- La domination de Nicolas Sarkozy dans les sondages se confirmera-t-elle dans les urnes? Crédité de 27% à 30% d'intentions de vote, en tête des enquêtes depuis le 15 janvier, Nicolas Sarkozy apparaît le mieux placé pour se qualifier pour le second tour.
Les scores qui lui sont attribués sont les plus élévés observés pour un candidat de ce camp au premier tour depuis 1981 et les 28,3% de Valéry Giscard d'Estaing.
Une poussée de Le Pen pourrait tirer son score vers le bas, selon les sondeurs.
- Le «vote utile» jouera-t-il pour Ségolène Royal? Le spectre de l'élimination de la gauche a plané sur la campagne. En 2002, Jean-Marie Le Pen, profitant de l'émiettement des voix à gauche, avait éliminé le socialiste Lionel Jospin du second tour.
61% des Français considèrent que l'absence de Mme Royal au second tour serait «grave pour la démocratie». Les socialistes ont multiplié les appels au «vote utile».
Ségolène Royal réussit à mobiliser son camp. Les intentions de vote en sa faveur - 23% à 26% - sont proches des 25,85% de François Mitterrand qui avait gagné la présidentielle et installé la gauche au pouvoir en 1981. Mais l'ensemble de la gauche est entre 35,5% et 38,5% des intentions de vote.
C'est moins qu'en 2002 et en 1995 (environ 40%), quand elle avait perdu.
- Jean-Marie Le Pen peut-il rééditer le choc de 2002? Crédité de 12 à 15,5% d'intentions de vote, le leader du Front national affirme qu'il se qualifiera pour le second tour au terme d'un nouveau «tsunami» électoral.
Si la qualification se joue autour de 20%, il faudrait toutefois qu'il progresse considérablement en nombre de voix par rapport à 2002. Il avait obtenu 5,5 millions de suffrages au second tour. Cette fois, avec l'hypothèse d'une abstention autour de 20%, il lui faudrait 7 millions de voix pour espérer se qualifier.
- François Bayrou réussira-t-il son pari? Le candidat centriste a été la surprise de la campagne, se hissant à plus de 20% dans les sondages, avant de revenir entre 17% et 19%. Son électorat potentiel, composite et indécis puisque formé en grande partie de déçus de chaque camp, peut être sa principale faiblesse. Mais il pourrait apparaître comme le seul à pouvoir battre Nicolas Sarkozy au second tour.
- Le nombre élevé d'indécis ou une forte abstention peuvent-ils bouleverser la donne? Les sondeurs situent entre 30 et 40% ceux qui n'ont pas encore choisi leur candidat ou peuvent changer d'avis. Chiffre supérieur à celui de 2002 à la même époque, alors que traditionnellement 15 à 20% des électeurs se décident au dernier moment.
L'abstention sera déterminante. Une forte abstention devrait mécaniquement avantager M. Le Pen, dont l'électorat est souvent le plus mobilisé. Selon les sondeurs, l'abstention devrait être beaucoup moins forte qu'en 2002 (28,4%).
- Quel sera le comportement des nouveaux électeurs? C'est une grande inconnue. Quelque 1,8 million de nouveaux électeurs se sont inscrits en 2006, sur un total de 44,5 millions. L'augmentation a été particulièrement sensible dans les villes, grandes comme moyennes, et certaines banlieues.