Loi Hadopi: La majorité des Français prête à renoncer au piratage sur internet face aux sanctions encourues


MAP le 29 Juillet 2010


Paris - La majorité des Français est disposée à renoncer au piratage sur internet face aux sanctions encourues dans le cadre de la loi Hadopi (Haute autorité pour la diffusion des oeuvres et la protection des droits sur Internet), opérationnelle depuis mardi, selon un sondage de l'Institut Français d'Opinion Publique et d'études de marché (Ifop).


Loi Hadopi: La majorité des Français prête à renoncer au piratage sur internet face aux sanctions encourues
Ainsi, 69 pc des personnes interrogées se disent prêtes à arrêter de télécharger illégalement de la musique ou des vidéos s'ils tombaient sous le coup de la loi Hadopi, d'après les résultats de ce sondage publiés jeudi par le quotidien français +Le Parisien+.

Il ressort de cette étude que les Français (77 pc) sont "même prêts à faire la police eux-mêmes", en surveillant l'utilisation de leurs ordinateurs par leurs enfants ou par un proche en cas de problème.

Quant aux accros au Web, ils sont 46 pc à estimer qu'"à défaut de jouer aux gendarmes et aux voleurs, il faudrait purement et simplement bloquer l'accès aux sites illégaux qui permettent de télécharger gratuitement de la musique ou de la vidéo".

Même s'ils la craignent, ils ne sont plus que 21 pc à penser que la sanction judiciaire reste la bonne solution, les autres (31 pc) croyant encore au bienfait de la pédagogie et des simples avertissements, selon l'étude.

Par ailleurs, près de 70 pc des sondés estiment qu'un abonnement fixé à moins de 10 euros pour télécharger légalement contribuerait à endiguer le problème.

De plus, face aux sanctions, ils sont 66 pc à accepter de se tourner vers les offres légales et donc à payer pour écouter de la musique ou voir des films.

"Si c'est le cas, la loi Hadopi remplira largement sa mission: redonner de la valeur à la production artistique", estime +Le Parisien+.

En vertu de la loi Hadopi, ce sont les ayants droit eux-mêmes qui devront alerter le gendarme du Web en lui signalant les sites hors la loi et surtout ceux qui les fréquentent.



"Ils peuvent nous transmettre des plaintes à propos d'adresses IP (l'équivalent de la carte d'identité d'un ordinateur) qui procèdent à une circulation illégale de fichiers", explique au +Parisien+ Eric Walter, secrétaire général de l'Hadopi.

"Nous avons deux mois pour leur adresser un mail pour négligence caractérisée. Si la même adresse réapparaît, un second mail, accompagné d'une lettre recommandée, sera envoyé", précise-t-il.

En cas de nouvelle répétition, la Commission de protection des droits (CDP) peut décider de transmettre le dossier à la justice. Le pirate s'expose alors à 1500 euros d'amende et à une suspension de sa connexion Internet.

Une première plainte d'un titulaire de droit aurait été transmise en début de semaine à l'organisme, qui emploiera bientô t 50 à 70 personnes : juristes, ingénieurs et techniciens.

"La chasse est donc commencée. Elle se limitera aux utilisateurs puisque la plupart des sites illégaux sont basés à l'étranger, là où la loi française ne peut pas être appliquée", souligne le quotidien français.


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