Les organisateurs attendent des centaines de milliers d'habitants des quatre coins du pays pour ce rassemblement dans un secteur dévasté par les bombardements de Tsahal en 34 jours de guerre, mais on ignore si Nasrallah y apparaîtra en personne.
Plusieurs heures avant le rassemblement prévu vendredi soir, des milliers de personnes étaient déjà massées dans le faubourg sud.
"Dieu a été généreux avec nous, il nous a accordé cette victoire sur notre ennemi. Il a été généreux et nous a donné Sayyed Hassan Nasrallah, alors nous venons ici fêter cela avec lui", a déclaré à Reuters Hussein Kaddouh, 29 ans, du village méridional de Yater.
"Nous sommes prêts à répondre à l'appel de Sayyed Nasrallah avec notre sang, nos enfants et tout ce que nous possédons."
Des centaines de Libanais ont pris la route à pied jeudi dans le Sud, que Tsahal a pilonné et quadrillé durant la guerre.
Dans la foule qui grossissait à Beyrouth, on brandissait des portraits de Nasralleh et des drapeaux jaunes du Hezbollah frappés du message "Nasrallah, nous voilà".
Beaucoup de participants portaient des t-shirts et scandaient des slogans pro-Nasrallah. Certains disaient ne pas seulement être là pour se réjouir mais pour tenter de voir le charismatique dirigeant du "parti de Dieu".
"Je suis venu voir Sayyed de tout près. C'est la vraie fête de l'indépendance du Liban et nous voulons être avec lui", confiait Zahra Soueidan, du village de Bayada, dans le Sud.
RETRAIT EN VOIE D'ACHEVEMENT
Le rassemblement était censé coïncider avec le retrait final des troupes israéliennes du Liban, mais le chef d'état-major israélien a annoncé mercredi que l'évacuation prendrait encore quelques jours.
Les forces de Tsahal ont quitté progressivement les zones dont elles avaient pris le contrôle dans les combats, déclenchés par un raid transfrontalier du Hezbollah dans lequel deux soldats israéliens avaient été enlevés et huit autres tués.
Le Hezbollah s'est attribué la victoire à l'issue d'une guerre qui a fait près de 1.200 morts au Liban, en majorité des civils, et 157 côté israélien.
"Je vous appelle tous à participer au rassemblement de la victoire, votre victoire (...) dans le faubourg sud, le faubourg de l'honneur, de la gloire, de la foi, de la constance et de la victoire de tout le pays", a déclaré Nasrallah sur la chaîne de télévision du Hezbollah, Al Manar.
Au cours de la guerre, l'aviation israélienne a bombardé les bastions du Hezbollah et détruit des ponts et des routes dans tout le pays, obligeant près d'un million de personnes à quitter leurs foyers. Le Hezbollah a tiré près de 4.000 roquettes sur le nord d'Israël.
Aux termes d'une "cessation des hostilités" conclue en août sous l'égide de l'Onu pour mettre fin aux combats, les Nations unies et l'armée libanaise déploient des renforts dans le Sud pour superviser la trêve et tenter de rétablir l'autorité du gouvernement de Beyrouth, battue en brèche par le Hezbollah.
Mais Nasrallah affirme que ses combattants restent sur la frontière israélienne, et le mouvement chiite soutenu par l'Iran et la Syrie refuse de déposer les armes comme l'a exigé de lui la communauté internationale.
Nasrallah n'est pas apparu en public depuis la conférence de presse qu'il avait donnée le 12 juillet pour annoncer la capture des deux soldats israéliens.