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Les origines des tensions sectaires en Egypte

par Osama Al-Ghazali Harb - CGNEWS le 9 Mars 2010



Coptes d'Egypt
Coptes d'Egypt
Le Caire – Phénomène complexe et galopant dans la société égyptienne, la violence sectaire a envahi l'Egypte il y a longtemps, suite à une multitude de malheurs économiques, sociaux et culturels.

Il y a un lien direct et indéniable entre l'émergence de ces tensions dans le paysage politique égyptien et le système politique en place depuis le coup d'état militaire de 1952. Les tensions sectaires ont anéanti la société égyptienne à cause de politiques peu judicieuses menées par les régimes qui se sont succédés, telle que la décision peu pertinente et provocatrice de l'ancien président égyptien Anouar el-Sadate de se qualifier de ''président musulman d'un Etat musulman''. Mais aussi les amendements constitutionnels qu'il a apportés à l'Article 2 (qui stipule que l'islam est l'une des principales sources de loi) de la constitution, ainsi que les mesures visant à soutenir la présence de groupes politiques islamiques.

Une lecture de la scène politique égyptienne à l'époque du coup d'Etat de juillet 1952 peut aussi aider à tirer d'importantes conclusions. Bon nombre des officiers libres, membres de l'armée, qui ont orchestré le coup d'Etat, avaient des liens avec la Société des Frères musulmans ou ont même été membres de celle-ci, Nasser y compris. Et il n'y avait pas un seul chrétien parmi eux.

Bien que le régime se soit retourné contre la Société des Frères musulmans après la tentative d'assassinat visant l'ancien président égyptien Gamal Abdel Nasser, supposément initiée par d'autres chefs de la Société, ce dernier était lui-même extrêmement réticent à inclure des chrétiens dans ses rangs, preuve que le caractère fondamental du régime a contribué à aggraver les tensions sectaires en Egypte.

De plus, certains observateurs prétendent que les chrétiens en Egypte ont été soumis à des formes systématiques de discrimination qui les ont mis à l'écart et laissés si mécontents que certains se sont radicalisés. Ce triste état des affaires peut être attribué à l'absence de véritable démocratie qui, à son
tour, vient amoindrire la tolérance et l'harmonie et nourrir le fanatisme et le sectarisme.

Ce sombre tableau qui domine aujourd'hui le front domestique de l'Egypte est en opposition totale avec la coexistence pacifique qui marquait les relations harmonieuses entre la majorité musulmane et la minorité chrétienne dans les années allant de la révolution de 1919, contre l'occupation britannique, au coup d'Etat de 1952.

Certes, la débâcle politique que connaît l'Egypte depuis le coup d'Etat de 1952, qui s'est manifesté par une stricte censure des médias, l'abolition des partis politiques et une main de fer imposée sur la société civile, a fait beaucoup de victimes chez les musulmans et les chrétiens. Cependant, les chrétiens ont été en plus dépossédés de tous les postes dans le renseignement ou la sécurité. Cette criante injustice infligée à la minorité chrétienne a joué un rôle crucial en aggravant l'état d'insatisfaction politique des Coptes.

Par ailleurs, la conscience politique et culturelle s'est considérablement détériorée du fait de l'absence d'instruction à l'époque de Nasser, bouleversant les valeurs fondamentales de citoyenneté, d'égalité et d'unité nationale.

Aujourd'hui, nous avons absolument besoin de lancer une campagne de sensibilisation pour amener le peuple à adopter les nobles valeurs de tolérance religieuse et à renoncer à la bigoterie. Les médias et les établissements scolaires peuvent diffuser ce message à grande échelle.

Nous devons aussi tenir compte du fait que les conditions économiques et sociales actuellement déplorables qui ont conduit plus de 30% de la population égyptienne à vivre sous le seuil de pauvreté, ont tôt fait de faire de l'Egypte une terre propice aux maux sociaux tels que l'extrémisme et le fanatisme religieux.

Certains établissements religieux, qu'ils soient musulmans ou chrétiens, ont été mêlés à de cruelles campagnes incitant un extrémisme farouche et enflammé des deux côtés. Les maisons de Dieu ne doivent pas servir de bastions pour propager des idées mensongères et calomnieuses qui viennent renforcer les divisions entre les communautés musulmanes et chrétiennes.

Nous sommes confrontés à de réelles menaces qui mettent en péril notre cohésion sociale et l'avenir de notre nation. Nous devons être à la hauteur de ce défi et faire preuve d'une grande vigilance face à ce danger imminent qui compromet notre unité nationale.

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*Osama El-Ghazali Harb est rédacteur en chef du mensuel Al Siyasa Al Dawliya publié par Al-Ahram et l'un des fondateurs du Parti du Front démocratique. Cet article abrégé est distribué par le Service de Presse de Common Ground (CGNews) avec l'autorisation du Daily News Egypt. Le texte est disponible dans son intégralité en anglais sur www.thedailynewsegypt.com.




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