Le Maroc est "sévère contre ceux qui se jouent des valeurs religieuses"


AFP le 11 Mars 2010


Rabat - Le Maroc est "sévère contre tous ceux qui se jouent des valeurs religieuses", a déclaré jeudi le ministre marocain de la Communication Khalid Naciri, en évoquant l'expulsion mardi d'une vingtaine de missionnaires étrangers accusés de prosélytisme.


Le Maroc est "sévère contre ceux qui se jouent des valeurs religieuses"
Cette sévérité "a été aussi confirmée contre des musulmans de la Salafia Jihadia (mouvement islamique radical), du chiisme (ndlr: l'islam marocain pratique le rite sunnite malékite) ou des 137 maisons d'enseignement coranique qui se déployaient au Maroc contre la pratique musulmane dominante", a affirmé à l'AFP Khalid Naciri, également porte-parole du gouvernement.

Naciri réagissait aux critiques formulées par Open Doors, une ONG internationale d'obédience protestante évangélique qui s'est déclarée mardi inquiète au sujet d'expulsions du Maroc de missionnaires accusés de prosélytisme.

Selon Open Doors, une vingtaine de personnes -dont des couples néerlandais et britanniques ayant adopté des enfants- ont été expulsés.

L'ONG s'est demandée dans un communiqué si "le Maroc serait en train de faire marche arrière dans sa volonté d'ouverture et de respect des droits de l'Homme".

Selon Khalid Naciri, "cette analyse est une analyse de petite semaine parce que ceux qui ont des yeux pour voir et un cerveau pour réfléchir savent que le Maroc a toujours été et demeure une terre d'ouverture et de tolérance".

"Toutes les églises ont pignon sur rue au Maroc et les chrétiens excercent librement leurs cultes", a poursuivi le ministre, soulignant que "les rares cas d'expulsions sont liés non pas à l'exercice du culte chrétien mais à des actes de prosélytisme".

Les personnes expulsés, selon Rabat, "mettaient à profit l'indigence de quelques familles et ciblaient leurs enfants mineurs qu'ils prenaient en charge, en violation des procédures en vigueur en matière de kafala (adoption) des enfants abandonnés ou orphelins".

Le prosélytisme consistant à forcer des personnes vulnérables à changer de religion est un "acte condamnable", a pour sa part affirmé mercredi l'archevêque de Rabat Vincent Landel. Dans une déclaration commune à l'agence marocaine MAP avec le président de l'Eglise évangélique au Maroc, le pasteur Jean-Luc Blanc, Mgr Landel a souligné que les personnes expulsées "n'agissent pas selon la loi de l'église catholique". "Ces évangélistes n'ont strictement rien à voir avec l'archevêché catholique", a-t-il dit.

"Notre seul but est de participer à la construction d'un Maroc où des musulmans, des juifs et des chrétiens soient heureux de partager leur responsabilité pour la construction d'un pays où puissent se vivre la justice, la paix et la réconciliation", a ajouté Vincent Landel.

"Le Maroc est un pays de tolérance, a renchéri le rabin Joseph Israël, président de la chambre rabbinique au tribunal de première instance de Casablanca. On y pratique toutes les religions -musulmane, juive et chrétienne- sans contraintes, ni limites". "Il n'y a pas de place pour la pratique du prosélytisme", a-t-il indiqué à la MAP.


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