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Robert Assaraf à Emarrakech : Hassan II a eu la meilleure note des israéliens et Abraham Serfaty n’a rien de juif*Abdelilah Bouasria, chercheur en politique, Washington DC le 2 Juin 2005
Abdelilah Bouasria* - En trois parties, le dernier écrit de Robert Assaraf s'institule "Une certaine Histoire des juifs du Maroc". De "la fin du vieux Maroc" (1860-1912) aux "Retrouvailles manquées avec Mohammed V et Hassan II", l'auteur parcourt l'histoire des juifs du Maroc. Entretien avec Emarrakech.
Robert Assaraf - Ph M.H.
Quelle est l’idée majeure de votre livre « Une Certaine Histoire Des Juifs du Maroc » ?
Après 1860, guerre de Tétouan avec les espagnols, le Maroc s’est ouvert à l’occident et pour les juifs du Maroc c’était une ouverture de la civilisation occidentale après plusieurs siècles d’enfermement religieux. La communauté juive au Maroc a vécu plusieurs siècles dans la monarchie Marocaine avec un sultan commandeur des croyants qui lui a fait profiter de la dhimma, protection religieuse du Makhzen. Tout juif avait son protecteur, et la vie des juifs au Maroc s’est faite dans une véritable paix et convivialité avec la population. Le mellah est le quartier juif fermé qui avait été construit avant tout pour la séparation religieuse de la population musulmane des juifs mais c’était en réalité pour le makhzen une protection des juifs. Vous avez fait la description de l’exode des juifs dans votre livre comme un devoir religieux. Ne croyez vous pas que l’aspect politique a un peu caractérisé l’exode forcé des juifs surtout que le dissident juif marocain Abraham Serfaty a dit que le roi défunt Hassan II avait vendu les juifs du Maroc. N’avez vous pas dressé dans votre livre un portrait romantique de l’exode ? Premièrement, Abraham Serfaty n’a rien de juif. Il a quitté le judaïsme depuis très longtemps pour aller dans l’extrême gauche pour devenir un Maoïste qui a déserté non seulement la société juive mais également la société marocaine. Il peut raconter ce qu’il veut, il ne représente rien pour nous. L’explication du départ des juifs du Maroc n’a pas commencé après l’indépendance du Maroc mais dés 1953. Il y avait une organisation Israélienne après la destitution du roi Mohamed V qui a supervisé l’immigration des juifs du Maroc en rejetant les malades, les vieux et les handicapés. L’aspect politique est alors présent mais il y a aussi dans la religion juive le souvenir de la destruction du temple de Jérusalem. Troisièmement, pendant les deux premières années de l’indépendance du Maroc les jeunes juifs sont revenus au Maroc pour faire partie de la restructuration de leur pays alors qu’ils n’ont jamais été invités pour participer au mouvement de libération nationale. Est-ce que les juifs marocains n’ont pas participé de leur gré au mouvement de libération nationale ou ont-ils été écartés par les nationalistes du Maroc? On ne peut pas dire qu’ils aient été écartés, mais les nationalistes musulmans de l’époque notamment le parti de l’Istiqlal n’ont pas pensé à faire appel aux juifs car ils étaient vus comme proches des Français. En plus il y avait le conflit en Palestine qui était dans l’esprit des nationalistes musulmans marocains. Seuls les communistes ont participé au combat pour la libération du Maroc. Dans la loi de la dhimma, un juif n’avait pas le droit d’occuper des postes dans l’administration marocaine, mais après 1958 le gouvernement de Balafrej a adhéré à la ligue arabe, et le Maroc a interdit aux juifs de continuer d’avoir toute relation avec Israël. Tout d’un coup, les juifs ont été mis dans une situation à laquelle ils ne pensaient plus et la langue Arabe est devenue une langue nationale sur une base politique. Les juifs craignaient alors l’assimilation. L’interdiction de visiter Israël a crée un mouvement d’immigration clandestine par des organisations israéliennes. Jamais les juifs n’ont vécu aussi bien au Maroc qu’au temps du roi Mohamed V qui aimait les juifs mais leur interdisait quand même de devenir Israéliens. Nombreux sont ceux qui ne comprennent pas pourquoi les juifs Marocains d’Israël penchent vers l’extrême droite avec le parti Shas en dépit de la tolérance envers les juifs au Maroc, Pourquoi? Le Shas est un mouvement religieux orthodoxe excessif crée par la rupture des religieux orthodoxes entre les ashkénazes et les Sépharades. Les juifs originaires du Maroc n’ont jamais pu oublier leur affection pour Mohamed V et pour leur pays d’origine, le Maroc. Grâce à Hassan II, l’acceptation de l’idée d’Israël fut possible. J’ai pu accompagner le grand rabbin d’Israël, chef du monde Sépharade qui a fait la demande dès son élection pour aller bénir le roi du Maroc et ce vœu fut exaucé. Le roi Mohamed VI l’a reçu dans son palais de Tanger pour le bénir lui, le prince Moulay Rachid et le prince Moulay Hassan. Nous avons crée en 1985 le rassemblement mondial des juifs Marocains pour vivre en toute convivialité entre juifs et Musulmans. Quand Hassan II est mort, on a fait des sondages qui ont montré qu’il était le chef d’état dans le monde qui a eu la meilleure note de l’opinion Israélienne avant même le président des Etats Unis. Quel est le lien entre les berbères et les juifs au Maroc vu que les deux composantes subirent l’hégémonie panarabe? Il y a parmi les juifs du Maroc une partie qui n’a jamais vécu ailleurs que dans les villages berbères. La plupart d’entre eux ne parlaient que le berbère et aujourd’hui il y a parmi ces berbères des gens qui se disent en faveur de l’alliance avec les musulmans berbères. Même en Israël, on appelle ces gens des chleuhs. Il n’ y a pas que les gens de Fès, de Meknès ou de Rabat qui n’oublient pas leurs villes mais il y a beaucoup de juifs qui n’ont pas pu oublier leurs villages. ________________________Dans la même rubrique_________________________
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