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Maroc: report au 4 juillet du procès contre Al-Jazira


Rabat : Le procès du directeur à Rabat de la chaîne d'information Al-Jazira et d'un militant des droits de l'homme, accusés d'avoir propagé "de fausses informations" sur une opération policière dans le sud du Maroc a été reporté au 4 juillet, a constaté mardi l'AFP.



Hassan Rachidi
Hassan Rachidi
Mardi, seul le chef du bureau d'Al-Jazira, Hassan Rachidi, était dans le box des accusés, le responsable du Centre marocain des droits humains (CMDR) à Sidi Ifni, Ibrahim Sebaa El Layl n'ayant pas reçu sa convocation, envoyée à son domicile alors qu'il est incarcéré depuis vendredi.

Les deux hommes sont inculpés de "diffusion d'une fausse information et (de) complicité". Ils avaient affirmé qu'une violente intervention policière à Sidi Ifni, une localité portuaire dans le sud du Maroc, avait fait, le 7 juin, "entre un et cinq morts", ce que les autorités marocaines ont catégoriquement démenti.

Une source gouvernementale a affirmé qu'il s'agissait "d'un procès normal et ordinaire mais Al-Jazira veut le médiatiser et le politiser et si cette chaîne avait présenté des excuses nous n'en serions pas là", a ajouté cette source.

Répondant à la défense qui avait demandé en vain un report jusqu'en septembre du procès en raison des vacances judiciaires et pour préparer ses plaidoiries, cette source gouvernementale a estimé que "les avocats avaient assez de temps pour préparer la défense".

Par ailleurs, Sebaa El Layl, arrêté le 27 juin, a comparu mardi après-midi devant un tribunal de Rabat pour avoir répété lors d'une conférence de presse du CMDR ses accusations sur les morts de manifestants. Ce procès a été reporté au 8 juillet. Le parquet a indiqué qu'il s'agissait "d'une fausse information car le prévenu n'a apporté aucun preuve matérielle de ce qu'il a avancé".

L'organisation internationale des droits de l'Homme Human Rights Watch (HRW), a appelé mardi dans un communiqué les autorités marocaines à cesser leurs poursuites judiciaires.

"Les autorités marocaines devraient chercher la vérité sur les abus commis par la police à Sidi Ifni et permettre une discussion ouverte sur cet incident au lieu d'user des lois répressives pour +tirer sur les messagers+", a écrit Sarah Leah Whitson, directrice pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord de cette ONG dont le siège est à New York.

"Poursuivre en justice des défenseurs des droits de l'Homme et des journalistes pour la diffusion d'informations est incompatible avec l'engagement du Maroc à respecter la liberté d'expression (...) et rend plus difficile l'établissement de la vérité", a souligné Mme Whitson.

De son côté, l'Organisation marocaine des droits de l'homme (OMDH, indépendante) a qualifié mardi de "très violente" l'intervention des forces de l'ordre le 7 juin à Sidi Ifni, dans un rapport d'une commission d'enquête divulgué mardi à Rabat.

L'OMDH a condamné les "violations des droits de l'Homme à Sidi Ifni" et appelé le gouvernement "à accélérer le développement socio-économique de cette ville" pour éviter que de tels troubles ne se répètent.

Selon le rapport de l'OMDH, "il n'y a pas eu de morts et de viols de femmes" lors des incidents de Sidi Ifni.

AFP
Mercredi 02 Juillet 2008


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