Comment avez eu l’idée de l’émission 'Nostalgia' ?
L’idée de Nostalgia m’est parvenue il y’a trois ans, c’était le Ramadan, j’étais entrain d’écouter la chanson de Fairouz "SANARJIEE YAOUMANE" qui deviendra par la suite le générique de l’émission.
J’ai toujours pensé à une émission cultuelle mais distinguée et différente de l’existant. Dans ce sens, j’ai eu l’idée de revenir au passé des intellectuels et artistes ainsi que le mode de vie où ils ont vécu et grandi.
En effet plusieurs artistes et intellectuels ont vécu mais qui sont actuellement plongés dans l’oubli, de même que d’autres existent toujours mais le public ne les connaît pas. Ainsi "SANARJIEE" ( nous reviendrons) est tempéré par le désir de revenir à une période dont les uns sont très nostalgiques et les autres la connaissent mais ne l’ont pas vécu.
En 2004 L’émission "Nostalgia" a remporté le titre de la meilleure émission culturelle lors de la nuit des "jamour", quel est à votre avis le secret de la réussite de Nostalgia ? Est-il lié à la vocation culturelle de l’émission ?
Non, la réussite de
Nostalgia n’est pas liée à sa vocation culturelle, il y’a plusieurs émissions culturelles, mais très élitistes. La particularité de Nostalgia réside dans le fait que mes invités parlent la langue dialectale que tous les marocains comprennent. L’émission n’a pas de cible précise et ses téléspectateurs appartiennent à toutes les tranches d’âge. De surcroît, elle n’est pas uniquement destinée aux intellectuels. Ce chalenge a réussi parce qu il a rendu la culture accessible à tous et n’est plus monopolisée par l’élite. Jadis, des téléspectateurs ne comprenaient pas les discours des émissions culturelles, mais ce fossé est brisé.
Y’a-t-il une crise culturelle justifiant la diffusion de Nostalgia ?
Il n’y a pas de crise culturelle, il y’a un déficit de communication, lié à une inaptitude à transmettre le produit culturel aux citoyens via un canal très compliqué. La langue arabe classique n’est pas accessible à tout le monde. Quand on opte pour une langue intermédiaire (entre l’arabe classique et l’arabe dialectale), on fait sentir au citoyen qu’il est le cœur de notre cible. En effet, malgré la diffusion tardive de Nostalgia, le taux d’audimat est important, chose qui s’explique par le sens de l’humour des invités, l’originalité de leurs discours et leur caractère ordinaire, simple et modeste.
Vous êtes un journaliste appartenant simultanément à deux organes de presse, Assabah et 2M, l’un appartenant à un groupe de presse privé, l’autres est étatique, ce qui laisse entendre la différence de leurs lignes éditoriales. Etes-vous obligé de suivre ces deux dernières à la fois ?
Je suis libre à
ASSABAH, où je dépasse la fonction de journaliste à celle d’écrivain chroniqueur, j’exprime mon point de vue librement et sans restrictions. Pour la télévision 2M il y’a l’impact de l’image, qui est beaucoup plus fort que la plume, c’est un troisième poumon me permettant de prendre un nouveau souffle.