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Rendez leur enfance aux enfants d’Irak
Rédigé par Cgnews - César Chelala le Samedi 24 Novembre 2007 à 09:20 commentaire(s)
César Chelala – Le 20 novembre sera dans le monde entier la Journée internationale de l’enfance. Pour les Nations Unies c’est là “une journée de fraternité et de compréhension entre les enfants du monde entier”.
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En Irak, malheureusement, il n'y aura pas beaucoup de fanfare pour célébrer cette journée: les enfants y sont devenus les victimes les plus vulnérables d'une insupportable guerre d'adultes. Un seul coup d'oeil sur des photos d'enfants irakiens estropiés par la guerre suffit: ils sont inoubliables.
Toutes les cinq minutes un enfant meurt en Irak. Ils sont encore plus nombreux à rester mutilés pour le reste de leur vie. Sur les 4 millions d'Irakiens – chiffre estimatif qui équivaut à la totalité de la population de l'Irlande –qui ont été déplacés à l'intérieur de leur pays ou qui l'on quitté, 1,5 millions sont des enfants. Dans leur vaste majorité, ils sont privés de tout accès aux soins les plus élémentaires: santé, instruction, hébergement, eau et hygiène.
Soixante-dix pour cent de la population n'a pas accès à l'eau propre et quatre-vingts pour cent ne bénéficient pas d'une hygiène digne de ce nom. Ces conditions créent un terrain favorable à des infections intestinales et respiratoires qui affectent avant tout les enfants. "Des enfants meurent chaque jour à cause du manque de soins médicaux élémentaires. Le mauvais système d'égouts et le manque d'eau traitée, en particulier dans les banlieues, reste un problème grave dont la solution pourrait prendre des années", avertit Ahmed Obeid, fonctionnaire de l'administration irakienne de la santé.
Autre souci majeur, la malnutrition. Elle atteint, chez les enfants, des niveaux toujours accrus. Le nombre d'événements de malnutrition a doublé depuis l'invasion dirigée par les Etats-Unis, tant et si bien que l'Irak est aujourd'hui au même niveau que le Burundi, pays d'Afrique centrale déchiré par une sauvage guerre civile, et plus bas qu'Haïti, le pays le plus pauvre du continent américain.
Selon un rapport publié par l'OXFAM et 80 autres organismes d'assistance, le nombre d'enfants en sous poids à la naissance est aussi supérieur à ce qu'il était avant l'invasion. Quelque 8 millions de personnes – approximativement un tiers de la population – réclament une assistance urgente, et plus de 4 millions d'Irakiens dépendent d'une assistance alimentaire.
"Des enfants malades ou blessés qui, dans d'autres conditions auraient pu être soignés par des moyens simples, sont abandonnés à la mort par centaines parce qu'ils n'ont pas accès à des médicaments élémentaires ou autres ressources. Des enfants qui ont perdu une main, un pied ou un membre ne bénéficient pas de prothèses. Des enfants en état de grave détresse psychologique sont laissés sans traitement." C'est ce qu'affirment cent médecins britanniques et irakiens.
Plusieurs maladies chroniques liées à l'environnement apparaissent chez les enfants, du fait qu'ils sont exposés à des contaminants. De nombreux cas de malformation congénitale et de cancer résultent, croit-on, de l'exposition à des matériaux chimiques et radioactifs. A quoi il faut ajouter ce qu'il est convenu d'appeler par euphémisme des "dommages collatéraux" – c'est-à-dire des milliers d'enfants tués par des mines posées au bord des routes, par des attentats-suicide ou dans des opérations militaires et de sécurité.
Une autre préoccupation est liée à l'augmentation du nombre d'enfants, filles et garçons enlevés pour être livrés à l'exploitation sexuelle. C'est en partie le résultat de l'augmentation du nombre de bandes armées à travers le pays.
Il incombe à la communauté internationale – acteurs occidentaux et régionaux tous ensemble – de faire le nécessaire pour conjuguer tous les efforts en vue de mettre fin à la spirale de la violence en Irak, dans l'intérêt même de notre humanité. A lire ou à écouter les innombrables récits d'incidents violents en Irak, nous arrive-t-il souvent de nous arrêter pour réfléchir à l'impact d'un seul de ces événements sur le corps, l'esprit, le coeur, la vie quotidienne et l'avenir des gens qu'il touche, directement ou indirectement ?
Je regarde à nouveau le visage de cet enfant irakien anonyme photographié pour The Guardian par Dan Chung, ses traits défigurés par les brûlures, ses yeux qui semblent nous dire avec tristesse "Mais qu'est-ce que j'ai fait pour mériter ça ?" Ces toutes petites personnes, portant sur leurs frêles épaules les conséquences tragiques de la guerre.
* César Chelala, docteur en médecine, est lauréat du prix de l`Overseas Press Club of America. Il est aussi le correspondant à l'étranger du Middle East Times International (Australie).
Toutes les cinq minutes un enfant meurt en Irak. Ils sont encore plus nombreux à rester mutilés pour le reste de leur vie. Sur les 4 millions d'Irakiens – chiffre estimatif qui équivaut à la totalité de la population de l'Irlande –qui ont été déplacés à l'intérieur de leur pays ou qui l'on quitté, 1,5 millions sont des enfants. Dans leur vaste majorité, ils sont privés de tout accès aux soins les plus élémentaires: santé, instruction, hébergement, eau et hygiène.
Soixante-dix pour cent de la population n'a pas accès à l'eau propre et quatre-vingts pour cent ne bénéficient pas d'une hygiène digne de ce nom. Ces conditions créent un terrain favorable à des infections intestinales et respiratoires qui affectent avant tout les enfants. "Des enfants meurent chaque jour à cause du manque de soins médicaux élémentaires. Le mauvais système d'égouts et le manque d'eau traitée, en particulier dans les banlieues, reste un problème grave dont la solution pourrait prendre des années", avertit Ahmed Obeid, fonctionnaire de l'administration irakienne de la santé.
Autre souci majeur, la malnutrition. Elle atteint, chez les enfants, des niveaux toujours accrus. Le nombre d'événements de malnutrition a doublé depuis l'invasion dirigée par les Etats-Unis, tant et si bien que l'Irak est aujourd'hui au même niveau que le Burundi, pays d'Afrique centrale déchiré par une sauvage guerre civile, et plus bas qu'Haïti, le pays le plus pauvre du continent américain.
Selon un rapport publié par l'OXFAM et 80 autres organismes d'assistance, le nombre d'enfants en sous poids à la naissance est aussi supérieur à ce qu'il était avant l'invasion. Quelque 8 millions de personnes – approximativement un tiers de la population – réclament une assistance urgente, et plus de 4 millions d'Irakiens dépendent d'une assistance alimentaire.
"Des enfants malades ou blessés qui, dans d'autres conditions auraient pu être soignés par des moyens simples, sont abandonnés à la mort par centaines parce qu'ils n'ont pas accès à des médicaments élémentaires ou autres ressources. Des enfants qui ont perdu une main, un pied ou un membre ne bénéficient pas de prothèses. Des enfants en état de grave détresse psychologique sont laissés sans traitement." C'est ce qu'affirment cent médecins britanniques et irakiens.
Plusieurs maladies chroniques liées à l'environnement apparaissent chez les enfants, du fait qu'ils sont exposés à des contaminants. De nombreux cas de malformation congénitale et de cancer résultent, croit-on, de l'exposition à des matériaux chimiques et radioactifs. A quoi il faut ajouter ce qu'il est convenu d'appeler par euphémisme des "dommages collatéraux" – c'est-à-dire des milliers d'enfants tués par des mines posées au bord des routes, par des attentats-suicide ou dans des opérations militaires et de sécurité.
Une autre préoccupation est liée à l'augmentation du nombre d'enfants, filles et garçons enlevés pour être livrés à l'exploitation sexuelle. C'est en partie le résultat de l'augmentation du nombre de bandes armées à travers le pays.
Il incombe à la communauté internationale – acteurs occidentaux et régionaux tous ensemble – de faire le nécessaire pour conjuguer tous les efforts en vue de mettre fin à la spirale de la violence en Irak, dans l'intérêt même de notre humanité. A lire ou à écouter les innombrables récits d'incidents violents en Irak, nous arrive-t-il souvent de nous arrêter pour réfléchir à l'impact d'un seul de ces événements sur le corps, l'esprit, le coeur, la vie quotidienne et l'avenir des gens qu'il touche, directement ou indirectement ?
Je regarde à nouveau le visage de cet enfant irakien anonyme photographié pour The Guardian par Dan Chung, ses traits défigurés par les brûlures, ses yeux qui semblent nous dire avec tristesse "Mais qu'est-ce que j'ai fait pour mériter ça ?" Ces toutes petites personnes, portant sur leurs frêles épaules les conséquences tragiques de la guerre.
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