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Le Président de l’Université Libre de Tunis condamné à fermer son établissement

Suite à ses critiques du régime de Ben Ali


eMarrakech le 31 Janvier 2010


eMarrakech : Suite à ses critiques virulentes à l’encontre de la politique du gouvernement tunisien, Mohamed Bouebdelli est sommé de ne plus accepter de nouvelles inscriptions à son université. L’établissement devra donc fermer ses portes sitôt les cursus en cours terminés.


Mohamed Bouebdelli - couverture du livre
Mohamed Bouebdelli - couverture du livre
Mohamed Bouebdelli est ce qu’on peut appeler un « opposant de circonstances ». A Tunis, il est d’abord connu pour avoir été à l’origine d’un des plus célèbres collège et lycée privés qui offraient un enseignement de qualité. Seulement, voilà que la belle-famille du président (la fameuse branche des Trabelsi) et à sa tête l’épouse du chef de l’Etat elle-même décide d’investir le domaine à son tour en ouvrant l’école internationale de Carthage, dont les frais d’inscription atteignent des sommes faramineuses. Le couple Bouebdelli est gentiment convié à mettre la clé sous la porte.

Touché dans son domaine, victime enfin d’une pratique qui fait ravage dans le pays depuis quelques années déjà, Mohamed Bouebdelli décide de basculer dans l’opposition. Beaucoup d’opposants déplorent alors un ralliement « d’intérêt » et non de principe, plus motivé par des raisons personnelles que par ce qui touche le pays. Il n’en reste pas moins que le régime en place semble décidé à se mettre toutes les catégories de la population sur le dos, même parmi ceux qui, jusque-là, évitaient de se prononcer pour la question et se contentaient de mener leurs affaires.

C’est en octobre 2009 que Mohamed Bouebdelli marque sa rupture définitive avec le régime de Ben Ali. En effet, il publie à cette date son livre au titre évocateur de « Le jour où j’ai réalisé que la Tunisie n’est plus un pays démocratique ». La sentence du régime ne tarde pas alors à tomber : le Président de la plus vieille université privée de Tunis est prié de finir les cursus en cours et de ne plus accepter de nouveaux étudiants au sein de son établissement. Un coup dur qui finira par sonner le glas de tous les projets éducatifs du couple Bouebdelli en Tunisie.

Des réactions ? Mohamed Bouebdelli affirme que les messages de solidarité fusent de toutes parts, même de la part de policiers. Mais comme toujours, c’est la peur des représailles qui paralyse tout mouvement de contestation. Il faut dire que le régime policier établi par Ben Ali a fait ses preuves tout au long de ces 22 années de règne. Une situation qui préoccupe de plus en plus en Tunisie où plus aucun domaine n’est épargné par la main mise de l’Etat.

Le Président de l’Université Libre de Tunis condamné à fermer son établissement

MOHAMED EL BOUSSAÏRI BOUEBDELLI

Ingénieur informaticien de formation, Mohamed El Boussaïri Bouebdelli a commencé sa vie professionnelle en travaillant auprès des multinationales en France.

Il a regagné la Tunisie en 1972. Militant de la première heure, il a adhéré au Parti destourien (P.S.D) et par la suite, au premier parti d’opposition, le Mouvement des Démocrates Socialistes (MDS), qu’il a quitté en 1990.

Puis, il s’est entièrement investi dans l’oeuvre éducative. Son épouse et lui ont créé la première institution d’enseignement supérieur privé, l’Université Libre de Tunis, ainsi que le lycée Louis Pasteur et une Fondation regroupant un collège et une école primaire.

http://www.bouebdelli.org/

livre_fr.pdf Mohamed Bouebdelli : Le jour où j’ai réalisé que la Tunisie n’est plus un pays de liberté  (678.94 Ko)


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