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Marrakech : Corps et cinéma

Colloque international du 2 et 3 février 2010


Communiqué - eMarrakech le 29 Janvier 2010

Marrakech : Comment le cinéma arrive-t-il à montrer et à masquer le corps ? Corps mutilés. Corps martyrisés. Corps sublimés. Corps mythifiés. Corps nus. Corps voilés. Corps visibles et invisibles. Corps transcendés. Corps désincarnés. Corps réincarnés.


Marrakech : Corps et cinéma
Corps d’ici et d’ailleurs. Corps cadrés ou décadrés. Corps réels ou virtuels…le cinéma n’a jamais cessé, depuis sa naissance, de s’interroger sur la place du corps dans notre imaginaire social et dans les souterrains de notre inconscient individuel. Mélies, Buster Keaton, O.Welles, Bergman, Fellini, Antonioni, Jarmuch,Truffaut, Kurosawa, Maanounni, F. Bensaidi Daoud Oulad Sayed…l’histoire du cinéma est une longue quête du Graal : le corps parfait qui subsume tous les corps et qui ne se réduit à aucun corps.

De plus, la question du corps filmé est, depuis quelques décennies, l’objet de recherche et d’interrogations à la fois esthétiques, politiques psycchanalytiques et sociologiques. En témoignent les travaux de V. Amiel, de P. Baudry, de N. Brenez, de P. Lehman, de A.Grunert, Shaviro… etc.

Le corps filmé est-il en continuité ou en rupture avec les autres représsentations artistiques (théâtre, peinture, photographie, gravure, bande dessinnée…) ? Comment l’image du corps arrive-t-elle à exprimer et à créer en nous ces pulsions/répulsions, ces désirs, ces sensations, cette joie esthétique que nous ressentons lors de toute projection en salle ou devant le petit écran ?

L’image du corps est-elle un reflet fidèle du malaise social, un réceptacle des symboles et des échecs de la société ou un vecteur de modèles positifs et de prototypes à copier ? L’image du corps n’est-elle pas cet aveuglant artefact de beauté/laideur qui nous masque le corps, le vrai corps ? Ou n’est–elle qu’un tremplin pour symboliser métaphoriquement, métonymiquement autre chose de plus profond, de plus caché ? Jusqu’à quel point peut-on montrer le corps? Y a-t-il des limites de la représentation ? Et puis de quel corps s’agit-il ? Celui du réalisateur ? Celui de l’acteur ? Celui du personnage ? Celui du spectateur tapi dans son fauteuil ? Pour finir, et si tout le cinéma n’était, en fait, qu’une affaire de corps?

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