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Premier ministre québécois : la crise financière au menu du sommet de la francophonie


Québec : La crise financière s'invitera au XIIe sommet de la Francophonie, la semaine prochaine à Québec, fournissant la première occasion d'une discussion Nord-Sud sur la tourmente mondiale, a indiqué le Premier ministre québécois Jean Charest.



Jean Charest
Jean Charest
"Il se présente une occasion unique. La crise financière fait en sorte qu'on doit aborder cette question au sommet", a déclaré Charest dans un entretien avec l'AFP jeudi.

La Francophonie "doit dorénavant être capable de prendre le ballon au vol, lorsque des situations comme celle-là se présentent", dit-il.

Le sommet doit rassembler 55 chefs d'Etat et de gouvernement dont de nombreux pays du Sud, du 17 au 19 octobre à Québec, en point d'orgue des célébrations du 400e anniversaire de la fondation de la ville par l'explorateur français Samuel de Champlain.

"Les circonstances font qu'on est le premier forum Nord-Sud à se réunir dans la foulée de cette crise et c'est l'occasion d'en discuter, de faire ensemble une lecture commune de la situation, d'essayer d'en mesurer les impacts sur les uns et les autres, incluant les pays du Sud", a déclaré Charest, co-hôte du sommet avec le Premier ministre canadien Stephen Harper.

Les pays du Sud seront aussi touchés s'il y a un assèchement du crédit au niveau mondial, a fait valoir le Premier ministre québécois. La crise actuelle, a-t-il dit, "est un des événements qui risquent le plus de changer les équilibres financiers mondiaux", et elle aura aussi des conséquences sur la crise alimentaire qui frappe particulièrement l'Afrique.

Charest a souhaité que l'accent soit mis davantage sur la dimension Nord-Sud dans ces sommets. "La Francophonie est un des seuls forums Nord-Sud et on n'a pas suffisamment mis à contribution ce trait de caractère", a-t-il insisté.

"Ce que nous souhaitons, c'est un sommet nouveau, plus dynamique", que les éditions précédentes à Bucarest (2006, Roumanie), ou Ouagadougou (2004, Burkina Faso), a souligné Charest, disant vouloir sortir du "formalisme" grâce entre autres à l'instauration de petits forums de discussions entre chefs d'Etat.

Charest a d'autre part affirmé fort bien comprendre que le président français Nicolas Sarkozy doive quitter Québec avant la fin du sommet dimanche.

"On comprend parfaitement les circonstances. Il est président de l'Union européenne", a-t-il dit.
Outre l'état de la langue française qui doit être discuté dimanche, le sommet débattra aussi de l'environnement et des changements climatiques.

"A mes yeux (la Francophonie) est le forum idéal pour aborder cette question", a assuré Charest en faisant valoir qu'une collaboration Nord-Sud était indispensable pour réussir à réduire les émissions de gaz à effet de serre.

"Je souhaite que nous puissions aborder la question sous l'angle de la coopération entre le Nord et le Sud et devenir porteurs de projets concrets de nouvelles idées qui vont s'inscrire dans les forums sur les suites du protocole de Kyoto", a-t-il dit.

"Il ne s'agit pas de faire le procès de quiconque", a ajouté Charest, faisant allusion au fait que, contrairement au Québec, le gouvernement fédéral canadien est accusé par les écologistes de traîner les pieds dans le domaine de la lutte contre les changements climatiques.

Charest a par ailleurs souhaité la présence à Québec du président algérien Abdelaziz Bouteflika, qui a été formellement invité par Québec et Ottawa, mais dont le pays ne fait pas partie de l'Organisation internationale de la Francophonie.

AFP
Vendredi 10 Octobre 2008




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