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Présidentielle en France: les clés du scrutin

AFP le 20 Avril 2007

Paris - Du niveau du vote en faveur de Nicolas Sarkozy (droite) au score du chef de l'extrême droite Jean-Marie Le Pen en passant par l'inconnue posée par les nombreux indécis, voici quelques clés du premier tour de la présidentielle dimanche en France.



Présidentielle en France: les clés du scrutin
- La domination de Nicolas Sarkozy dans les sondages se confirmera-t-elle dans les urnes? Crédité de 27% à 30% d'intentions de vote, en tête des enquêtes depuis le 15 janvier, Nicolas Sarkozy apparaît le mieux placé pour se qualifier pour le second tour.

Les scores qui lui sont attribués sont les plus élévés observés pour un candidat de ce camp au premier tour depuis 1981 et les 28,3% de Valéry Giscard d'Estaing.

Une poussée de Le Pen pourrait tirer son score vers le bas, selon les sondeurs.
- Le «vote utile» jouera-t-il pour Ségolène Royal? Le spectre de l'élimination de la gauche a plané sur la campagne. En 2002, Jean-Marie Le Pen, profitant de l'émiettement des voix à gauche, avait éliminé le socialiste Lionel Jospin du second tour.

61% des Français considèrent que l'absence de Mme Royal au second tour serait «grave pour la démocratie». Les socialistes ont multiplié les appels au «vote utile».

Ségolène Royal réussit à mobiliser son camp. Les intentions de vote en sa faveur - 23% à 26% - sont proches des 25,85% de François Mitterrand qui avait gagné la présidentielle et installé la gauche au pouvoir en 1981. Mais l'ensemble de la gauche est entre 35,5% et 38,5% des intentions de vote.

C'est moins qu'en 2002 et en 1995 (environ 40%), quand elle avait perdu.
- Jean-Marie Le Pen peut-il rééditer le choc de 2002? Crédité de 12 à 15,5% d'intentions de vote, le leader du Front national affirme qu'il se qualifiera pour le second tour au terme d'un nouveau «tsunami» électoral.

Si la qualification se joue autour de 20%, il faudrait toutefois qu'il progresse considérablement en nombre de voix par rapport à 2002. Il avait obtenu 5,5 millions de suffrages au second tour. Cette fois, avec l'hypothèse d'une abstention autour de 20%, il lui faudrait 7 millions de voix pour espérer se qualifier.

- François Bayrou réussira-t-il son pari? Le candidat centriste a été la surprise de la campagne, se hissant à plus de 20% dans les sondages, avant de revenir entre 17% et 19%. Son électorat potentiel, composite et indécis puisque formé en grande partie de déçus de chaque camp, peut être sa principale faiblesse. Mais il pourrait apparaître comme le seul à pouvoir battre Nicolas Sarkozy au second tour.

- Le nombre élevé d'indécis ou une forte abstention peuvent-ils bouleverser la donne? Les sondeurs situent entre 30 et 40% ceux qui n'ont pas encore choisi leur candidat ou peuvent changer d'avis. Chiffre supérieur à celui de 2002 à la même époque, alors que traditionnellement 15 à 20% des électeurs se décident au dernier moment.

L'abstention sera déterminante. Une forte abstention devrait mécaniquement avantager M. Le Pen, dont l'électorat est souvent le plus mobilisé. Selon les sondeurs, l'abstention devrait être beaucoup moins forte qu'en 2002 (28,4%).

- Quel sera le comportement des nouveaux électeurs? C'est une grande inconnue. Quelque 1,8 million de nouveaux électeurs se sont inscrits en 2006, sur un total de 44,5 millions. L'augmentation a été particulièrement sensible dans les villes, grandes comme moyennes, et certaines banlieues.


Commentaires

1.Posté par fn-jmlp.skyblog.com le 21/04/2007 13:13
Le Pen a beaucoup été critiqué, mais maintenant, on s’aperçoit tous qu’il avait raison, on ne peux plus accueillir toute la misère du monde dans notre pays, il y a 5millions de chômeurs, 2milles 500milliards de dettes, 7millions de pauvres….STOP. Si on continu l’immigration, on ne pourra plus les loger. Le Pen est le seul à s’en rendre compte.
Allez voir mon blog: http://fn-jmlp.skyblog.com/
http://fn-jmlp.skyblog.com/

2.Posté par acharif moulay abdellah bouskraoui le 23/04/2007 19:09
Louange à Dieu seul.
personnellement j'invite tous les MRE de voter pour le candidat qui soutiendra le maroc dans le projet d'autonomie de nos province du sud du maroc ...
http://www.maisonblanche.canalblog.com

3.Posté par Arkantz le 23/04/2007 22:16
Au Pays d’Astérix

Le premier tour des élections présidentielles passé, on pourrait se sentir soulagé. Le suspense n’aura pas duré très longtemps. Déjà sur CNN, vers 19h45, les commentateurs faisaient état d’un résultat sans grande surprise. Soit ! Si avec plus de 30% des suffrages Nicolas Sarkozy est sorti en tête, Ségolène Royal a sauvé la sienne et du même coup son parti. On n’ose imaginer quelle aurait été la situation du Parti Socialiste, si une fois encore son candidat n’avait pu se qualifier pour le second tour. La bonne surprise s’il y en a une vient de l’excellent score de François Bayrou. Certes, la France ne semble pas encore prête à briser cet éculé clivage droite gauche, qui à mon sens est dénué de tout fondement, mais date est désormais prise pour une nouvelle donne politique. L’autre surprise c’est l’érosion du Front National. Comme je l‘écrivais précédemment dans mon dernier article (1) je ne voyais pas Jean-Marie Le Pen réitérer son exploit de 2002. Cela ne signifie pas qu’il faille enterrer le Front National. Loin de là. Déjà dans Le Prince des Faces, je dénonçais le noyautage par une formation d’extrême droite de la société, et notamment de ses banlieues. L’histoire ne m’a pas donné tort. Et je soupçonne l’extrême droite d’utiliser les banlieues et particulièrement les mouvements sectaires pour asseoir son pouvoir local. Il est vrai que cette extrême droite-là j’ai eu l’occasion de la voir à l’œuvre dans le cadre de mes études universitaires à Assas. D’ailleurs, en prédisant des lendemains qui déchantent aux Français – drôle de façon d’aimer son pays et son prochain – Jean-Marie Le Pen montre un visage de mauvais perdant, à moins qu’il ne s’agisse de menaces.

Reste le vote protestataire de la gauche extrême anti-libérale. L’émiettement des voix aura fait mentir son succès lors du référendum du 29 mai 2005 avec la victoire du Non à la constitution européenne. On croyait cette gauche-là plus forte mais le morcellement des candidatures et l’impossibilité de s’unir derrière un seul et même candidat aura causé sa perte. On me rétorquera qu’il y a eu l’effet du vote utile, et le spectre du 21 avril 2002. Peut-être mais l’explication ne suffit pas. Le discours anti-ceci ou anti-cela séduit sans doute une frange de la population au-delà des militants de terrain et des batteurs de pavés. Je lisais il n’y a pas si longtemps les propos d’une militante de la LCR affirmant que si Sarkozy était élu, l’extrême gauche serait dans la rue. Ces propos n’ont-ils pas été repris par Olivier Besancenot qui, tout en appelant à battre la droite, a ajouté dans les urnes et dans la rue. N’assiste-t-on pas à une forme de rejet de la démocratie ? Pourquoi la rue devrait-elle remettre en question le résultat des urnes ? Depuis quand la rue gouverne-t-elle ? Voilà les séquelles de l’irresponsabilité que je dénonce et que je combats.

On peut être d’accord ou non avec une politique. On le manifeste démocratiquement, puisque nous vivons dans un pays libre. De cette liberté-là, parfois chèrement conquise, nous devrions être fiers. Le libéralisme vient lui aussi de la liberté. Certes, les dérives d’un certain libéralisme ou prétendu tel exacerbe les aigreurs. N’oublions pas que les dérives d’un soi-disant communisme a galvaudé le principe même de l’idéal communiste. Cela n’a pas empêché les uns comme les autres à de fâcheux amalgames. Amalgame dont José Bové n’est pas en reste en qualifiant Nicolas Sarkozy d’homme dangereux. Il est vrai que notre faucheur de marguerites et démonteur de Mc Donald sait de quoi il parle. Je milite comme lui pour le terroir. Mais légalement. C’est la seule différence.

Que dire du résultat du parti communiste. Personnellement, il me désole de voir qu’au fil des échéances électorales le parti se désagrège sans que ses dirigeants ne remettent en question leur stratégie. Est-ce à dire que le parti n’a plus sa raison d’être ? Je n’en crois rien. Je connais et je fréquente nombre de communistes et je les respecte, même si je ne partage pas leur point de vue, si ce n’est sur la valeur du travail. Valeur dont les communistes ne sont point avares. Ils en ont le culte.

Quoiqu’il en soit, avec leur 10%, les formations de la gauche et les écologistes ont appelé à voter pour Ségolène Royal, les uns avec conviction, beaucoup du bout des lèvres comme l’indéboulonnable Arlette de Lutte Ouvrière.

À droite, Philippe de Villiers aura eu le mot juste : « Je ne suis pas propriétaire de mes voix. »
En effet, l’électorat est une entité souveraine qui décidera de son plein gré qui elle voudra soutenir. Et il faudrait que Mademoiselle Le Pen sache qu’un électorat n’est pas une marchandise qui se vend, puisque ni elle ni son parti ne peuvent prétendre disposer des voix qui se sont reportées sur Jean-Marie Le Pen.


Un partout, la balle au centre. L’arbitre de la rencontre sera François Bayrou. Que décidera-t-il ? Soutiendra-t-il la candidate socialiste qui ne peut refuser l’alliance des écologistes et de l’extrême gauche, dont les centristes sont aux antipodes ? Enterrera-t-il la hache de guerre avec l’UMP quitte à perdre son électorat social-démocrate ? Personne ne peut prédire ce que feront ses électeurs.

Jamais élection présidentielle n’aura été aussi ouverte. D’un côté la rupture, le dynamisme et un franc-parler qui dérange, de l’autre plus d’Etat, la promesse d’une autre République – laquelle ? Celle de la 4ème ? –, moins d’innovation et plus de doctrine, même si cela est incarné par une femme, cela suffit-il à convaincre ?

Nous nous croyons d’irréductibles gaulois, ayant toujours raison même lorsque le monde change. Nous croyons en notre modèle, en nos acquis, en nos certitudes en oubliant que tout évolue autour de nous, que rien n’est permanent et que l’indépendance n’est qu’un leurre. Pourtant, au Pays d’Astérix, nous devrons choisir notre destin. Mais rien ne sera joué jusqu’aux prochaines élections législatives, en espérant que là encore le seul gagnant soit la démocratie avec une participation encore plus importante.



C. E. ARKANTZ
Ecrivain
www.arkantz.com
23 avril 2007

(1) Un certain 21 avril…








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