Aux stratégies anti-chômage / premier emploi et aux combats annoncés contre les extrémismes droitiers, se superposent déjà, les pistes convergentes des flux migratoires. En guise de programme de gouvernance à l'européenne?
Mais les intérêts légitimes et bien compris des Français au Maroc, des Marocains en France et des Franco-Marocains (ou Maroco-Français) n'étaient pas à l'ordre du jour de l'escale marrakchie du ministre Français de l'Intérieur, après la "vente" de ses laborieux argumentaires aux sud-sahariens d'une immigration modèle « choisie et non subie ».
Faut-il inverser les rôles pour que les uns et les autres se rendent compte que ces agitations électoralistes n'offrent aucune visibilité rassurante aux communautés étrangères vivant en France ou au Maroc ??
Peut être un seul point commun sur l'agenda 2007, nous sommes invités (convoqués ?) à valider, non pas des choix politiques, mais des ambitions très personnelles...
Nos conversations Franco-Marocaines autour d'un verre estival (de thé à la menthe bien sûr!) se recoupent pour nous mener sur les chemins « citoyens » des urnes. Nous serons consultés ( ?) sans que l'on donne une suite rigoureuse à nos avis.
Pour ma part (Quelques lignes d'une Chronique qui vire au « carton » Rouge) ma religion est faite. Pour éviter l'enfer du processus votatif, mettant la charrue avant les bœufs et implorant le salut des sept saints patrons de Marrakech pour guider mon choix, celui prémonitoire pour 2007 (valeur sondage aujourd'hui) je n'irai pas voter en raison des points suivants :
1- Le vote n'étant pas obligatoire parce que ça arrange aussi nos mal-élus, le boycott citoyen de toutes ces mascarades finira bien par donner raison aux absents.
2- RAS. Pour naviguer dans les horizons 2007 qui exigent de nouvelles compétences, on nous représente les mêmes têtes du déjà remake électoral de 2002. Donc, inutile de signaler même son passage au bureau de vote…
3- Les Français de l'étranger – dont le Maroc - enverront leurs dignes représentants au Parlement parisien. Comparaison n'est pas raison ? Voire !
4- Les Marocains qui résident à l'étranger ont le choix de voter et de se faire élire …. en Belgique, en Hollande et même…en France. Mais pas au Maroc. Pour les prochaines échéances ils doivent se contenter d'un simple acte de procuration occultant leur quotidien d'émigrés.
5- Les premiers ministres Français (un r'bati de naissance) et Marocain (un amazigh d'origine) ne sont pas sortis des urnes et, pourtant, ils veillent sur celles de 2007.
6- Le ministre de l'intérieur Français, président du parti UMP de la majorité, organise les élections législatives et présidentielles et se porte candidat devant les suffrages populaires. Ses homologues marocains Fouad Ali Al Himma et Chakib Benmoussa, ne représentent ni parti politique, ni aucune circonscription électorale…
7- Jamais sans mon Français. Vivant à Marrakech le plus régulièrement possible, participant au développement et au rayonnement de la Cité Rouge (et non ocre), je n'accepterai de jouir pleinement de mon droit de vote sans lui. Lui: c'est bien entendu le Français d'ici, mon voisin en médina et au douar haouzi.
Les Français ne sont-ils pas partout pour que les dernières barrières municipales et parlementaires ne sautent ? Dans l'économie, allant des banques au tourisme; comme dans la culture, tantôt éditeurs ou organisateurs de festivals, les Français, et par extension, leurs "frères" de l'Union Européenne, assurent la gestion de notre transport urbain, distribuent notre électricité et notre eau, doublent en Français (SVP) les films américains pour nous…
Alors, jamais sans mon Français ?
Que chacun le dise et exerce sa pression citoyenne pour que le droit de vote soit enfin accordé aux émigrés Français au Maroc. C'est une question d'équité et de réciprocité que les descendants des gaulois doivent faire prévaloir auprès de leur métropole. Ils trouveront dans nos franges progressistes, non seulement soutien mais également l'appui de notre courant qui préconise, à l'instar de la représentativité féminine au Parlement de Rabat, un quota minimum de 10 % des fauteuils législatifs à octroyer aux Français d'ici.
Suivra ……
P.S : A la une du journal islamiste Attajdid du 10 juillet 2006 ce titre solidaire : 12 partis menacent de boycotter les élections 2007 et d'appeler les citoyens à la non-participation.