ouvre l'espoir d'une "distribution sur le marché européen et des pays du Golfe", ajoutant que le film tourné en arabe a été sous-titré en français et en anglais.
Mourad, lui, évoque deux images fortes qui "restent gravées dans sa mémoire".
La première, "deux jeunes policiers devant le cordon qui devait interdire l'accès de l'avenue Bourguiba aux manifestants".
"Devant la foule qui chantait l'hymne national, ces deux jeunes ont commencé à pleurer, ils ont compris que leur place était avec les manifestants. Cette image je la vis à tout instant, leurs larmes ont déclenché les miennes".
Ensuite, "j'ai vraiment pleuré", dit-il, quand "une amie m'a rapporté les dernières paroles d'un jeune blessé par balle , Je ne vais pas mourir et si je meurs je ne vais pas partir avant qu'il (Ben Ali) ne parte ".
Auteur de plusieurs courts métrages dont "le Pâtre des étoiles" (2003), Mourad Cheikh exerce sa profession entre la Tunisie et l'Italie, et n'en revient toujours pas d'aller à Cannes.
"C'était inattendu, on avait envoyé une copie du film à Cannes, on avait travaillé comme des fous, ils avaient d'abord répondu qu'on n'était pas sélectionnés puis un soir un des assistants (du festival) nous a annoncé qu'on l'était".
Multipliant les préparatifs de dernière minute avant la projection de "Plus jamais peur" dans la série film-documentaire le 20 mai sur la Croisette, Mourad explique avoir choisi ce titre car c'est "un slogan qui a surgi sur les murs de Tunis pendant la révolution".
"Ce slogan colle à ce qui s'est passé car c'est le mur de la peur qui s'est effondré", ajoute-t-il, soulignant à quel point "le pouvoir de Ben Ali avait peur de toute manifestation, y compris pendant les matchs de foot".
Le tournage du film a démarré sur l'avenue Habib Bourguiba à Tunis, épicentre de la révolte des Tunisiens. "J'avais des +snipers+ dans l'immeuble, c'était une urgence pour moi, il fallait tourner, la police, les gens qui couraient après des tirs lacrymogènes".
Trois personnages emblématiques traversent le film: l'avocate réputée Radhia Nasraoui, la blogueuse Lina Ben Mhenni et un Tunisien ordinaire qui incarne selon Mourad Cheikh, l'homme du quartier qui "comme d'autres ont défendu leurs quartiers contre les pilleurs et les snipers".
Un des personnages qui dit être "malade de sa Tunisie" lance la réplique phare du film: "Cette révolution n'est pas le fruit de la misère, mais plutôt le cri de désespoir d'une génération de diplômés. Ce n'est, ni la révolution du pain, ni celle du jasmin... Le jasmin ne sied pas aux morts, il ne sied pas aux martyrs. Cette révolution est celle du dévouement d'un peuple... Plus jamais on n'aura peur!".
Cette réflexion, selon le réalisateur, incarne l'état d'esprit "des jeunes qui ont fait la première révolution de l'ère virtuelle et celui des plus âgés qui n'ont jamais cessé de braver la peur pour résister" à la dictature.
Pour le producteur du film, Habib Attia, la projection du film à Cannes ouvre l'espoir d'une "distribution sur le marché européen et des pays du Golfe", ajoutant que le film tourné en arabe a été sous-titré en français et en anglais.
Mourad, lui, évoque deux images fortes qui "restent gravées dans sa mémoire".
La première, "deux jeunes policiers devant le cordon qui devait interdire l'accès de l'avenue Bourguiba aux manifestants".
"Devant la foule qui chantait l'hymne national, ces deux jeunes ont commencé à pleurer, ils ont compris que leur place était avec les manifestants. Cette image je la vis à tout instant, leurs larmes ont déclenché les miennes".
Ensuite, "j'ai vraiment pleuré", dit-il, quand "une amie m'a rapporté les dernières paroles d'un jeune blessé par balle , Je ne vais pas mourir et si je meurs je ne vais pas partir avant qu'il (Ben Ali) ne parte ".
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