"La décision du tribunal administratif est surprenante", a déclaré à l'AFP Khalid Séfiani après l'énoncé du verdict.
Le ministère marocain avait retiré l'accréditation à Rachidi pour "avoir propagé sur la chaîne Al-Jazira de fausses informations" concernant une opération policière dans le sud du Maroc le 7 juin.
"Le retrait de l'accréditation a été décidé par une partie (secrétariat général du ministère de la Communication) qui n'a pas la compétence pour prendre cette décision", a souligné Séfiani. Selon lui, "la règlementation et la loi n'ont pas été respectées dans cette affaire".
"Nous allons introduire un autre recours contre le retrait de cette accréditation", a-t-il ajouté.
Rachidi a été poursuivi et condamné dans un premier procès par le tribunal de première instance de Rabat à une amende de 50.000 dirhams (4.350 euros).
Le journaliste était inculpé de "diffusion d'une fausse information" en déclarant sur la chaîne d'Al-Jazira que les incidents à Sidi Ifni (sud) du 7 juin entre policiers et manifestants "ont fait des morts", ce que les autorités ont catégoriquement démenti.
Poursuivi dans la même affaire pour "complicité", un militant des droits de l'Homme, Ibrahim Sebbaa El Layl, a lui aussi été condamné à verser une amende identique de 50.000 dirhams par le même tribunal de première instance de Rabat.
Sebbaa El Layl, responsable à Sidi Ifni du Centre marocain des droits humains (CMDR), avait déjà été condamné dans un premier procès à une peine de six mois de prison pour "outrage" et "diffusion de crimes imaginaires".
Il est actuellement incarcéré à la prison de Salé, près de Rabat, a-t-on appris de source judiciaire.
Le CMDR avait qualifié de "violations graves des droits de l'homme" les évènements de Sidi Ifni.