Rabat : Ouverture des premières assises de l’Internet

Rabat, du 21 au 23 courant


Abdelkader MOUHCINE - L'Opinion le 23 Septembre 2005


La capitale du Royaume abrite, dès aujourd’hui et jusqu’au 23 courant, les premières assises de l’Internet, organisées à l’initiative de l’Agence Nationale de Réglementation des Télécommunications (ANRT) en collaboration avec le ministère chargé des Affaires économiques et générales.


Rabat : Ouverture des premières assises de l’Internet
Au menu de cette manifestation, figure, bien évidemment, la question d’accès à l’Internet et aux contenus, la formation aux nouvelles technologies de l’information... l’objectif étant d’identifier les difficultés pour mettre en place les moyens appropriés afin d’encourager et de promouvoir l’utilisation d’Internet.

Dans cette approche, il ne faut pas oublier que ces premières assises se tiennent sur fond d’une forte impulsion donnée à l’Internet dans notre pays grâce au lancement, par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, du programme national de généralisation des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) dans l’enseignement. L’importance de ce programme va permettre pratiquement à 6 millions d’élèves et d’étudiants, soit environ 20% de la population marocaine, de se connecter à Internet à l’horizon 2008, souligne le ministre chargé des Affaires économiques et générales, M. Rachid Talbi Alami. Une véritable inflexion stratégique opérée par notre pays dans ce domaine sensible grâce à la politique clairvoyante du Souverain, faisant dire au directeur général de l’Agence nationale de réglementation des télécommunications, M. Mohamed Ben Chaâbaoune, que l’importance de ce programme va permettre d’introduire le Maroc dans la société du savoir et des technologies modernes, à travers la formation des générations montantes, notamment les élèves et les étudiants, à l’outil informatique.

Outre ce programme d’envergure, les dernières estimations de l’ANRT établies en début de l’année courante faisaient ressortir que le marché national disposait, à cette date, d’un potentiel de 500.000 abonnés et que le nombre d’abonnés Internet s’élevait, à fin 2004, à environ 100.000.

Cette ascension s’explique par les mesures incitatives prises par les pouvoirs publics, en termes notamment de la large gamme d’offre pratiquée par l’opérateur national des télécoms et des bas prix pratiqués. Elle s’explique également par cette conscience aiguë que commencent à prendre aussi bien les opérateurs économiques que le simple citoyen, de l’intérêt qu’offre l’outil Internet. En effet, celui-ci permet non seulement de meilleures économies en matière de coûts de télécommunications, mais permet aussi de gagner tant en flexibilité et en célérité dans la transmission des informations qu’en coût de gestion, d’offre de service et de financement.

Bien des atouts compétitifs qui font aujourd’hui de l’Internet un grand chantier d’envergure à travers le monde. A titre d’illustration, la France compte aujourd’hui plus de 21 millions d’internautes, soit 41,5% de la population française et 10 millions de foyers sont équipés d’un micro-ordinateur (42,1% des familles). L’objectif est de faire d’Internet ce médium de connaissances et d’échange pour vivre à l’aise dans le XXIème siècle. Ailleurs, aux Etats Unis, ce sont deux Américains sur trois qui ont accès à Internet.

Un domaine qui est caractérisé par de fortes disparités et où la fracture numérique ne cesse de s’élargir. Pour s’en convaincre, n’est-il pas lieu de relever que seulement un Sud-Américain sur vingt et un Africain sur 160 disposent d’un accès au réseau. Plus grave, d’après des données fiables, l’Afrique est un « désert numérique » qui ne représente que 2% des télécommunications mondiales et 0,3% du contenu Internet mondial.

C’est dire tout l’intérêt que ce groupe de pays doit accorder aux technologies de l’information et de la communication pour combler leur retard dans ce domaine, réduire la fracture qui les éloigne de plus en plus des pays à économie avancée et permettre l’arrimage de leurs économies à l’économie mondiale.

A cet effet, personne ne conteste que le recours à internet ouvre des perspectives sans précédent pour le progrès et le développement économique et social. L’impératif est de faire donc à ce que l’enjeu passe par le renforcement de partenariat, une politique efficiente et des synergies actives afin de mobiliser dans un effort commun toutes les potentialités humaines et matérielles sur la base d’une feuille de route internet bien définie, claire et réalisable.

Là est le challenge de notre pays dont le militantisme et la détermination à promouvoir ce créneau et réduire la fracture numérique entre les pays du Nord et ceux du Sud, constituent, de nos jours, les fondements de base de sa stratégie numérique.

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