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Liban: le chef du Hezbollah demande la démission du gouvernement


Le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a accusé d'intelligence avec Israël des groupes de la majorité politique au Liban, alors que l'Allemagne a approuvé l'envoi de troupes sur place dans le cadre de la Finul élargie.



Montage de portraits du chef du Hezbollah Hassan Nasrallah et du Premier ministre libanais Fouad Siniora
Montage de portraits du chef du Hezbollah Hassan Nasrallah et du Premier ministre libanais Fouad Siniora
Côte israélien, un mois après la fin des combats entre l'Etat hébreu et les hommes du Parti de Dieu, l'officier responsable de la région frontalière, le général Oudi Adam, a démissionné sous les critiques.

Par ailleurs, le gouvernement allemand a approuvé mercredi l'envoi de militaires, première intervention armée de l'Allemagne au Proche-Orient depuis la Deuxième guerre mondiale.

La demande d'intervention de la Bundeswehr, qui doit prendre le commandement de la force maritime internationale de surveillance des côtes avec un maximum de 2.400 soldats soldats allemands, émane à la fois de l'Etat hébreu et du Liban, a insisté Angela Merkel à l'issue d'une réunion du gouvernement.

Perçu par sa communauté comme le grand vainqueur des affrontements de juillet-août, Hassan Nasrallah a accusé mardi soir des forces politiques libanaises d'"avoir en quelque sorte participé aux côtés d'Israël à la guerre" contre sa formation. Son intervention sur la télévision Al-Jazira est une nouvelle attaque du Hezbollah, dans lequel nombre de chiites libanais se reconnaissent, contre le gouvernement de Fouad Siniora, et la majorité parlementaire anti-syrienne.

Le Hezbollah demande la démission du gouvernement, considéré par les pays occidentaux et l'Onu comme le garant du mécanisme de paix mis en place par la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l'Onu après 34 jours de guerre. L'un des artisans de cette solution, le secrétaire général de l'Onu, Kofi Annan, a appelé au désarmement du Hezbollah pour assurer que le conflit ne reprenne pas. Dans un rapport publié mardi sur la mise en oeuvre de la 1701, M. Annan rappelle que "toute force autre que celle du gouvernement libanais doit être désarmée".

De même, assure ce rapport, "du côté israélien, les survols doivent cesser complètement". Mercredi, des appareils israéliens ont survolé le sud du Liban, selon des services de sécurité. Le rappel à l'ordre de Kofi Annan intervient alors que le Hezbollah tire à boulets rouges sur le cabinet avec lequel il est censé s'entendre pour procéder à son propre désarmement.

Deux ministres du gouvernement sont également affiliés au parti chiite qui compte 14 députés au Parlement. "Ce gouvernement ne jouit d'aucune popularité qui lui permette de faire face aux défis", a assuré M. Nasrallah, appelant à un gouvernement d'union nationale. Il a menacé "de dévoiler des choses qui se sont passées durant la guerre avec le gouvernement et des forces politiques importantes dans le pays".

Samir Geagea, chef du parti chrétien des Forces libanaises, a indiqué à la presse que les "Forces du 14 mars", un groupement anti-syrien dont il fait partie, ont "toujours soutenu qu'il ne fallait pas donner des prétextes à Israël pour mener une guerre contre le Liban". Il a affirmé qu'avoir des opinions divergentes "ne signifiait pas poignarder quelqu'un dans le dos". Une source proche du Courant du Futur du chef de la majorité parlementaire Saad Hariri, citée par le journal As-Safir, s'est étonnée des propos "dangereux" tenus par Hassan Nasrallah.

Cheikh Nasrallah a par ailleurs annoncé l'arrivée "la semaine prochaine" au Liban du médiateur de l'Onu dans l'affaire des prisonniers entre le Hezbollah et Israël. M. Annan a annoncé qu'il s'agit d'un Européen mais refusé de révéler son identité.

En Israël, la guerre au Liban a fait une nouvelle victime: Le général Oudi Adam est le plus haut gradé qui quitte ses fonctions à la suite des très vives critiques suscitées par la manière dont l'armée et le gouvernement ont mené l'offensive. Depuis la fin des hostilités à la mi-août, les unités internationales qui doivent venir renforcer la Finul arrivent au Liban, et de nouveaux renforts sont attendus mercredi de France.

Un bateau marchand a accosté dans le port de Beyrouth, chargé de 250 véhicules. Et un avion est annoncé dans l'après-midi avec quelques 200 soldats à bord. Mardi, quelque 400 soldats français sont arrivés à Beyrouth ainsi que 14 chars Leclerc qui devront être peints en blanc, aux couleurs de l'Onu, avant d'entamer leur mission dans le sud du Liban, ont indiqué des sources militaires françaises.

AFP
Mercredi 13 Septembre 2006


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