"La France a besoin d'un Maroc stable, d'un Maroc de développement, d'un Maroc démocratique, d'un Maroc pluriel et d'un Maroc qui ne renie pas son passé", a dit M. Sarkozy, estimant que l'investissement au Maroc "c'est d'abord faire confiance au Royaume du Maroc pour se développer".
Le chef d'Etat français a exprimé, dans ce cadre, sa considération pour le courage de SM le Roi Mohammed VI. "Revisiter l'histoire marocaine, revisiter les années de plomb, indemniser les victimes et évoquer ces sujets, c'est le fait d'un Souverain courageux", a-t-il dit, précisant que la France veut accompagner le Maroc dans ce chemin vers la modernité.
Il a souligné que son pays "n'a aucun droit acquis" au Maroc et les entreprises françaises doivent partir à égalité avec les autres et faire preuve de combativité pour réussir sur le marché marocain.
Le président français a mis l'accent également sur l'importance des décisions politiques dans le monde des affaires, précisant que le politique n'est pas l'ennemie de l'économique. "Je suis pour l'économie de marché, pour la concurrence, pour la mondialisation et pour la liberté, mais cela ne veut pas dire la démission des politiques", a-t-il précisé, notant que le marché ne peut pas tout prévoir et tout organiser, d'où la nécessité "d'une volonté stratégique".
Il a cité à titre d'exemple le projet du train à grande vitesse (TGV), le premier dans le monde arabe, qui "ne peut pas se faire sans un engagement politique" des deux chefs d'Etat.
"Allez-y totalement et sans réserve, sans aucune idée préconçue et sans droit acquis", a lancé M. Sarkozy à l'adresse des quelque 70 hommes d'affaires français qui ont fait le déplacement à l'occasion de la visite officielle de trois jours du président français dans le Royaume.
Lors de leur rencontre, initiée par le groupe d'impulsion économique maroco-français, les communautés d'affaires des deux pays ont affiché clairement leurs ambitions d'avenir, en s'engageant solennellement à approfondir encore plus leurs partenariats et en tirant profit de la synergie existant entre les deux parties.
Cette rencontre était en fait un cadre opportun pour les patronats des deux pays (CGEM et le MEDEF) et au Groupe d'impulsion économique conjoint de lancer un débat franc sur les perspectives d'une relation que tout le monde considère exemplaire, mais qui a besoin d'être repensée à la lumière des mutations en cours aussi bien dans le Royaume que dans l'Hexagone.
En marge de cette rencontre, le gouvernement marocain a signé trois accords avec des entreprises françaises. Il s'agit des accords avec le groupe touristique "Accor", la société Sagem, filiale du groupe Safran, et l'Ecole Supérieure de Commerce (Sup de Co) de Toulouse qui viendra s'implanter à Casablanca.